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De plus en plus de femmes parmi les hauts salariés de la Ville de Montréal

M. Galipeau en conférence de presse.
La vérificatrice générale de Montréal, Michèle Galipeau, fait partie des 10 employés de la Ville les mieux rémunérés. Photo: Radio-Canada
Jérôme Labbé

Projet Montréal dénonçait en 2015 que seulement 16 femmes figuraient parmi les 100 plus hauts salariés de la Ville; trois ans plus tard, elles sont maintenant 16 dans le classement des 50 employés les mieux payés.

Qui plus est, aucune femme n'apparaissait dans le palmarès des 10 salaires les plus élevés de 2015, alors qu'aujourd'hui, on en compte 3, selon des documents en date du 9 novembre obtenus par Radio-Canada grâce à la loi d'accès à l'information.

Directrice générale adjointe de la qualité de vie, Chantal Gagnon était en 2018 l'employée la mieux payée de la Ville de Montréal, avec un salaire annuel de 241 448 $, soit le même que son collègue Alain Dufort, directeur général adjoint de la concertation des arrondissements. Elle a toutefois pris sa retraite récemment.

Seul le directeur général de la Ville de Montréal, Serge Lamontagne, a touché une rémunération plus élevée qu'eux cette année. À 315 000 $ par année, son salaire est toutefois un peu moins élevé que les 337 566 $ qu'a touchés son prédécesseur, Alain Marcoux, en 2017.

La directrice principale des ressources humaines, Diane Bouchard, ainsi que la vérificatrice générale, Michèle Galipeau, figurent aussi parmi les 10 plus hauts salariés de la Ville de Montréal, avec des salaires respectifs de 221 350 $ et de 219 017 $.

Au 38e rang, Brigitte Bishop touchait 177 452 $ à titre d'inspectrice générale par intérim, soit bien moins que Denis Gallant, son prédécesseur qui a quitté la Ville l'été dernier, et dont le salaire de base avait été fixé à 260 000 $ par année lors de son embauche, en 2014. Confirmée à la tête du Bureau de l'inspecteur général (BIG) cette semaine, Mme Bishop ne verra toutefois pas sa rémunération augmenter, le comité exécutif de la Ville de Montréal ayant choisi de maintenir celle-ci à son niveau actuel. Tout au plus sera-t-elle indexée en 2019, comme c'est le cas pour tous les autres cadres.

Pichet encore là

Le quatrième employé de la Ville de Montréal en ce qui concerne la rémunération demeure l'ex-chef de police Philippe Pichet, et ce, même s'il a perdu son poste après sa suspension, en décembre 2017.

Son traitement annuel de 237 295 $ est conforme à l'entente qu'il a conclue en juin dernier avec le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal. Cet accord prévoit que M. Pichet abandonne la poursuite qu'il avait lancée et renonce à son poste de directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en échange de quoi il pourra rester au sein du corps policier dans des fonctions inférieures tout en gagnant le même salaire qu'auparavant.

Impossible de connaître le salaire de celui qui lui a succédé, Martin Prud'homme, celui-ci ayant été rémunéré directement par la Sûreté du Québec pendant toute la durée de son mandat.

On sait toutefois que ses quatre adjoints ont chacun eu droit à un salaire de 183 277 $ en 2018. Ainsi, la directrice adjointe Simonetta Barth et son collègue Dominic Harvey figurent parmi les 50 employés les mieux payés de la fonction publique municipale. Les noms de Line Carbonneau et de Sylvain Caron – qui se sont joints au SPVM après la nomination de Martin Prud'homme – sont toutefois absents de la liste. « Leur salaire n'était pas inscrit dans le système RH de base, en raison de la confidentialité », a expliqué un porte-parole de la Ville de Montréal, précisant que les quatre directeurs adjoints avaient eu droit cette année à un salaire équivalent.

Celui de M. Caron a grimpé à 225 000 $ depuis le 9 novembre, date à laquelle les listes de la Ville de Montréal ont été produites. Assermenté la semaine dernière, le nouveau directeur du SPVM gagnera donc un peu moins que M. Pichet à titre d'inspecteur-chef.

Plus de 1000 emplois à 100 000 $

Les documents obtenus par Radio-Canada montrent par ailleurs que la Ville de Montréal comptait en 2017 pas moins de 1074 employés dont le salaire de base dépassait 100 000 $, soit un peu moins qu'en 2016, puisqu'on dénombrait alors 1094 personnes; des cadres administratifs, surtout, mais aussi des officiers de direction du SPVM, des professionnels, des membres de l'état-major pompier, des scientifiques, etc.

Ces données font toutefois fi des heures supplémentaires, des primes, des allocations, des règlements de griefs et des indemnités de départ; elles ne prennent en considération que le salaire de base. Ainsi, La Presse calculait l'an dernier qu'en considérant toutes ces sources de revenu, plus de 3500 cadres et syndiqués avaient touché une rémunération totale de plus de 100 000 $ en 2016, dont plus de 1000 policiers.

Des bonis à la performance sont aussi susceptibles de s'ajouter à la rémunération des cadres chaque année. Radio-Canada rapportait par exemple l'an dernier que près de 350 000 $ en bonis avaient été versés aux cadres du SPVM en 2016, notamment en raison de ce que la Fraternité des policiers et policières de Montréal avaient baptisé les « bonis Denis », qui visaient à encourager le corps policier à distribuer plus de contraventions. Ce système a été modifié depuis.

Quant à la rémunération globale, qui était en baisse sous l'administration Coderre, elle a recommencé à grimper depuis l'arrivée au pouvoir de Projet Montréal. Cette croissance des coûts pour la Ville a d'ailleurs été critiquée par l'opposition officielle après la présentation du budget 2019; son porte-parole en matière de finances, Alan DeSousa, reproche notamment à l'administration Plante l'embauche de 500 nouveaux employés depuis les élections de novembre 2017.

Pour rémunérer ses employés – de même que ses élus –, la Ville projette qu'il lui en aura coûté un peu plus de 2,3 milliards de dollars cette année.

Sur son site web, la Ville de Montréal écrit qu'elle compte « environ 28 000 employés ». Lorsqu'elle convertit les membres de son personnel en employés à temps plein, la Municipalité évalue toutefois sa main-d'œuvre à « 21 527  années-personnes ».

Avec la collaboration de Romain Schué

Grand Montréal

Politique municipale