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Racisme systémique : d’autres services policiers devraient s’y attaquer

Une veste imperméable de policier
L'Ontario a encadré le recours aux contrôles de routine par les policiers. Photo: Terry Asma/CBC
Radio-Canada

Le service de police de Thunder Bay ne serait pas un cas isolé de « racisme systémique ». Les conclusions du directeur indépendant de l'examen de la police concernant les relations entre les policiers et les Autochtones s'appliquent ailleurs en Ontario et au pays.

Un texte de Philippe de Montigny

Le directeur Gerry McNeilly affirmait dans son rapport qu’il existe un racisme systémique à plusieurs niveaux au sein de l’organisation, qui comprend plus que quelques pommes pourries.

La journaliste d’enquête d’origine anichinabée Tanya Talaga peut témoigner d'un bon nombre d’enquêtes policières bâclées. Des familles autochtones lui ont confié que les enquêteurs ne les ont jamais rappelées ou qu’elles n’avaient pas l’impression d’être prises au sérieux.

Elle cite par exemple des enquêtes sur les femmes autochtones disparues ou assassinées et celles sur les sept jeunes autochtones mystérieusement retrouvés morts à Thunder Bay entre 2000 et 2011.

Ce n’est pas que l’histoire de Thunder Bay. Ces problèmes existent dans d’autres villes du pays et se répètent.

Tanya Talaga, journaliste d’enquête au Toronto Star
Tanya Talaga.Tanya Talaga, journaliste d'enquête d'origine anichinabée Photo : La Presse canadienne / Tom Sandler

Le député fédéral de Timmins-Baie James, Charlie Angus, croit que les autres services de police de la province et du pays ont intérêt à tirer des leçons de ce rapport et devraient revoir leurs propres façons de faire.

Il y a beaucoup d’exemples de problèmes systémiques à Thunder Bay. C’est nécessaire de se concentrer sur cela, mais il y a des conclusions qui aideraient les autres forces de police, dit-il.

Même son de cloche d’une consultante en affaires municipales basée à Windsor, qui estime que la relation brisée entre les Autochtones de Thunder Bay et le service de police n’est pas un cas isolé.

Melinda Munro a affirmé sur Twitter qu’elle espère que ce rapport encourage d’autres communautés à réfléchir sur leurs manquements en ce qui concerne le traitement des Autochtones par leurs services policiers.

Le président de l’Association des policiers de l’Ontario, Bruce Chapman, a indiqué par courriel qu’il veut prendre le temps de réviser les recommandations du directeur McNeilly avant de commenter.

La ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, affirme que ce racisme s'étend au-delà des services policiers, dans d’autres institutions telles que les services à l’enfance, le système de santé et les établissements postsecondaires.

Il est important de le reconnaître, ce racisme, et de s'y attaquer partout au pays.

Carolyn Bennett, ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones
Plan rapproché de Mme Bennett s'exprimant devant un micro.Carolyn Bennett, ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Tanya Talaga, pour sa part, espère que ces propositions seront étudiées et rapidement mises en application pour rebâtir la relation entre les Autochtones et les policiers.

Il y a tant d’espoir au sein de la communauté que la situation va s’améliorer. Et après, ça se dissipe. J’espère que, cette fois, les constats dans ce rapport deviendront chose du passé, affirme-t-elle.

Un autre rapport très attendu doit être rendu public vendredi : le sénateur Murray Sinclair s’est penché sur la Commission des services policiers de Thunder Bay, qui est responsable de donner des directives et d’encadrer les activités du corps policier.

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