•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cannabis : des experts réclament des études sur la santé pulmonaire

Fumée de cannabis.
Les experts en santé respiratoire soulignent que la fumée inhalée, qu'elle provienne du tabac ou du cannabis, est néfaste. Photo: iStock

Des experts de la santé respiratoire s'inquiètent des effets de l'inhalation de fumée de cannabis sur les poumons et demandent au gouvernement plus d'études et de campagnes de prévention.

Un texte de Fanny Samson

Après les psychologues et les psychiatres, qui ont lancé des mises en garde, l’Association pulmonaire du Québec (APQ) souhaite que l'on s'intéresse aux effets du cannabis sur la santé pulmonaire.

La directrice générale, Dominique Massie, rappelle que 40 % des Canadiens de plus de 15 ans ont dit avoir déjà consommé du cannabis dans leur vie.

« Beaucoup vont faire des bronchites chroniques à long terme, et on demande vraiment qu'il y ait une attention particulière qui soit portée là-dessus », déclare-t-elle.

Les experts en santé respiratoire soulignent que la fumée inhalée, qu'elle provienne du tabac ou du cannabis, est néfaste.

Mathieu Morissette, chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de QuébecMathieu Morissette, chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec Photo : Radio-Canada / Fanny Samson

Le chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec Mathieu Morissette explique que l'inhalation de fumée reste le principal mode d'utilisation, mais estime que la prévention est déficiente.

« C’est comme ça que c’est vendu aussi à la Société québécoise du cannabis [...] et il n’y a pas énormément d’information sur la prévention autre que sur les effets psychotropes », dit-il.

Un joint équivaut-il à cinq cigarettes?

Une jeune femme blonde fume un joint de cannabis.Le cannabis récréatif est légal au Canada depuis le 17 octobre. Photo : Radio-Canada / CBC

Selon l’APQ, un joint équivaut en moyenne à cinq cigarettes. Si le chercheur Mathieu Morissette est plutôt prudent avec cette affirmation, il admet que le cannabis comporte plus de risque en raison de sa composition.

D’abord, il est consommé sans filtre, contrairement au tabac. « Le filtre va enlever les grosses particules, [sinon] la fumée arrive de façon un peu plus crue au niveau des poumons », dit-il.

Ensuite, les cocottes de cannabis sont plus huileuses que le tabac et leur fumée colle davantage aux poumons.

« La nature même du cannabis qui est fumé rend l’élimination plus difficile pour le poumon », ajoute-t-il.

Plus d’études sur le cannabis réclamées

Selon le chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, il faut faire plus de recherches pour mieux cibler la prévention sur la santé pulmonaire.

Il souligne d'ailleurs que les mises en garde collées sur les paquets vendus à la SQDC ne sont pas précises.

Selon le chercheur Mathieu Morissette, les mises en garde sont imprécises. Selon le chercheur Mathieu Morissette, les mises en garde sont imprécises. Photo : Radio-Canada / Fanny Samson

Pendant des années, le tabac a été consommé sans que ses effets nocifs soient connus. « Les gens le fumaient sans trop le savoir », souligne l’expert.

Mathieu Morissette explique que les liens ne sont pas encore établis entre la consommation de cannabis et les maladies chroniques, mais que « les composés de carbone qui sont brûlés sont très semblables à ceux de la fumée du tabac ».

De son côté, Dominique Massie encourage le gouvernement à investir dans des études portant sur les effets à court et long termes de la consommation de cannabis sur la santé respiratoire.

L’Association pulmonaire du Québec réclame plus d'études sur les effets du cannabis sur les poumons.L’Association pulmonaire du Québec réclame plus d'études sur les effets du cannabis sur les poumons. Photo : Radio-Canada / Fanny Samson

« On ne veut pas non plus frapper sur le gouvernement actuel, il vient d'être mis en place. Ce qu'on souhaite, c'est qu'il y ait des études qui soient faites à long terme », dit-elle.

Quelqu’un qui inhale de la fumée de cannabis ne sait pas trop à quoi s’attendre dans 10 ou 15 ans.

Mathieu Morissette, chercheur à l’Institut de pneumologie et de cardiologie de Québec

Mises en garde insuffisantes?

Lou Bolduc est âgée de 18 ans.Lou Bolduc est âgée de 18 ans. Photo : Radio-Canada

Lou Bolduc, coordonnatrice de l'Association étudiante du Cégep Garneau, ne croit pas que les avertissements collés sur les emballages de cannabis sont suffisants pour sensibiliser les jeunes. Elle croit qu’il faut en faire davantage en matière de prévention.

« Les jeunes fument moins la cigarette, ça a fonctionné. Mais il y a moins ça sur le cannabis, c'est vraiment moins percutant que ce que je pensais quand tu en achètes », souligne-t-elle.

Le gouvernement prépare une campagne pour sensibiliser les jeunes de 14 à 34 ans sur la consommation de cannabis. Le ministère de la Santé n'a pas donné plus de détails sur son contenu, qui sera diffusé cet hiver.

Québec

Cannabis