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Des médecins déplorent la fermeture de huit lits à l'hôpital de La Sarre

Le Centre hospitalier La Sarre en Abitibi-Témiscamingue
Le Centre hospitalier La Sarre en Abitibi-Témiscamingue Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des travailleurs du domaine de la santé se mobilisent contre la fermeture de huit lits à l'hôpital de La Sarre. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) fermera six lits en médecine-chirurgie, un en pédiatrie et un en natalité à l'hiver 2019. Quatorze médecins ont adopté une résolution demandant au CISSS-AT de revenir sur sa décision.

Un texte de Jean-Marc Belzile

Les docteurs ayant signé la résolution travaillent tous à l'hôpital de La Sarre.

Dans celle-ci, ils se disent convaincus que la qualité du service aux patients sera touchée par la fermeture de huit lits.

Résolution Projet de Transformation Clinique CH La Sarre by Radio-Canada on Scribd

Ils craignent aussi que cette décision n'entraîne une surcharge de travail et des départs prématurés à la retraite.

Les médecins se disent préoccupés par la réorganisation du travail, puisqu'elle semble motivée par des préoccupations budgétaires et non par le désir d'améliorer la qualité et la sécurité des soins.

La vice-présidente en relations de travail à la Fédération interprofessionnelle de la santé, Nancy Moore, s'inquiète aussi de cette décision.

On a présentement 30 lits en médecine-chirurgie et ils veulent diminuer à 24. C'est certain que ça nous inquiète, parce qu'on sait qu'on est toujours en haut de 24 patients, donc on va devoir toujours se réorganiser, explique-t-elle.

La présidente-directrice générale adjointe au CISSS-AT, Caroline Roy, assure que ce n'est pas le cas.

Avec les taux d'occupation qu'on a dans la mission hospitalière à La Sarre, une occupation de 60 % pour l'unité de médecine-chirurgie et une occupation de 30 % en pédiatrie et en natalité, on peut se permettre de réduire notre nombre de lits, assure-t-elle.

Il faut mentionner que ce chiffre inclut les périodes de découverture médicale en natalité à l'hôpital de La Sarre. Durant ces périodes, le taux d'occupation était évidemment à 0 %.

Pas une question d'argent

Caroline Roy assure que ce n'est pas une question d'argent et qu'aucun poste ne sera aboli.

C'est vraiment de s'assurer d'avoir un nombre de lits pour répondre aux besoins de la population et d'avoir un nombre de lits suffisant, mais qui n'est pas excédentaire. Pour nous, ça nous permet de mieux planifier l'organisation du travail et nous allons avoir une disponibilité de lits supplémentaires lorsque ce sera requis, c'est ce qu'on appelle le plan de surcapacité, précise-t-elle.

La fermeture de huit lits représente tout de même une économie d'argent importante. En 2016, l'ex-PDG du CISSS-AT, Jacques Boissonneault, affirmait que chaque lit représentait une dépense de 250 000 $ à 300 000 $ annuellement.

Dans le cas de La Sarre, on parlerait donc d'une économie d'environ 2 millions de dollars par année.

Un manque de main-d'oeuvre?

La décision pourrait engendrer un manque de main-d'oeuvre, selon la fédération.

Depuis quelques années, les départements de médecine-chirurgie et de natalité sont regroupés, ce qui fait en sorte que les infirmières doivent travailler dans les deux départements.

Cette situation a entraîné une vague de départs, selon Nancy Moore, et elle craint que la problématique prenne encore plus d'ampleur.

On avait quand même du monde qui était expert en natalité, on a perdu des gros morceaux et on va continuer d'en perdre des gros morceaux si on continue. Si ça ne fonctionne pas et qu'il y a encore du monde qui part, qu'est-ce qui va arriver? , soulève-t-elle.

J'ai vraiment peur que la natalité ferme, souvent on a des découvertures à cause des médecins, des anesthésistes, mais là ça s'en vient quasiment à cause du personnel, on passe souvent proche de fermer à cause du personnel manquant, alors oui, ça m'inquiète beaucoup.

Nancy Moore

La PDG adjointe du CISSS-AT admet qu'il est possible que le manque de personnel engendre des ruptures de services en natalité.

Il est possible qu'on ait certaines ruptures de services à venir en lien avec le personnel infirmier qui serait non disponible, associées à la pénurie de ressources importantes qu'on vit actuellement partout dans la région. Des ruptures de services par cause de non disponibilité de certains types de ressources, comme le personnel infirmier, oui, c'est possible. À ce moment, c'est certain que la population sera avisée et il y aura des corridors de services qui vont être établis pour assurer l'offre de services à tous les usagers concernés, avance Mme Roy.

Elle assure toutefois qu'il n'est pas question de fermer le département de natalité.

Ce n'est pas envisageable. C'est un service de proximité qu'on va maintenir dans tous les territoires des MRC de notre région.

Caroline Roy

Abitibi–Témiscamingue

Établissement de santé