•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La présence de Huawei en Saskatchewan est risquée, dit un expert en sécurité

Un homme fume une cigarette devant l'entrée d'un magasin Huawei.
La compagnie chinoise Huawei est présente dans le secteur des télécommunications en Saskatchewan. Photo: Associated Press / Ng Han Guan
Radio-Canada

L'ancien chef du bureau Asie-Pacifique du Service canadien du renseignement de sécurité, Michel Juneau-Katsuya, craint que la présence d'équipements du géant chinois des télécommunications Huawei dans des réseaux sans fil de la Saskatchewan ne présente des risques pour la sécurité.

« Si on arrive à se connecter à ces connexions, on est capable d’intercepter une partie de communications très sensibles », explique Michel Juneau-Katsuya, qui est aujourd'hui pdg du groupe Northgate, spécialisé en sécurité des entreprises. « Et aujourd’hui, on est confrontés à la capacité, avec la miniaturisation, de placer de la technologie-espionne en mesure d’être activée à distance, sans qu’on en soit conscient. »

Huawei est l’un des fournisseurs d’équipement de SaskTel, la principale société de télécommunications de la Saskatchewan. L’équipement du géant chinois fait partie du réseau cellulaire de quatrième génération (4G) de la société d'État. La compagnie fournit également de l’équipement auprès des abonnés du service Fusion de SaskTel. La société saskatchewanaise n’a toutefois pas encore déployé le réseau cellulaire de cinquième génération (5G) du géant chinois.

L’équipement de Huawei est aussi utilisé, depuis 2016, pour le réseau sans fil haute vitesse de certains édifices de l’Université de Regina, notamment le pavillon de kinésiologie et le centre Riddell, qui accueille de nombreuses conférences.

Logo de la société d'État SaskTel. SaskTel a signé un contrat avec Huawei en 2012 afin de connecter les zones rurales de la province au réseau sans fil haute vitesse. Photo : Radio-Canada / Neil Cochrane

La société SaskTel dit qu'elle gère les risques de façon appropriée grâce à ses mesures de sécurité interne.

En 2012, le gouvernement de Brad Wall avait défendu la signature du contrat entre SaskTel et Huawei. La province avait alors expliqué que Huawei constituait le soumissionnaire le plus intéressant et qu’il respectait toutes les conditions prérequises pour le contrat.

La même année, un rapport américain avait soupçonné la compagnie d’espionnage et de vol d’information.

Et SaskTel n'est pas la seule société canadienne à collaborer avec Huawei, qui fournit des équipements à d'autres entreprises, comme Bell et Telus.

Huawei au sein des universités canadiennes

« Des pays du G7, le Canada est probablement l’un des pays qu’on espionne le plus, croit Michel Juneau-Katsuya. Pourquoi? Parce qu’on est une société du savoir, dans laquelle on investit beaucoup de temps et d’argent. »

Au Canada, l'entreprise participe à des projets de recherche de certaines universités, comme Polytechnique Montréal et l’Université Carleton, à Ottawa.

« Si on est capable de voler une technologie qui vient d’être développée, il y a un retour sur l’investissement qui est beaucoup plus grand et rapide », explique Michel Juneau-Katsuya. « Certaines informations ou technologies, qui ont souvent été subventionnées par les fonds publics, peuvent se retrouver chez les pays étrangers, ce qui peut nuire à la compétitivité du Canada. »

Huawei dit ne pas être partie prenante dans les projets de recherche de l’Université de la Saskatchewan, notamment active dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Toutefois, certains étudiants en ingénierie de l’Université ont participé au programme d’échange Seeds for the future, de Huawei. Les étudiants participant au programme ont ainsi fait un séjour en Chine et visité le siège social de Huawei.

Ce type de programme étudiant n’est toutefois pas sans risque, selon Michel Juneau-Katsuya, qui explique que l’espionnage peut prendre plusieurs formes.

« Ils peuvent utiliser des recrues qui sont amenées à collaborer avec eux, comme des étudiants, ou des gens qui vont divulguer de l’information par maladresse, » dit-il.

Plusieurs pays, comme les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont décidé de bannir la compagnie chinoise de leur territoire.

Au Canada, une telle décision pourrait engendrer diverses répercussions économiques.

Saskatchewan

Cybersécurité