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La police de Thunder Bay reconnaît l’existence d’un racisme systémique

Une femme policière dans un point de presse.
La chef de la police de Thunder Bay, Sylvie Hauth, a indiqué que le Service de police de Thunder Bay n’est pas resté les bras croisés en attendant le rapport du directeur indépendant de l'examen de la police. Photo: CBC
Radio-Canada

Le Service de police de Thunder Bay (SPTB) a publié mercredi une déclaration de sa chef de police Sylvie Hauth en réaction au rapport accablant du directeur indépendant de l'examen de la police, Gerry McNeilly, publié plus tôt dans la journée.

Un texte de Miguel Lachance avec les informations de Mathieu Grégoire

La chef de police, Sylvie Hauth, avait admis en point de presse plus tôt mercredi l’existence d’un problème de racisme auquel il faut s’attaquer.

Je reconnais absolument qu’au niveau systémique il y a des choses qu’il faut travailler, qu’il faut changer, dans notre service de police, a-t-elle affirmé.

Le SPTB souligne dans son communiqué que cette admission est une étape importante dans le processus pour rebâtir un lien de confiance avec la population autochtone.

Je suis engagé vraiment à prendre les choses en main et à faire une différence pas seulement à partir d’aujourd’hui. Ca fait déjà 1 an et demi que je suis en poste et il y a déjà des choses qui ont changé, soutient la chef de police.

Elle précise que plusieurs initiatives ont été mises en place, notamment pour répondre aux recommandations du coroner sur la mort de 7 jeunes autochtones entre 2000 et 2011.

Je pense qu’il est important que nous ne perdions pas de vue le travail qui a déjà été effectué ainsi que les progrès que nous avons fait et que nous continuerons de faire.

Sylvie Hauth, chef du service de Thunder Bay

Le service de police ajoute que les 44 recommandations du rapport seront lues attentivement dans les prochains jours.

La première déclaration de la police, diffusée en fin d’avant-midi, avait soulevé des inquiétudes parmi les gens présents dans la salle pour entendre les conclusions de l’examen systémique.

Le court communiqué ne faisait alors mention que de barrières systémiques, ce qui a déplu au chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler.

Selon Alvin Fiddler, le Coroner en chef confirme que la description du corps repêché correspond à celle de Josiah Begg, disparu le 6 mai. Alvin Fiddler se disait plutôt pessimiste quant à la volonté de la Police d'agir pour mettre en oeuvre les recommandations du rapport. Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

M. Fiddler a affirmé qu’il doutait de la bonne foi des leaders du SPTB, mais qu’il était prêt à travailler avec eux pour la mise en œuvre des recommandations de Gerry McNeilly.

La Thunder Bay Police Association résiste

La Thunder Bay Police Association rejette les allégations de racisme à l’encontre de ses membres.

Dans un communiqué de presse, elle souligne qu’elle comprend les préoccupations de la communauté autochtone et qu’elle prend les conclusions du rapport au sérieux. Cependant, l’Association accuse le rapport de faire fi du travail qu’accompli les policiers de Thunder Bay.

Elle note que le taux de résolution des crimes violents et des homicides est plus élevé à Thunder Bay que la moyenne provinciale et nationale, en dépit d’être un des services policiers les moins subventionnés de la province.

L’Association profite de l’occasion pour souligner ce qu’elle qualifie d’un besoin urgent de financement.

Elle tente ainsi de consolider les trois paliers de gouvernement pour contrer les taux élevés de dépendance et de problèmes de santé mentale, ainsi que les lacunes de services d’appui aux communautés autochtones.

L’Association demande aussi au grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler, de collaborer avec les Services de police afin de résoudre les enjeux soulignés dans le rapport.

En novembre, l’Association dénonçait un communiqué de presse de M. Fiddler, accusant le grand chef de creuser un gouffre entre les services policiers et la communauté autochtone.

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