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Retour du sébaste : on s'active pour préparer une pêche durable

Des sébastes.
Des sébastes. Photo: Pêches et Océans Canada / Claude Nozères

Le sébaste fait un retour en force dans le golfe du Saint-Laurent, ce qui laisse entrevoir une levée du moratoire sur cette pêche, en vigueur depuis 1995. Cette perspective motive à la fois les acteurs de l'industrie de la pêche et les scientifiques.

Au large de la côte ouest de Terre-Neuve et au large des côtes gaspésiennes, on estime le stock de sébaste à 2,5 millions de tonnes. De ce total, l’espèce la plus commune, Sebastes mentella, représenterait 2,1 millions de tonnes.

La pêche expérimentale au sébaste demeure pour le moment contrôlée par le ministère des Pêches et des Océans.

Caroline Senay, biologiste chez Pêches et Océans Canada, explique que sept groupes, de Terre-Neuve-et-Labrador et du Québec, ont reçu des quotas de prises. Ces pêcheurs ont deux ans pour tendre leurs filets dans différentes zones et tester différents équipements.

Pour le sébaste, la taille minimale pour être commercialisé est de 22 centimètres. Mme Senay indique qu’une grande partie de la biomasse actuelle est en deçà ou autour de 22 centimètres.

Caroline Senay, biologiste en sciences aquatiques à Pêches et Océans CanadaCaroline Senay, biologiste en sciences aquatiques à Pêches et Océans Canada Photo : Radio-Canada / René Landry

Pour assurer une pêche au sébaste durable, Caroline Senay explique que plusieurs objectifs sont préconisés. La pêche cible le mentella, l’espèce la plus commune, et minimise la capture des poissons trop petits, et celles des prises accessoires, c’est-à-dire des poissons autres que le sébaste.

Quand la pêche est modeste, un certain pourcentage de prises accessoires, ce n’est pas trop dommageable, explique Mme Senay. Mais si on fait une pêche à grande échelle, un petit pourcentage multiplié par un très gros chiffre, on veut s’assurer que ça ne fera pas de dommage aux autres stocks, comme le turbot, la morue, le flétan.

À l'institut maritime de l'Université Memorial à Saint-Jean, on cherche aussi à développer des équipements de pêche spécifique pour le sébaste.

Paul Winger en entrevue.Paul Winger, directeur du centre des ressources aquatiques à l'Institut maritime de l'Université Memorial. Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Nous avons plusieurs projets qui étudient comment laisser les petits sébastes et les autres espèces, comme la morue et les poissons plats, s'enfuir des filets, indique Paul Winger, le directeur du Centre des ressources aquatiques durables de l’Institut maritime.

Des sébastes.Des sébastes. Photo : Pêches et Océans Canada / Claude Nozères

Si le sébaste redevient abondant, encore faudra-t-il trouver à qui le vendre. Les consommateurs sont peu familiers avec ce poisson rouge.

En ce moment, on le connaît peu puisque c'est une espèce qui sort d'un moratoire et qui n'a pas été pêchée depuis les dernières années en grande quantité, concède Caroline Senay.

Les industries devront donc redoubler d'efforts en vue de distribuer ce poisson de fond d'ici les prochaines années.

D’après un reportage de Marie Isabelle Rochon

Terre-Neuve-et-Labrador

Faune marine