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La Commission scolaire de langue française de l'Î.-P.-É. tend la main au gouvernement

La Commission scolaire de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard tient à assainir ses relations avec le gouvernement provincial, qui n'ont pas été au beau fixe en 2018.

La Commission scolaire de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard tient à assainir ses relations avec le gouvernement provincial, qui n'ont pas été au beau fixe en 2018.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

Radio-Canada

La Commission scolaire de langue française (CSLF) de l'Île-du-Prince-Édouard adoucit le ton face au gouvernement. Après une escalade des tensions ces derniers mois, le président de l'organisme, Émile Gallant, se dit prêt à rétablir de saines relations avec la province.

Un texte de François Pierre Dufault

Perçue par le premier ministre Wade MacLauchlan comme la source de tensions entre le gouvernement et la communauté acadienne et francophone et appelée par la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA) à mettre de l'eau dans son vin, l'administration scolaire a décidé de lâcher du lest pour le bien des élèves de ses six écoles.

Les neuf commissaires de la CSLF ont discuté longuement à huis clos de la situation lors de leur rencontre mensuelle qui avait lieu à l'École Évangéline, mardi soir.

L'école située à Abram-Village se trouve d'ailleurs au coeur du conflit entre le gouvernement et la CSLF. En novembre, les libéraux à Charlottetown ont refusé de financer une rénovation en profondeur ou un remplacement du bâtiment construit dans les années 1960, reprochant à l'administration scolaire de mal communiquer à la province ses priorités en matière d'infrastructure.

Le projet de construction d'une nouvelle école Évangéline est estimé à plus de 20 millions de dollars par la Commission scolaire de langue française.

Le projet de construction d'une nouvelle école Évangéline est estimé à plus de 20 millions de dollars par la Commission scolaire de langue française.

Photo : Julien Lecacheur

Le président de la CSLF a dénoncé avec véhémence cette décision.

Les tensions ont culminé, au début de décembre, lorsque Wade MacLauchlan a accusé Émile Gallant, qui est d'allégeance progressiste-conservatrice, de jouer à des jeux politiques plutôt que de travailler dans le meilleur intérêt des écoles de langue française. Le premier ministre a invité du même souffle la communauté acadienne et francophone à s'interroger au sujet du leadership de la CSLF.

Refusant de commenter les propos du premier ministre à son égard, Émile Gallant dit qu'il est temps pour la CSLF et le gouvernement de mettre leurs différends de côté.

On veut travailler avec la province. C'est notre objectif. On est là pour les enfants. C'est ça qui est notre priorité.

Émile Gallant, président de la Commission scolaire de langue française de l'Île-du-Prince-Édouard

Le président de la CSLF ne dit pas si l'organisme envisage toujours de poursuivre le gouvernement provincial devant les tribunaux par rapport à l'utilisation de fonds fédéraux destinés à l'enseignement du français en milieu minoritaire. En avril dernier, l'administration scolaire a mis en demeure la province, l'accusant d'utiliser à mauvais escient près de 1 million de dollars par année.

Émile Gallant dit qu'il entend terminer son mandat à la présidence de la CSLF en juillet prochain, avant de passer le flambeau à un autre commissaire.

Lundi, la SSTA est sortie de son devoir de réserve pour demander, à la fois au gouvernement provincial et à la CSLF, de rétablir une réelle relation de travail, basée sur une communication constructive et positive. Il est très rare que l'organisme porte-parole de la francophonie insulaire intervienne de la sorte.

Depuis plusieurs semaines, la francophonie insulaire s’est retrouvée au cœur de l’actualité à plusieurs reprises, en grande partie à cause des échanges entre le gouvernement provincial et la CSLF, par médias interposés, qui n’ont pas toujours été productifs, affirme la SSTA dans un communiqué. Avec l’état actuel des relations entre la CSLF et le gouvernement provincial, ce sont finalement les élèves et tout le secteur de l’éducation en français de l’Île qui souffrent.

La SSTA serait prête à faciliter un rapprochement entre le gouvernement et la CSLF, selon la présidente de l'organisme, Colleen Soltermann, qui était présente à la rencontre de l'administration scolaire à Abram-Village, mardi soir.

Il y a deux incontournables au niveau de l'éducation en français. C'est important qu'une relation de travail se rétablisse pour qu'on puisse continuer à travailler sur la priorité qu'est l'éducation de langue française à l'Île.

Colleen Soltermann, présidente de la Société Saint-Thomas-d'Aquin

Émile Gallant dit que la CSLF est prête à travailler avec la SSTA afin d'ouvrir des portes, le plus possible, pour avoir des discussions avec la province. Il lorgne d'ores et déjà une part de l'enveloppe de 500 000 $ annoncée par le gouvernement pour faire l'évaluation des écoles les plus anciennes, dans l'espoir de faire inscrire l'École Évangéline dans le prochain budget provincial d'immobilisation.

Le ministre de l'Éducation, Jordan Brown, doit d'ailleurs visiter l'École Évangéline, lundi prochain, à la demande d'un groupe de travail communautaire mis sur pied pour faire avancer le projet du renouvellement de la plus vieille école de langue française de la province.

Île-du-Prince-Édouard

Éducation