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La crise des opioïdes frappe les petites villes et les banlieues

Feuille d'érable avec des comprimés d'opioïdes
Un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé dévoile des données sur les hospitalisations associées aux opioïdes au pays. Photo: Radio-Canada

Les taux d'hospitalisation liées à une intoxication aux opioïdes atteignent des sommets dans les villes et les banlieues de 50 000 à 100 000 habitants, selon un rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). Le document, rendu public mercredi, révèle également que le nombre d'hospitalisations liées à la consommation de ce médicament a connu une hausse de 27 % au cours des 5 dernières années.

Un texte de Marie-Christine Bouillon

C’est dans l’ouest du pays que la crise des opioïdes se fait le plus sentir. La Colombie-Britannique a l’un des taux d’hospitalisation les plus élevés au Canada, soit 29,3 par 100 000 habitants en 2017, ce qui la place au troisième rang derrière le Yukon (31,8 par 100 000 habitants) et les Territoires du Nord-Ouest (33,7 par 100 000 habitants).

L’Alberta et la Saskatchewan se classent au quatrième et au cinquième rang, tout en enregistrant une baisse du nombre d’hospitalisations liées à ce type de médicament l’an dernier. Les provinces de l’est ont également connu une réduction du nombre d'hospitalisations, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, dont l’augmentation se situe autour de 16 %.

L'ICIS a utilisé des données recueillies entre 2013 et 2018 pour l'ensemble des provinces canadiennes, sauf le Québec où les données disponibles étaient celles de 2016. L'Institut n’a pas reçu les enregistrements du Nunavut pour les hospitalisations entre le 1er septembre 2016 et le 31 mars 2017. Pour le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, la différence de taux absolue n’est pas déclarée en raison des faibles volumes.

Selon l’ICIS, les diminutions par région du nombre de Canadiens qui doivent se rendre à l’hôpital après avoir consommé des opioïdes sont partiellement attribuables aux campagnes de sensibilisations pancanadiennes, provinciales et locales.

Malgré ces initiatives, l’Ontario connaît la hausse constante la plus marquée. Entre 2013 et 2018, le taux de visites aux services d’urgence à la suite d’une intoxication aux opioïdes a grimpé de 73 %. Le taux d’hospitalisation en 2017 (14,8 par 100 000 habitants) demeure tout de même en deçà de la moyenne canadienne, soit 16,4 par 100 000 habitants.

Types de problèmes liés aux opioïdes causant l’hospitalisation

  • Intoxication
  • Troubles liés à l’utilisation
  • Réactions indésirables aux médicaments
  • Symptômes de sevrage néonatal

Source : Institut canadien d'information sur la santé

De manière générale, les hospitalisations et les visites aux services d’urgence en raison d’une intoxication ou à des troubles liés à l’utilisation d’opioïdes sont en hausse, tout comme le nombre d’hospitalisations liées aux symptômes de sevrage néonatal. Quant aux hospitalisations et aux visites dans les services d’urgence en raison de réactions indésirables aux médicaments, elles sont en légère baisse.

La crise atteint les banlieues

Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas dans les grands centres urbains que la crise des opioïdes se fait le plus sentir. Le nombre d’hospitalisations liées à la consommation de ces médicaments, qu’ils soient prescrits ou de source illicite, est le plus important dans les collectivités et banlieues de 50 000 à 100 000 habitants.

Ainsi, Nanaimo, Prince George, la ville de Kelowna et Kamloops, en Colombie-Britannique, ainsi que la ville de Brantford, en Ontario, occupent les cinq premiers rangs pour ce qui est des visites à l’urgence en raison de consommation d’opioïdes.

Quant aux agglomérations de plus de 100 000 habitants, ce sont les régions métropolitaines de Kelowna, en Colombie-Britannique, la grande agglomération de Brantford et Thunder Bay, en Ontario, qui trônent tout en haut de la liste.

Bien que Vancouver enregistre le plus grand nombre d’hospitalisations liées aux opioïdes (536) en 2017, elle est reléguée au 9e rang des régions métropolitaines canadiennes qui affichent les taux d’hospitalisations les plus élevés au pays en raison de sa population nombreuse.

Quant à la ville la plus populeuse du Canada, Toronto, le taux est si bas (7,5 par 100 000 habitants) qu’elle ne figure même pas parmi les 15 premières villes de cette liste.

Une donnée est toutefois commune à toutes les provinces et collectivités, peu importe leur nombre d’habitants : ce sont les hommes de 25 à 44 ans qui affichent la croissance la plus rapide des taux d’hospitalisations et des visites aux services d’urgence liées à une intoxication aux opioïdes.

Crise des opioïdes

Santé