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Ambulance NB : la réforme a commencé dans le Restigouche-Ouest

Ambulance NB tente d'améliorer l'offre de service dans le Restigouche-Ouest

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Ambulance Nouveau-Brunswick a essuyé son lot de critiques ces dernières années sur sa couverture de la région du Restigouche-Ouest. L'organisation vient de mettre en œuvre des changements pour corriger la situation. Une lueur d'espoir pour les ambulanciers du secteur qui témoignent s'être sentis visés par les critiques contre leur employeur.

Un texte de Serge Bouchard

Des ambulances qui arrivent après un long retard, d'autres qui n'arrivent pas du tout, des patients transportés à l'hôpital par des citoyens : plusieurs histoires du genre sont survenues dans le Restigouche-Ouest ces dernières années et ont soulevé la colère de la population.

Critiquée de toutes parts, Ambulance Nouveau-Brunswick a modifié son offre dans ce secteur pour réduire les risques que des événements du genre se reproduisent.

Selon son contrat de service avec la province, l’agence doit répondre dans un délai maximal de 22 minutes à 90 % des appels. Un objectif largement dépassé selon le directeur régional, Jacques Charest.

Les statistiques dans cette région ici lors des dernières années, ça joue entre 97-98 % du temps, donc on excède les demandes. Sauf que, la particularité de cette région ici c'est que le 2 à 3 % qu'on manque, souvent, c'est par une grosse marge.

Jacques Charest, directeur régional pour le nord d'Ambulance Nouveau-Brunswick
Un homme souriant avec manteaux de sécurité jaune à côté d'une ambulance.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jacques Charest, directeur régional pour le nord d'Ambulance NB

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

La majorité des incidents rapportés ont eu lieu les soirs ou les fins de semaine alors qu’une seule ambulance est en service pour tout le territoire. Et quand cette ambulance est occupée à répondre à un appel ou qu'elle effectue le transfert d'un patient, la région se retrouve à découvert.

Le Restigouche-Ouest est une région isolée d’environ 7000 habitants située entre Edmundston et Campbellton, deux centres urbains à environ une heure de route de part et d'autre du territoire. Si l’hôpital de Saint-Quentin dispense des soins de santé primaires, les hôpitaux régionaux des deux centres urbains prodiguent des soins plus élaborés.

Unité d’intervention rapide

Le premier changement adopté par Ambulance Nouveau-Brunswick est l’ajout d’une unité d’intervention rapide à Saint-Quentin. Cinq autres régions de la province bénéficient d’un tel service.

Un homme sans cheveux avec habit d'ambulancier devant un véhicule dont le coffre est ouvert.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

René Dionne s'occupe de la nouvelle unité d'intervention rapide à Saint-Quentin

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

On a confié à un ambulancier d’expérience la tâche de livrer ce nouveau service dans le Restigouche-Ouest. René Dionne, 29 années d’expérience, travaille seul dans un véhicule équipé exactement comme une ambulance. Parce qu’il n’effectue aucun transport de patients, son véhicule n'a toutefois pas de civière.

À peine deux semaines après son entrée en fonction, ce service donne déjà des résultats. Lors de la majorité de ses sorties, il est arrivé avant tout le monde.

Souvent, je suis déjà mobile quand je reçois l'appel, ce qui me permet d'intervenir plus rapidement. Je peux alors évaluer le patient et commencer les traitements avant même que l'ambulance arrive.

René Dionne, travailleur paramédical depuis 29 ans

24 heures sur 24

À partir de la fin décembre, la deuxième ambulance du territoire, celle qui couvre Kedgwick et ses environs, sera en fonction 24 heures sur 24. Cet autre changement majeur répond à une demande de longue date des leaders communautaires.

Le Restigouche-Ouest aura donc deux ambulances en service en tout temps, en plus de l’unité d’intervention rapide qui, pour l’instant, fonctionne de 6 h à 18 h, en semaine.

C'est sûr que ça va avoir un effet positif sur la couverture. Toutefois, il n’y a jamais rien qui assure 100 % des incidents. S’il arrive un accident avec trois blessés, nous n’avons quand même que deux ambulances.

Jacques Charest, directeur régional pour le nord d'Ambulance NB
Deux ambulancières portant des lunettes sont assises dans une ambulance avec un écran d'ordinateur entre elles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Katty Desrosiers et Guylaine Turcotte travaillent pour Ambulance NB à Saint-Quentin

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Pour les ambulancières Guylaine Turcotte et Katty Desrosiers, ce changement arrive à point. La première obtient ainsi un poste permanent après trois années de service. Pour la deuxième, qui fait ce métier depuis 24 ans, c’est plus près de son domicile de Kedgwick qu’elle pourra dorénavant travailler.

Le jour de notre rencontre, les équipières ont d’ailleurs répondu à un appel à Kedgwick pour une collision impliquant trois véhicules.

Les ambulancières Katty Desrosiers et Guylaine Turcotte répondent à un appel d'urgence à Kedgwick.

Elles ont ramené un blessé léger à l’hôpital de Saint-Quentin. Un autre blessé plus sévèrement touché a été transporté par une autre ambulance à l’hôpital de Campbellton, situé à 50 minutes à l’est en voiture.

Guylaine et Katty aiment leur métier pour des raisons similaires.

Pour pouvoir faire une différence. J'ai tout le temps aimé aider le monde, surtout les gens dans le besoin. J'ai un grand cœur.

Guylaine Turcotte, travailleuse paramédicale depuis trois ans

C'est nous autres qui avons le premier contact avec les patients lorsqu’un appel arrive. C'est ça que j'aime.

Katty Desrosiers, travailleuse paramédicale depuis 24 ans

Se sentir visé personnellement

Loin d'être insensibles aux critiques, les travailleurs paramédicaux du Restigouche-Ouest se sont un peu sentis pris entre l'arbre et l'écorce pendant la polémique des dernières années.

Les critiques, même si elles visaient surtout leur employeur, ont fini par les atteindre personnellement.

Ce n’est pas toujours facile d'être critiqué, d’être pointé du doigt. Parfois, les gens nous ont directement pointés du doigt.

René Dionne, travailleur paramédical

S’il y a un patient qui est en danger de mort qui attend 45 minutes pour une ambulance, ce sont les deux ambulanciers qui arrivent à la maison qui seront visés. C'est garanti qu'ils vont nous viser personnellement même si ce n’est pas de notre faute.

Guylaine Turcotte, travailleuse paramédicale

Tous ces changements arrivent en même temps qu’une autre nouveauté : le déménagement des effectifs d’Ambulance Nouveau-Brunswick dans un poste construit durant la dernière année à Saint-Quentin.

Nouveau-Brunswick

Santé