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Soins palliatifs : des médecins s'inquiètent du manque de personnel

Une personne en accompagne une autre en fin de vie.
Les médecins s'inquiètent du manque de personnel disponible pour prodiguer les soins de fin de vie. Photo: iStock
La Presse canadienne

Des médecins œuvrant dans le secteur des soins palliatifs ont lancé un cri du cœur, mercredi, estimant traverser une véritable crise qui pourrait laisser à eux-mêmes des patients nécessitant des soins de fin de vie.

En conférence de presse, ils ont demandé à la ministre de la Santé, Danielle McCann, d'intervenir de toute urgence pour éviter une rupture de services aux malades, souvent en fin de vie, figurant parmi les plus vulnérables du réseau.

« Est-ce que les soins palliatifs sont en fin de vie? », s'est interrogé le chef du Service des soins palliatifs du CHU de Québec, le Dr Louis Roy. Le CHU regroupe les cinq hôpitaux de la capitale.

Selon lui, à Québec, faute de moyens et de personnel, on pourrait ne plus pouvoir répondre adéquatement à la demande dès janvier prochain.

La situation critique observée à Québec n'est d'ailleurs pas unique, car la crise s'étend à toutes les régions de la province, a déploré de son côté la présidente de la Société des médecins de soins palliatifs du Québec, la Dre Christiane Martel.

Dans chaque région, on retrouve des situations fragiles.

Christiane Martel, présidente de la Société des médecins de soins palliatifs du Québec

La Dre Martel s'inquiète du manque de médecins disponibles pour prodiguer les soins requis et du manque prévu de relève à court terme. On estime qu'une proportion élevée de médecins spécialisés en soins palliatifs s'apprêtent à prendre leur retraite dans les prochaines années.

Pour le gouvernement, il s'agit certainement d'une « crise urgente » à dénouer, selon la Dre Martel.

Il importe donc de « prioriser les priorités », en incitant davantage les médecins à travailler dans les services de soins palliatifs, a-t-elle insisté.

McCann se dit « très préoccupée »

Lors d'une brève entrevue à La Presse canadienne, la ministre McCann ne s'est pas défilée, reconnaissant l'ampleur du problème et s'engageant à agir rapidement pour le régler.

Une rencontre est prévue prochainement, à ce sujet, avec le président de la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ), le Dr Louis Godin, « qui a le pouvoir d'intervenir dans ces situations-là », pour combler les pénuries de médecins dans un secteur ou une région.

« On est très préoccupés par les soins palliatifs. On veut renforcer les soins palliatifs au Québec », a-t-elle ajouté, disant envisager la création d'un groupe de travail qui se pencherait sur les meilleurs moyens d'y parvenir.

12 jours d'affilée

Pour combler le manque d'effectifs, certains médecins disent devoir travailler régulièrement 12 jours d'affilée, augmentant le risque d'épuisement.

Le Dr Roy, par exemple, a raconté que dans un passé récent, il lui arrivait de devoir travailler un week-end « sur cinq ou six ». Maintenant, c'est un week-end sur trois.

Quand on fait une fin de semaine sur trois, bien, la fin de semaine, quand on arrive, on est fatigué puis on a besoin de se reposer.

Dr Louis Roy, chef du Service des soins palliatifs du CHU de Québec

Le Dr Roy a rappelé que ses patients, vu leur état, avaient besoin de voir un médecin frais et dispos, empathique et disponible.

Actuellement, les ressources disponibles étant rares, pour assurer les soins requis, il faut « demander à tout le monde d'en faire plus, de retarder de prendre des vacances ou d'en prendre moins, de faire plus souvent des fins de semaine de garde », a-t-il ajouté.

La conférence de presse avait été convoquée par le député solidaire Sol Zanetti, qui a pressé la ministre d'agir rapidement.

« Selon le Collège des médecins, des patients se sont même tournés vers l'aide médicale à mourir, faute de services en soins palliatifs. C'est un choix que personne ne devrait être obligé de faire, c'est une atteinte à la dignité même des patients », a-t-il fait valoir.

Selon lui, la loi 20, adoptée par l'ancien gouvernement libéral, est responsable de la situation, les jeunes médecins n'ayant pas le droit de se consacrer aux soins palliatifs à temps plein, puisque « la loi les oblige à pratiquer en cabinet ».

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