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Faute de financement, le centre résidentiel de la Maison fraternité fermera ses portes en 2020

Un jeune assis sur un banc.
Depuis le début de l'année, 26 jeunes ont fréquenté le Centre résidentiel. Photo: iStock / Ben Goode

Le centre résidentiel de la Maison fraternité d'Ottawa, un centre de désintoxication pour les jeunes toxicomanes francophones de l'Ontario, fermera ses portes en 2020, en raison de la perte d'une subvention de 800 000 $.

Le Réseau local d’intégration des services de santé (RLISS) nous a fait part il y a trois semaines qu'à compter du 1er avril 2020 notre financement pour le Centre résidentiel serait coupé, explique Loïs Alexanian, directrice des services aux adolescents de la Maison fraternité.

Ouvert en 2012, ce service s'adresse aux jeunes de 12 à 21 ans qui ont un problème de toxicomanie et de santé mentale. En venant au centre résidentiel, ils acceptent de vivre une période d'abstinence.

C'est très difficile pour ces jeunes-là de s'engager à ce niveau-là, détaille Mme Alexanian. Certains viennent de Hearst, dans le Nord de l'Ontario, pour suivre ce processus désintoxication.

Loïs Alexanian en entrevue à Radio-Canada dans une bureau.Loïs Alexanian, directrice des services aux adolescents de la Maison fraternité. Photo : Radio-Canada

Depuis le début de l'année, 26 jeunes ont fréquenté le centre résidentiel. De ce nombre, 60 % reprennent leur vie et 40 % reviennent au centre pour continuer le processus.

Un faible taux d'occupation

Pour sa part, Chantale LeClerc, cheffe de la direction du RLISS de Champlain, invoque le fait que le taux d'occupation du centre résidentiel a été de 42 % au cours des six dernières années.

On s'attendait à ce que la demande dépasse les cinq lits disponibles et ça n'a pas été le cas, explique-t-elle, soulignant que malgré une publicisation du programme et un travail en partenariat avec la Maison fraternité, au cours des six dernières années, le programme ne semble pas rencontrer les besoins des jeunes [...] Plus que la moitié du temps, les lits sont vides.

On avait estimé à l'époque [en 2012] qu'il y avait à peu près 1500 à 2000 jeunes francophones ici dans la région de Champlain qui souffrent de dépendance.

Chantale LeClerc, cheffe de la direction du RLISS de Champlain

Nous avons annoncé à la Maison fraternité que nous avions l'intention de transférer les fonds d'opération à un autre pourvoyeur pour livrer des services pour les jeunes francophones qui souffrent de dépendance, a indiqué Mme LeClerc.

Une femme en entrevue avec Radio-Canada.Chantale LeClerc, cheffe de la direction du RLISS de Champlain Photo : Radio-Canada

Une situation minoritaire

Je ne disputerais pas les chiffres du RLISS, c'est notre bailleur de fonds. En même temps, ce à quoi ils s'attendent, c'est que la résidence soit remplie à 89 %, le même chiffre que pour notre homologue anglophone, se défend Mme Alexanian. En même temps. il est important de se rappeler que les Franco-Ontariens sont en situation minoritaire.

La directrice déplore le fait que cette fermeture puisse défavoriser les jeunes filles, puisque le centre de la Maison fraternité est la seule option pour les jeunes — les filles particulièrement — qui veulent faire leurs études en français tout en étant dans un programme résidentiel.

Actuellement, pour les moins de 16 ans, il y a pas de service résidentiel pour les francophones, rappelle-t-elle. Avec la légalisation du cannabis et la banalisation [...] aux yeux des jeunes, c'est comme un consentement à la consommation.

Des fonds réinvestis

Mme LeClerc du RLISS assure pour sa part que 100 % des fonds vont être réinvestis dans un autre type de programme pour les jeunes francophones.

Il n'y a aucune coupure de financement et aucune coupure de service pour cette population-là. On pense tout simplement qu'il y a une meilleure façon d'investir les fonds pour aller rejoindre plus de jeunes, fait-elle valoir.

Le RLISS consultera les jeunes et leurs familles pour comprendre pourquoi les jeunes en proie à des problèmes de santé mentale et de toxicomanie sont si peu nombreux à faire appel aux services du centre résidentiel de la Maison fraternité.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Ottawa-Gatineau

Drogues et stupéfiants