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Licenciements au Centre d’accueil et d’établissement

La porte d'entrée des bureaux du centre à Edmonton.
Selon un gestionnaire du CAE, les licenciements sont « en parfaite harmonie » avec les directives reçues d’Ottawa. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Tous les employés du Centre d'accueil et d'établissement du Nord de l'Alberta (CAE) perdront leur emploi d'ici la fin mars. L'offre de services de l'organisme qui facilite l'intégration des nouveaux arrivants francophones à Edmonton et Fort McMurray est compromise pour les prochains mois, alors que certains employés se sont déjà fait montrer la porte.

Un texte de Simon-Pierre Poulin

« Personne n’est épargné, tout le monde part », révèle Luc Amoussou, gestionnaire des ressources humaines de l’organisme qui emploie une vingtaine de personnes. Il explique que c’est avant tout une question d’argent.

En octobre, le gouvernement a annoncé qu’il ne financerait plus le CAE après le 31 mars 2019. Il a perdu confiance en son administration à la suite d’allégations de nature sexuelle. Ottawa a alors invité l’organisme « à entamer la réduction progressive de ses services et à aviser les employés touchés que leur emploi prendrait fin dans les prochains mois ».

Selon le gestionnaire du CAE, ces licenciements sont « en parfaite harmonie » avec les directives d’Ottawa. Luc Amoussou a dit exécuter « un plan de réduction » du personnel négocié avec le gouvernement fédéral. Selon ce plan, 25 % du personnel doit partir en décembre.

Je suis les instructions du ministère et c’est pénible. C’est avec un cœur gros que je laisse partir des employés qui ont des hypothèques, qui ont des familles et qui, dans tout ceci, n’ont rien fait. Ils ont été compétents.

Luc Amoussou, gestionnaire des ressources humaines, Centre d'accueil et d'établissement du Nord de l'Alberta

Malgré plusieurs demandes, le gouvernement fédéral n'a pas confirmé s'il avait bel et bien négocié un tel plan avec le CAE. En réponse aux questions de Radio-Canada, un porte-parole a souligné l'intention du gouvernement de maintenir les services offerts aux francophones, sans toutefois préciser les mesures concrètes qui seraient prises pour y arriver.

Le ministère demeure résolu à faire en sorte que des organismes francophones continuent d’offrir des services d’établissement en français autant que possible.

Peter Liang, porte-parole, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

Ce même porte-parole a décliné nos demandes d'entrevue.

Réduction inévitable des services aux francophones

Bien que le gouvernement fédéral ait promis de financer le centre jusqu’à la fin du mois de mars, les services offerts par l’organisme seront réduits bien avant, faute de personnel.

Ces conseillers, qui accompagnent les nouveaux arrivants dans leurs premiers pas en Alberta, ont dû leur expliquer dans les dernières semaines que cet accompagnement prendrait fin.

Le personnel de l'École Gabrielle-Roy a aussi été prévenu d’une importante diminution des services qu’y offre le CAE, comme l’aide aux devoirs, et ce dès le mois de janvier.

Stress et anxiété chez les employés touchés

Les employés du centre avec qui Radio-Canada a pu s’entretenir ont été surpris de perdre leur emploi avant la fin du mois de mars. Aucun n’avait connaissance des négociations en cours entre leur employeur et Ottawa.

Ils décrivent une ambiance de travail difficile dans l’organisme et une communication inexistante avec leurs gestionnaires, ce qui exacerbe leur stress et leur anxiété. Ils souhaitent être consultés et considérés par le gouvernement fédéral dans les semaines à venir pour que leurs emplois soient protégés.

Alberta

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