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Infatigable François Dompierre

François Dompierre
Radio-Canada

À 75 ans, François Dompierre a la fougue d'un jeune premier. Entre la préparation d'un nouveau concerto et les dernières corrections apportées au livre qu'il consacre à la chanteuse Monique Leyrac, le compositeur mélomane partage ses souvenirs de son éveil musical en Outaouais.

Un texte de Stéphanie Rhéaume pour Les Malins

Né à Ottawa, le jeune François Dompierre a grandi à Hull, dans une maison du quartier Wrightville baignée par la musique. Sa mère et sa grand-tante, qui vivait chez lui, jouaient toutes deux du piano, tandis que son père était directeur de chorale.

Son premier choc musical, il l’a vécu à la fin des années 1940. Ses parents chantaient au sein du choeur Palestrina, à Ottawa.

J’avais l’impression d’entendre des anges. J’avais vraiment l’impression que c’était le ciel.

François Dompierre
Photo en noir et blanc d'un bambin dont les doigts appuient sur les touches d'un orgue.François Dompierre jouant de l'orgue à l'âge de quatre ans. Photo : Courtoisie : François Dompierre

Précoce, il commence à pianoter et à improviser dès l’âge de quatre ans. Aujourd’hui, son oeuvre est imposante : il a signé la musique de plus de 200 chansons, dont L’âme à la tendresse de Pauline Julien, de même que celle de pas moins d’une cinquantaine de films, séries télé et documentaires.

François Dompierre n’a jamais entrevu d’autres voies que celles pavées de partitions.

Je ne me suis jamais posé la question. [...] Et puis, un moment donné, je suis rentré au conservatoire. J’ai commencé à jouer dans les clubs de nuit, j’ai joué dans les restaurants, j’ai fait de la musique populaire, j’ai fait de la musique classique, énumère le musicien, le regard vif en faisant état du large spectre de son répertoire.

À la base de ce parcours s’inscrit un profond amour de la musique.

Un jazzman influent dans sa quête musicale

Le dimanche, la maisonnée de la rue Amherst prenait des allures de fête chez la famille Dompierre. Une fois la messe terminée, la mère du jeune François, Yolande, s'asseyait au piano avec un verre de xérès, tandis que les invités nombreux défilaient dans la demeure.

Parmi eux, Bob Alain, un ami de son père, qui a inscrit sa marque sur le destin du futur compositeur et chef d’orchestre.

Portrait en noir et blanc d'un homme installé devant un clavier, avec de grosses bagues aux doigts, les cheveux coiffés vers l'arrière. Il est élégant et port un veston fleuri.Bob Alain était un musicien autodidacte qui a grandement inspiré François Dompierre dans sa quête musicale. Photo : Courtoisie : François Dompierre

Il était un autodidacte. Il ne lisait pas la musique, mais il avait un talent naturel et un grand, grand talent. Il avait une technique de jazz époustouflante. Il jouait du boogie-woogie, se souvient François Dompierre.

Véritable émule, le jeune pianiste était absolument fasciné par la rapidité avec laquelle Bob Alain parvenait à jouer. Son idole lui a transmis une leçon qu’il n’a jamais oubliée.

L’important, c’est les "chords" (rires). Autrement dit, [ce qui prime] c’est la structure musicale, l’harmonie.

François Dompierre

En 2012, François Dompierre rend hommage au jazzman en composant ses 24 préludes.

Un homme assis à une table de cuisine observe au loin un pianiste debout en train de lire une partition.Le compositeur François Dompierre et le pianiste Alain Lefèvre Photo : Mathieu Dumontier

Il confie alors au pianiste Alain Lefèvre la costaude mission d’interpréter les pièces inspirées par Bob Alain et le penchant du musicien pour le boogie.

La trame sonore de son enfance transposée au grand écran

Le compositeur de renom a donné ses airs de noblesse au cinéma québécois... du Matou (Jean Beaudin) à Jésus de Montréal (Denys Arcand), en passant notamment par Bonheur d’occasion (Claude Fournier) et IXE-13 (Jacques Godbout).

En 2001, il tourne le dos à ce type de collaboration, las des compromis qu’engendre ce type de commande et désireux de se consacrer à la composition de musique de concert.

Pourtant, la cinéaste Léa Pool réussit à le convaincre de signer la bande sonore du film La passion d’Augustine, qui a pris l'affiche sur grand écran en 2015.

Le long métrage se déroule dans un couvent à vocation musicale menacé de fermeture en pleine Révolution tranquille au Québec.

Enfant, François Dompierre a justement grandi devant un couvent de religieuses.

 C’étaient des jeunes filles qui étaient admises et qui venaient apprendre le piano. Et moi, j’ai commencé là. J’étais l’exception, parce que j’étais le petit voisin d’en face et [les religieuses] trouvaient que j’avais du talent, raconte François Dompierre.

Le scénario de Marie Vien l’a tout particulièrement interpellé.

J’ai dit oui, parce que je pense que s’il y a un compositeur qui est capable d’écrire la musique de ce film-là, c’est bien moi !

François Dompierre

Empreint de ses souvenirs de jeunesse, François Dompierre a donné vie à l’atmosphère musicale du film de Léa Pool.

Hommage au compositeur François Dompierre lors du Gala du cinéma québécois 2016.Hommage au compositeur François Dompierre lors du Gala du cinéma québécois 2016. Photo : Radio-Canada

L’année suivante, le Gala du cinéma québécois lui a d'ailleurs remis son prix hommage pour souligner l’importance de sa contribution au septième art.

Le petit gars de Hull a toujours guidé ses choix en misant sur le plaisir. Comme quoi sa nature hédoniste l’aura influencé de manière judicieuse pour le bonheur des mélomanes.

Ottawa-Gatineau

Musique