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Le suspect de Strasbourg abattu

Le récit de Frédéric Arnould

Cherif Chekatt, l'auteur présumé de l'attentat de Strasbourg, a été abattu au terme d'une opération policière dans le quartier du Neudorf. Depuis l'attaque de mardi soir, qui avait fait 3 morts et 13 blessés, il faisait l'objet d'une traque intense des forces de sécurité.

D’après le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner, c’est une équipe de la brigade spécialisée de terrain, avec trois policiers à bord, qui a repéré le suspect, vers 21 h (heure locale), sur la rue Lazaret. « Au moment de son interpellation, ce dernier [le suspect] s'est retourné, faisant face aux fonctionnaires de police en tirant. Ils ont alors riposté et ont neutralisé l'assaillant », a relaté le ministre.

M. Castaner a rappelé qu'un « dispositif de sécurité important » avait été mobilisé « dans l'ensemble de l'agglomération » pour tenter de mettre hors d'état de nuire le tireur qui a « semé la terreur » près du marché de Noël de Strasbourg. L'attaque a fait 3 morts et 13 blessés, selon le dernier bilan communiqué par les autorités.

Le ministre de l'Intérieur a précisé que « des moyens particuliers ont été mis en place en ce début de soirée, notamment l'usage d'un hélicoptère ».

Plus de 700 agents avaient effectué des contrôles routiers, des rondes d’hélicoptères et de la surveillance aux frontières au cours de la journée. Les enquêteurs craignaient que Chekatt soit passé en Allemagne. En plus de l’Allemagne, la Suisse, à 130 kilomètres au sud de Strasbourg, avait également renforcé ses mesures de sécurité à la frontière.

Des policiers français avaient au préalable arrêté, jeudi, un « proche » de Cherif Chekatt. Le père, la mère et deux frères de Chekatt avaient déjà été placés en détention préventive, dans la nuit de mardi à mercredi.

Peu de temps après l’annonce de son élimination, l’agence de propagande du groupe État islamique, Amaq, a présenté Chérif Chekatt comme un de ses « soldats ». En déroute, cette organisation terroriste ne donne aucune indication au sujet de ce lien supposé. Pour rappel, elle n’a pas revendiqué l’attaque de Strasbourg perpétrée mardi soir.

Des policiers lourdement armés sortent d'un véhicule. Les policiers ont abattu le suspect de l'attentat de Strasbourg, jeudi. Photo : AFP/Getty Images / Sébastien Bozon

Un lourd passé judiciaire

Né à Strasbourg et fiché « S » (pour sûreté de l'État) en raison de sa radicalisation islamiste, Cherif Chekatt, 29 ans, a un lourd passé judiciaire. Il compte 27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse pour des faits de droit commun.

Avant la fusillade de mardi soir, les policiers s’étaient d'ailleurs présentés chez lui le matin même pour l’arrêter. Il est soupçonné d'être l'instigateur d'une tentative d'assassinat en août 2018. Chekatt était toutefois absent.

La police française a lancé mercredi soir un appel à témoins pour le retrouver. « Attention, individu dangereux, surtout n'intervenez pas vous-même », a mis en garde la police nationale, décrivant un individu de 1,80 m, « peau mate », « corpulence normale » et « marque sur le front ».

Photo de Cherif Chekatt avec son signalement.L'appel à témoins lancé pour retrouver Cherif Chekatt. Photo : Reuters / Police nationale française

Une attaque avec balles et arme blanche

Cherif Chekatt serait l'homme qui s'est rendu au marché de Noël de Strasbourg mardi, peu avant 20 h, muni d’une arme à feu et de couteaux.

Il s’est mis à tirer sur les passants au cri d'« Allah Akbar » en plus d’en agresser d’autres au couteau.

Il a ensuite échangé des tirs avec les forces de l'ordre, qui l'ont blessé au bras.

L'assaillant a tout de même réussi à prendre un taxi pour se rendre dans un quartier proche, le Neudorf, où ont eu lieu de nouveaux échanges de tirs avec la police, avant qu'il ne disparaisse.

Le marché de Noël de Strasbourg demeure fermé depuis la fusillade. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé jeudi qu'il serait rouvert vendredi, avec une présence policière accrue et un nombre réduit d'entrées.

Le ministre Castaner, qui sera présent pour la réouverture vendredi, a aussi indiqué que les manifestations seront interdites jusqu'à lundi à Strasbourg.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Le Parisien

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