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District 31 propage de fausses informations sur le VIH, selon la COCQ-SIDA

La femme regarde une autre personne.
Hélène Bourgeois Leclerc dans le rôle de la sergente-détective Isabelle Roy Photo: Aetios production
Radio-Canada

De récents épisodes de la série District 31, diffusée sur ICI Radio-Canada Télé, ont semé l'émoi au sein de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA).

L'avocate de la coalition, Me Léa Pelletier-Marcotte, a indiqué que deux erreurs de fait avaient été commises concernant la maladie et son traitement judiciaire dans les épisodes 52 et 53.

Selon elle, la série a fait fausse route en traitant de la criminalisation de la non-divulgation du VIH et du respect du secret professionnel.

« L’un des personnages martèle l’idée qu’avoir des relations sexuelles sans divulguer qu’on est séropositif à son partenaire, c’est criminel. C’est faux », a expliqué l’avocate dans une lettre envoyée au quotidien Le Devoir.

Dans la série, l'histoire d'un homme, frappé par sa conjointe, qui est porteuse du VIH depuis trois ans, amène la sergente-détective Isabelle Roy (jouée par Hélène Bourgeois Leclerc) et la nouvelle arrivée dans l'équipe des enquêteurs Noélie St-Hilaire (personnifiée par Catherine St-Laurent) à travailler sur l'affaire.

De plus, le médecin traitant de la femme en question dévoile aux policières la condition médicale de sa patiente sans mandat, remettant en cause le secret médical. Le docteur les informe qu'elle est porteuse du VIH depuis trois ans.

En entrevue téléphonique, l'avocate souligne que deux questions auraient pu être ajoutées dans le dialogue entre la policière et la personne porteuse du VIH. « Je comprends que c'est une œuvre de fiction, mais si on avait posé au personnage ces deux questions : "Suivez-vous un traitement et avez-vous utilisé un préservatif", ça aurait réglé la question. L'œuvre de fiction n'est pas un chèque en blanc pour créer un nouveau crime sur le dos des personnes vivant avec le VIH », ajoute Me Léa Pelletier-Marcotte.

Noélie St-Hilaire (Catherine St-Laurent) allant interroger une femme suspectée d'avoir transmis le VIH à son mari.Noélie St-Hilaire (Catherine St-Laurent) allant interroger une femme suspectée d'avoir transmis le VIH à son mari. Photo : Aetios productions

Ces épisodes sont « une insulte à la lutte menée depuis tant d’années » pour faire cesser la stigmatisation à l’égard des personnes vivant avec le VIH, d’après l’avocate.

L’organisme a demandé au diffuseur et au producteur (Aetios Productions) de diffuser un avis rectifiant les faits d’ici le 17 décembre.

Du côté de Radio-Canada, le porte-parole Marc Pichette répond que Luc Dionne, l'auteur de la série, s'est appuyé sur la jurisprudence, vue d'un autre angle pour l'écriture des épisodes en question. « La jurisprudence concernant la divulgation de la séropositivité est beaucoup plus large et complexe que les deux arrêts cités dans la lettre de la COCQ-SIDA. [...] On ne peut exiger d’une émission dramatique, et encore moins de personnages de fiction, d’aborder de tels sujets en explorant toutes leurs nuances. Il y a manifestement matière à débat, mais celui-ci trouvera mieux sa place dans une émission d’information. »

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