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Pas d'affaires en or grâce au 3e lien, prévient un économiste

Une projection du tunnel entre Lévis et Québec.

Une projection du tunnel entre Lévis et Québec

Photo : Graph-Synergie

Radio-Canada

Le troisième lien ne remplira pas toutes les promesses de développement économique que formulent ses promoteurs, prévient un professeur de l'Université Laval.

Un texte de Louise Boisvert

Il y aura un « déplacement de l'activité économique, mais pas de création nette à l'échelle de la région métropolitaine », a soutenu l'économiste Jean Dubé lors d'une conférence présentée mardi devant l'Association des économistes québécois

Pour le professeur à l'Université Laval, il ne fait aucun doute que l'argument économique défendu par le maire de Lévis exige quelques nuances. Il est vrai que Lévis va profiter de la construction d'un nouveau pont, mais probablement au détriment d'autres villes de la Rive-Sud.

L'économiste et professeur à l'Université Laval Jean Dubé lors d'une conférence à Québec en décembre 2018

Le troisième lien ne remplira pas toutes les promesses de développement économique que formulent ses promoteurs, prévient l'économiste Jean Dubé

Photo : Radio-Canada / Robert Asselin

De manière rationnelle, un troisième lien ne peut pas être la manne fabuleuse qu'on peut le croire.

Jean Dubé, professeur en développement régional, Université Laval

Des municipalités se retrouveront avec des installations vides et des revenus en moins, souligne le professeur Dubé

L'économiste estime aussi que l'activité économique de la grande région de Québec va se maintenir, peu importe la construction ou non du troisième lien.

Quand une entreprise prend une décision de localisation, elle se pose la question : "Est-ce que je vais dans la région métropolitaine de Québec?" Pas est-ce que je vais à Québec ou à Lévis?

Jean Dubé, professeur en développement régional, Université Laval

Il n'existe pas d'études sur les coûts de la congestion dans la grande région de Québec. Difficile d'établir avec certitude si le troisième lien pourrait améliorer la productivité.

Amplifier le problème

Il existe plusieurs exemples en Amérique du Nord qui démontrent que l'ajout de nouvelles voies ne règle pas le problème de congestion.

Jean Dubé cite le Katy Freeway, à Houston, une autoroute de 26 voies inaugurée en 2008. Il n'aura fallu quelques années avant que les automobilistes renouent avec les bouchons de circulation.

Plus près de nous, l'autoroute 30 dans la région de Montréal, ouverte à la circulation en 2012, devait permettre aux automobilistes de contourner l'île. Trois ans plus tard, la congestion fait partie du quotidien des automobilistes. Les résidents de l'agglomération montréalaise perdent 50 heures par année dans la congestion.

« Québec sera l'exception à la règle, peut-être », laisse tomber le professeur sur un ton sceptique.

Problème temporaire

Jean Dubé se demande si le troisième lien est la solution pour régler les problèmes de circulation.

« On envisage une solution permanente pour de la congestion qui survient aux heures de pointe essentiellement », affirme-t-il.

Il rejette du revers de la main l'idée selon laquelle l'infrastructure permettrait de détourner le trafic des poids lourds.

« Ce ne sont pas eux qui causent la congestion. Leurs déplacements tiennent déjà compte des heures de pointe. »

Et c'est sans compter tous les autres enjeux tels que la pollution, l'émission de gaz à effet de serre ou encore l'étalement urbain qui ne sont pas pris en compte dans les coûts liés à la construction du troisième lien.

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