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Des imprimés qui font voyager dans le temps

Les imprimés de textile à travers le temps
Radio-Canada

La collection Anne Lambert Clothing and Textiles présente 23 000 vêtements, textiles et objets qui ont rapport au textile, rassemblés depuis ses débuts en 1972. On y retrouve des objets qui remontent à l'époque des momies au Pérou tout comme des vêtements plus récents. Cette année, un hommage est rendu à Mme Lambert, qui est toujours vivante.

Un texte de Valécia Pépin

Aujourd'hui à la retraite, Anne Lambert est la créatrice de la collection et une ancienne professeure agrégée du Département d’écologie humaine de l’Université de l’Alberta. Elle a joué un rôle important dans le développement, la recherche, l’accessibilité et l'exposition de la collection entre 1972 et 2007.

C'est maintenant à la conservatrice Anne Bissonnette de présenter les expositions de la collection. Elle est également professeure agrégée au Département d’écologie humaine de l’Université de l’Alberta où un échantillonage de 18 pièces a été sélectionné par ses étudiants, pour créer l’exposition Fashion in Print.

Elle explique que la collection Anne Lambert est bien connue en Amérique du Nord.

 C’est une collection extraordinaire au Canada et même aux États-Unis, pour plusieurs raisons .

Anne Bissonnette, conservatrice de la collection.

La collection est appréciée, entre autres, pour son nombre impressionnant de vêtements, mais aussi parce qu'elle a été conçue dans l’optique de collectionner les vêtements des  gens ordinaires , selon Anne Bissonnette.

La collection a commencé par des dons de vêtements offerts majoritairement par des femmes.  Les hommes ne gardent pas leurs vêtements aussi souvent que les femmes , explique-t-elle.

Des mannequins sont vêtus de vêtements à imprimés portés dans les années 70.Voici une sélection de la collection Anne Lambert, qui rappelle la mode des années 70. Photo : Radio-Canada / Valécia Pépin

Malgré tout, comme elles souhaitaient avoir des vêtements d’hommes, mais que les dons se faisaient rares, Anne Lambert et son équipe ont commencé à en acheter.

La collection est de type encyclopédique et est majoritairement canadienne ou américaine, mais Anne Bissonnette souligne que le choix peut aussi être plus large.

La conservatrice de la collection nous raconte une anecdote concernant un vêtement qui vient du Ghana, choisi par une étudiante pour son travail de recherche de mi-session. C’est un vêtement au motif très particulier, qui a une signification liée à la culture du pays. Il est utilisé pour rendre hommage à l'omnipotence de Dieu dans plusieurs vêtements portés dans des cérémonies officielles.

Une campagne de financement a eu lieu à ce moment-là et lorsque le temps est venu de décider quoi faire avec l'argent amassé, la décision a été unanime.

 On ne peut pas montrer un vêtement du Ghana sur un mannequin blanc. Ce n’est pas respectueux. , dit la conservatrice de la collection.

Alors l'équipe s'est mise à la recherche d’un mannequin africain.  C’est très rare, c’est difficile à trouver , explique Anne Bissonnette.

 On a trouvé ce superbe mannequin, qui nous est arrivé, on était tous ébahis, c’était le meilleur investissement de nos collectes de fonds , poursuit-elle.

Un mannequin est vêtu d'un ensemble à motifs propre à la culture du Ghana.Trouver un mannequin à la peau noire, afin de présenter un ensemble du Ghana, a représenté un réel défi pour l'équipe. Photo : Radio-Canada / Valécia Pépin

La conservatrice mentionne un autre des défis auxquels son équipe a dû faire face. Elle souligne que ce genre d’exposition engendre des discussions sur l’appréciation culturelle comparée à l’appropriation culturelle ou même, selon son expression sur le « plagiat racial ».

Elle parle, par exemple, d'un vêtement, présenté lors d'une exposition précédente, créé par Driss Vagnotan. Ce dessinateur belge utilise une iconographie impériale chinoise dans un vêtement offert à une clientèle globale et qui ne fait pas partie de sa culture à lui.

 Qu’est-ce qui se passe avec ce genre d’appropriation là? Est-ce qu’il y a des conséquences à ça? Un dessinateur peut emprunter [quelque chose] d’une autre culture et dénaturer le motif qui a été utilisé. Ce genre de questionnement a accompagné les étudiants jusqu’à la fin de cette l’exposition. , souligne Anne Bissonnette.

L'exposition Fashion in Print est présentée au Département d’écologie humaine de l’Université de l’Alberta, jusqu'au 8 mars 2019.

Alberta

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