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  • Envoyé spécial
  • La ministre Chassé veut une politique environnementale adaptée à chaque citoyen

    L'explorateur Bertrand Piccard en compagnie de MarieChantal Chassé à la COP24 de Katowice, en Pologne.
    L'explorateur Bertrand Piccard en compagnie de MarieChantal Chassé à la COP24 de Katowice, en Pologne. Photo: Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Après un début difficile à la tête du ministère québécois de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, MarieChantal Chassé est en Pologne pour sa première mission internationale : la conférence des Nations unies sur le climat, la COP24, qui se tient dans la ville de Katowice.

    Un texte d'Étienne Leblanc, journaliste spécialisé en environnement

    Dans les corridors serrés de la COP24 au centre Spodek de Katowice, un petit attroupement de personnes bloque le passage. En s'approchant, on aperçoit l'explorateur suisse Bertrand Piccard, une véritable star depuis qu'il a fait un tour du monde à bord de Solar Impulse, un avion entièrement propulsé par l'énergie solaire. M. Piccard était en grande discussion avec… la nouvelle ministre québécoise de l'Environnement, elle-même issue du secteur aéronautique.

    Une rencontre impromptue au cours de laquelle Mme Chassé a voulu comprendre comment Bertrand Piccard arrivait à réunir investisseurs, environnementalistes et décideurs politiques autour d'un même projet relié aux technologies vertes.

    La ministre québécoise de l'Environnement, MarieChantal Chassé, avec Bertrand Piccard à la COP24.La ministre québécoise de l'Environnement, MarieChantal Chassé, avec Bertrand Piccard à la COP24. Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Pour sa première COP24, MarieChantal Chassé ne se sent pas trop dépaysée.

    Il y a des parallèles avec d'où je viens, dit-elle. Je suis une scientifique, une ingénieure, et j'ai eu une éducation où on valorisait beaucoup la science. Je suis passionnée pour comprendre ces enjeux.

    MarieChantal Chassé, ministre québécoise de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

    Après quelques jours à arpenter les longs corridors du centre Spodek de Katowice, MarieChantal Chassé y voit les avantages d'assister en personne à la conférence des Nations unies, en regard de la politique sur le climat qu'elle devra présenter éventuellement. « Je ne suis pas à vous confirmer des actions ou des façons de faire ici, mais je peux vous assurer que le plan est en train de se confirmer, dit-elle. Mon message n'est que plus précis, plus structuré, mieux nourri. »

    Climat, autoroutes et 3e lien

    C'est le baptême de MarieChantal Chassé à la COP24, où la rattrapent les critiques sur le 3e lien à Québec et l'élargissement d'autoroutes, le genre de projets dont on entend peu parler ici.

    En réponse à ces critiques, on la sent toujours hésitante, un peu irritée. Elle parle volontiers des bienfaits de l'électrification des transports, de l'argent supplémentaire que son gouvernement vient d'injecter afin d'aider les citoyens à se procurer une voiture électrique, du fait que le Québec jouit d'une excellente réputation dans les rencontres onusiennes sur le climat.

    Mais elle peine à justifier le fait que ces projets risquent d'augmenter le nombre de véhicules à essence sur les routes.

    Je pense à la maman qui a trois enfants et qui doit aller reconduire ses trois enfants au CPE, à l'école primaire, au second pavillon, qui doit travailler et qui est en région éloignée. Comment elle se sent si la seule alternative que je lui présente, c'est le transport en commun. Je veux aussi que cette maman sente qu'elle contribue à l'environnement.

    La ministre MarieChantal Chassé

    Elle dit craindre qu'en leur imposant des solutions trop radicales en matière environnementale, les citoyens se rebiffent même contre des solutions assez modérées.

    « On a du chemin à faire, dit-elle. Je dois m'assurer qu'on a une solution qui est possible pour chacun, que chacun fait de son mieux pour l'environnement, d'où il part dans sa réalité. Je veux le garder mobilisé dans son mouvement pour que le gouvernement ait le temps de mettre ces infrastructures-là en place. »

    La ministre est accompagnée en Pologne par le biologiste Jean Lemire, l'émissaire aux changements climatiques du Québec, un poste qu'avait créé Philippe Couillard en septembre 2017.

    Consensus social au Québec

    Mme Chassé a rencontré les groupes québécois qui sont présents à la COP24, dont plusieurs aux intérêts divers comme le Conseil du patronat, la FTQ, le Congrès du travail du Canada, Équiterre, ainsi que de nombreuses entreprises qui oeuvrent dans le domaine de l'économie verte.

    Selon ce qui a filtré de ces rencontres, ces groupes ont tous rappelé à la ministre que sur la question climatique, ils étaient sur la même longueur d'onde, qu'il y avait un consensus social sur cet enjeu.

    Sylvain Gaudreault, porte-parole en matière d'environnement pour la deuxième opposition, à la COP24.Sylvain Gaudreault, porte-parole en matière d'environnement pour la deuxième opposition, à la COP24. Photo : Radio-Canada / Etienne Leblanc

    Sylvain Gaudreault, porte-parole du Parti québécois en matière d'environnement, est aussi présent à Katowice. « Le gouvernement a toutes les cartes entre les mains pour prendre des décisions importantes, dit-il. C'est un gouvernement majoritaire, confortablement installé pour quatre ans, il y a un consensus social, il peut agir. »

    La ministre Chassé prend la mesure des promesses controversées que son gouvernement a faites en matière de transports. « Je parle au nom de l'ensemble de la population, dit-elle. Je ne peux pas nous mettre en contradiction, je dois trouver les sous-ensembles communs qui parlent à tous. »

    Souvent, on trouvera que nos décisions sont imparfaites, mais l'important, pour moi, c'est qu'elles nous amènent dans la direction du grand enjeu qu'on a de protéger l'environnement et chacun devra le faire à sa façon, mais devra le faire.

    La ministre MarieChantal Chassé

    MarieChantal Chassé affirme que son séjour à la COP24 aura permis de préciser sa pensée sur certains enjeux qui feront partie de la politique climatique qu'elle devra dessiner au cours des prochains mois.

    Le climat risque alors d'être un peu plus froid à l'Assemblée nationale.

    Changements climatiques

    Environnement