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Arrêt des travaux d’élargissement de la route 11 : les frustrations s'accumulent

Un panneau de la route 11.
La route 11 traverse le Nouveau-Brunswick du nord au sud, sur la côte est de la province. Photo: Radio-Canada

« Éliminer le financement pour la route 11 semble peut-être une vengeance politique », lance le ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, qui soutient que Blaine Higgs « n'a pas eu le courage d'en parler [au gouvernement fédéral] avant ».

Un texte d’Anaïs Brasier

Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs a annoncé des compressions dans les fonds destinés aux travaux publics et au développement régional mardi. Parmi les projets qui écopent, l’élargissement de la route 11 entre Cocagne et Bouctouche est mis en veilleuse.

Cette nouvelle crée beaucoup de déception au sein des communautés longeant cette route, mais aussi au gouvernement fédéral, qui en a été informé par les médias.

Ça augure d'une façon assez mauvaise pour la collaboration entre les deux gouvernements quand [il] aura aussi une priorité de financement, affirme d’ailleurs Dominic LeBlanc sur un ton ferme.

Il rappelle que le gouvernement de Justin Trudeau a déjà investi des dizaines de millions de dollars et que le Nouveau-Brunswick risque de perdre l’argent du fédéral parce qu’il ne peut pas décider de [consacrer cet argent] à d’autres projets.

Normalement, si on paie 50 % de la note, on n'a pas 100 % du pouvoir décisionnel.

Dominic LeBlanc, ministre fédéral des Affaires intergouvernementales
Le projet d'élargissement de la route 11 est un projet commun entre le fédéral et le provincial.Dominic LeBlanc (deuxième à partir de la gauche) et Benoît Bourque (quatrième à partir de la gauche) étaient présents lors de l'annonce de l'élargissement de la route 11 (archives). Photo : Radio-Canada

Je suis hors de moi, lance Benoît Bourque

Le député libéral dans Kent-Sud, Benoît Bourque, ne mâche pas ses mots.

Je suis très frustré. [...] Ça fait trois ans, trois saisons de construction que nous avons développé l’élargissement de la route 11 [...]. Il y a des sections qui sont déjà prêtes pratiquement à mettre l’asphalte.

Benoît Bourque, député libéral dans Kent-Sud

La portion de la route 11 dont il est question est l'une des plus achalandées du Nouveau-Brunswick.

Le ministre des Transports, Bill Oliver, a justifié sa décision en disant que son gouvernement ne voulait pas construire de voie de contournement autour des communautés, ce qui pourrait avoir des conséquences négatives pour les entreprises locales.

Or, le tronçon de la route 11 dont il est question n'est ni une voie de contournement ni une route qui traverse une communauté.

Les automobilistes qui vont vers le nord croisent ceux qui vont vers le sud sur la route 11. La route 11, avec ses deux voies, est considérée par plusieurs comme dangereuse pour les automobilistes. Photo : Radio-Canada

Ce sont plutôt ces compressions qui pourraient avoir une incidence sur les régions rurales, selon le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau.

Au nom de l’austérité, c’est souvent les régions rurales qui vont finir par payer, dit-il. Quand on parle des [compressions] qui affectent le moins de personnes possibles, c’est toujours les régions rurales.

Le budget d’immobilisations devrait, malgré ces oppositions, être adopté au cours de la semaine, grâce à l’appui de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Des citoyens inquiets pour leur sécurité

À Bouctouche, des citoyens ont exprimé leur inquiétude. Selon eux, la route 11, avec seulement deux voies, est dangereuse parce qu’elle n’est pas assez large.

Le maire de la municipalité, Roland Fougère, estime que c’est « injuste » et il aurait aimé être consulté. Nous couper l’herbe sous le pied de la sorte, je pense que c’est inacceptable.

Avec les informations de Michel Corriveau et Alix Villeneuve

Nouveau-Brunswick

Politique