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Theresa May survit à un vote de défiance

La première ministre britannique Theresa May soulagée par l'issue du vote de défiance au sein de son parti.
La première ministre britannique Theresa May soulagée par l'issue du vote de défiance au sein de son parti. Photo: Associated Press / Matt Dunham

La fronde de certains députés conservateurs n'aura pas eu raison de la détermination de Theresa May à rester à la tête du Parti conservateur et du gouvernement britannique. À l'issue d'un vote de défiance, la première ministre a obtenu le soutien de 200 députés parmi les 315 appelés à se prononcer.

Un vote majoritaire (au moins 158 des députés conservateurs) était requis pour que Mme May perde son poste de chef du Parti conservateur et, partant, celui de première ministre. Or, seulement 117 députés ont exprimé leur défiance lors du vote qui a eu lieu mardi, en soirée.

Ce vote, rendu possible après la collecte de 48 signatures de députés, était une réaction à la décision de Mme May de repousser le vote sur le projet d'accord conclu avec les Européens et définissant les modalités du divorce entre Londres et Bruxelles.

Dans une brève déclaration, Mme May s’est félicitée de l'appui manifesté à son égard, tout en disant avoir « écouté » les députés qui lui sont défavorables.

Dans la foulée de ce scrutin, nous devons continuer de travailler pour réussir le Brexit pour le peuple britannique et bâtir un avenir meilleur pour ce pays.

La première ministre britannique Theresa May

Cette victoire a été commentée autrement dans le camp adverse. Le député Jacob Rees-Mogg a parlé d’un « résultat terrible pour la première ministre », qu’il a invitée à « démissionner d'urgence ».

Abondant dans le même sens, le député Mark Francois a trouvé « dévastateur » le résultat du vote.

L’issue du vote « montre que la guerre civile chez les Tories (les conservateurs) sur le Brexit est loin d'être terminée », a écrit sur Twitter le député travailliste Keir Starmer.

Le président du « comité 1922 », Graham Brady, annonce les résultats du vote de défiance contre Theresa May. Le président du « comité 1922 », Graham Brady, annonce les résultats du vote de défiance contre Theresa May. Photo : Associated Press / Stefan Rousseau

En quête de concessions

Les détracteurs de Mme May, dont l’ex-chef de la diplomatie britannique Boris Johnson et l’ancien ministre responsable du Brexit Dominic Raab, rejettent notamment la clause de sauvegarde approuvée lors des négociations.

Cette clause, mal perçue par certains partisans dits « durs » du Brexit, vise à empêcher le retour à une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord.

Après d’âpres débats et constatant que la majorité à la Chambre des communes ne lui était pas acquise, la première ministre a décidé de retarder le vote au sujet de l'accord sur le Brexit. Elle a tenté alors d’obtenir des concessions auprès de ses interlocuteurs européens, dans l’espoir de calmer la grogne au sein de son parti.

Tout en exprimant son soutien à Mme May, la partie européenne a écarté l’éventualité de renégocier l’accord conclu après 18 mois de laborieuses tractations.

Combative, la chef des conservateurs a promis de tout faire pour rester en place. Elle a averti les conservateurs qui veulent en découdre avec elle que son éviction obligerait son successeur à repousser la date de sortie de l'UE.

« Un nouveau dirigeant n'aurait pas le temps de renégocier un accord de retrait et de le faire adopter au Parlement d'ici au 29 mars. De fait, une de ses premières décisions serait de prolonger ou d'abroger l'article 50, différant voire stoppant le Brexit, alors que nos compatriotes veulent que nous le poursuivions », a-t-elle expliqué.

Dans une tentative de désamorcer la crise, elle a fait savoir qu'elle ne se présenterait pas à sa propre succession en 2022, à l’occasion des élections générales en Grande-Bretagne.

D’ici là, elle doit assister au sommet des 27 (membres de l'UE) jeudi et vendredi à Bruxelles, avant d’affronter le vote aux Communes, qu’elle s’est engagée à tenir au plus tard le 21 janvier.

Avec les informations de Reuters

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