•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Transport adapté : des personnes handicapées confinées à la maison

Photo : Radio-Canada/Guylaine Bussière

Radio-Canada

L'attaque informatique qui paralyse depuis lundi le système de réservation du Service de transport adapté de la capitale (STAC) affecte le quotidien de centaines d'utilisateurs à Québec.

Un texte de Jean-François Nadeau

Le STAC effectue normalement 3000 déplacements quotidiennement. Depuis que le système informatique a été infecté par un cryptovirus, seuls les déplacements jugés essentiels, comme les rendez-vous médicaux, le travail et les études, sont priorisés.

Sébastien Thériault, 32 ans, utilise le transport adapté entre trois et quatre jours par semaine. Il s'agit du seul moyen de transport qu'il est en mesure d'utiliser. Depuis le début de la crise informatique, il a manqué l'école et ses activités.

« C'est comme se faire couper les deux jambes parce que tu ne peux pas aller nulle part. Ça fait trois, quatre jours que je ne vais pas nulle part », affirme-t-il.

Au Carrefour familial des personnes handicapées, les appels sont nombreux.

« Les gens veulent savoir ce qui se passe. Ils veulent des réponses. Ils veulent savoir pourquoi ils n'ont pas leur transport », mentionne le recherchiste de l'organisme, David Morin, qui est lui aussi un usager du STAC.

« Ce n'est pas parce qu'un déplacement n'est pas essentiel qu'il n'est pas important. Des déplacements comme aller à l'épicerie sont reportés », illustre David Morin.

Au STAC, on dit tout faire pour répondre le plus rapidement possible à la demande. L'organisme est en mesure présentement d'effectuer environ 60 % des trajets.

« On dit aux usagers d'appelez au numéro régulier du STAC. On a doublé notre capacité de recevoir des appels. On a ajouté des lignes téléphoniques et on a affecté du personnel du RTC pour donner un coup de main », affirme le président du RTC, Rémy Normand.

La mère de Sébastien Thériault doit elle aussi utiliser le transport adapté en raison de sa condition physique. Marie-Michèle Thériault s'inquiète pour les prochains jours.

« Je ne peux pas aller chercher des sous pour que mon aide familiale puisse aller faire l'épicerie. Tout ce que les citoyens font habituellement, on est confinés à ne pas pouvoir le faire. Le transport adapté, c'est ce qui fait qu'on peut participer socialement », soutient-elle.

Le STAC veut s'assurer que le rétablissement de leurs bases de données va se faire de façon sécuritaire.

« Bien que les équipes travaillent jour et nuit à essayer de reconstituer l'environnement informatique pour pouvoir accéder à nos bases de données, on est prudents parce qu'il faut s'assurer que ça ne sera pas une réinfection qu'on va subir une fois qu'on va amener les données », explique Rémy Normand.

Malgré les problèmes qu'ils disent vivre, plusieurs usagers refusent de jeter le blâme au STAC.

« Personne ne s'y attendait et personne ne pouvait prévoir ça, ce genre d'événement là. Ils vivent une situation de crise, comme nous », résume David Morin.

Québec

Transport en commun