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L'enquêteur de police malmené par les avocats de Dennis Oland

Les avocats de la défense Alan Gold et James McConnell, la conjointe de Dennis Oland, Lisa, et Dennis Oland.
Le clan Oland, lors du second procès pour meurtre. De gauche à droite : les avocats de la défense Alan Gold et James McConnell, la conjointe de Dennis Oland, Lisa, et Dennis Oland. Photo: Radio-Canada / Catherine Allard
Radio-Canada

L'enquêteur principal de la police de Saint-Jean, qui a mené l'enquête relativement au meurtre de Richard Oland, était de retour à la barre des témoins jeudi, au procès de Dennis Oland pour meurtre non prémédité. Stephen Davidson s'est soumis à un contre-interrogatoire serré de la défense, qui lui a demandé de justifier et d'expliquer les moindres décisions prises lors de l'enquête.

Un texte de Catherine Allard

L’avocat principal de Dennis Oland, Alan Gold, a martelé de questions le policier qui a mené l’enquête sur l’homicide du multimillionnaire Richard Oland.

Les policiers qui ne portent pas de vêtements protecteurs, les tests peu fiables pour retracer le téléphone cellulaire de la victime ou le processus de collecte des preuves qui laisse à désirer notamment concernant l’arme du crime et le veston tâché de sang : rien na échappé à Alan Gold.

En matinée, l’avocat s’est longuement intéressé au fait que Stephen Davidson et son équipe ont négligé d’analyser rapidement la porte arrière du bureau où Richard Oland a été retrouvé mort. Selon la défense, il s’agit d’une possible voie de fuite du meurtrier.

Stephen Davidson a ouvert la porte arrière du bureau de Richard Oland sans porter de gants, ce qui a fait en sorte que la porte n'a pas pu être analysée pour des traces d'ADN.Stephen Davidson a ouvert la porte arrière du bureau de Richard Oland sans porter de gants, ce qui a fait en sorte que la porte n'a pas pu être analysée pour des traces d'ADN. Photo : Pièce à conviction

Stephen Davidson a admis mercredi qu’il avait manipulé la porte sans porter de gants, ce qui a empêché l’équipe médico-légale de recueillir certaines preuves comme des traces d’ADN. Le policier a expliqué qu’il a agi ainsi parce qu’il ne considérait pas la porte arrière comme faisant partie de la scène du crime.

Est-ce que j’ai trop écouté CSI (une série policière télévisée) ou n’êtes-vous pas censé regarder partout pour des preuves?

L'avocat de la défense Alan Gold, lors du contre-interrogatoire de l'enquêteur Stephen Davidson

Alan Gold a souvent tenté de démontrer au cours du contre-interrogatoire que la police n’avait pas suivi toutes les pistes possibles lors de son enquête.

Par exemple, il a dit que le député Gerry Lowe était assis dans un restaurant en face du bureau de Richard Oland le soir du meurtre. Il a dit à la police qu'il a vu un homme quitter le bureau en soirée, mais il a ensuite dit qu'il ne se souvenait plus quel soir il était allé au resto. L’avocat a ensuite démontré que le policier avait obtenu une copie de tous ceux qui avaient fait une réservation au restaurant ce soir-là, en insinuant qu’il aurait pu poursuivre cette piste s’il l’avait voulu.

Le procureur de la Couronne P. J. Veniot s'est levé à plusieurs reprises en cour afin de s'opposer à certaines questions de la défense. Il a affirmé que l'équipe de Dennis Oland posait des questions théoriques sans se baser sur les preuves présentées en cour ou qu'elle témoignait parfois à la place du policier.

Le juge Terrence Morrison supervise le nouveau procès de Dennis Oland pour meurtre non prémédité. Le juge Terrence Morrison supervise le nouveau procès de Dennis Oland pour meurtre non prémédité. Photo : Radio-Canada

Le juge Terrence Morrison a patiemment laissé Alan Gold poursuivre avec certaines questions, afin de voir où cela allait mener, tout en lui demandant parfois de passer à autre chose.

L’enquêteur admet qu’il aurait pu faire mieux

L’enquêteur Stephen Davidson, qui a joint l’Unité des crimes majeurs de la Force policière de Saint-Jean quatre jours avant le meurtre, a affirmé plusieurs fois au cours de son contre-interrogatoire qu’il aurait pu agir différemment afin d’assurer le bon fonctionnement de l’enquête.

Il a notamment avoué que s’il se retrouvait dans la même situation aujourd’hui, il ne toucherait pas à la porte arrière sans porter de gants.

Le policier Stephen Davidson, de l'Unité des crimes majeurs, a mené la première partie de l'interrogatoire de Dennis Oland.Le policier Stephen Davidson, de l'Unité des crimes majeurs, a mené la première partie de l'interrogatoire de Dennis Oland. Photo : Radio-Canada

Alan Gold a déjà avisé la cour, et l’a répété mercredi, que la qualité de l’enquête de la Force policière de Saint-Jean allait être un enjeu majeur, lors du deuxième procès de Dennis Oland pour meurtre.

Depuis le début de la semaine, la Couronne interroge Stephen Davidson sur son travail d’enquêteur, ses recherches sur la scène du crime et lors de la perquisition de la résidence de Dennis Oland, ainsi que les étapes qu’il a prises pour tenter de retrouver le téléphone cellulaire de la victime.

Le procès de Dennis Oland est ajourné jusqu’au 7 janvier 2019. La longue pause de trois semaines avait déjà été prévue au début du procès, lorsqu’il y avait encore un jury.

Richard Oland, a été trouvé sans vie le matin du 7 juillet 2011 dans son bureau du centre-ville de Saint-Jean. L'homme d'affaires de 69 ans, ancien dirigeant de la brasserie Moosehead, a été battu à mort.

Son fils, Dennis Oland, a été inculpé de meurtre au deuxième degré en 2013. Il a été condamné en 2015, mais le verdict du jury a été annulé en appel en 2016, et un nouveau procès a été ordonné.

Nouveau-Brunswick

Procès et poursuites