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Le mystère plane autour du cellulaire de Richard Oland

La victime, Richard Oland.
Le cellulaire de Richard Oland est le seul objet qui ait disparu de son bureau le soir du meurtre. Il n'a jamais été retrouvé. Photo: Voile Canada
Radio-Canada

Le téléphone cellulaire de Richard Oland a retenu l'attention au 12ème jour du procès de son fils, Dennis Oland, pour meurtre non prémédité. L'enquêteur principal dans cette affaire, Stephen Davidson, a décrit les étapes pour tenter de retrouver le cellulaire de la victime au moment du meurtre.

Un texte de Catherine Allard

Il s’agit de l’un des aspects les plus déconcertants de cette affaire : où est le cellulaire de Richard Oland, le seul objet qui ait disparu de son bureau à la suite du meurtre? L’iPhone 4 n’a jamais été retrouvé et demeure l’une des pièces cruciales de la cause de la Couronne contre Dennis Oland.

Lors de son témoignage, le policier Stephen Davidson a expliqué avoir mené des tests pour retracer les appels et les messages textes reçus, afin de découvrir ce qui est arrivé au cellulaire. Nous avons fait des appels et des tests à Saint-Jean et à Rothesay.

Le cellulaire est particulièrement intéressant pour la Couronne en raison du dernier message reçu par l’appareil, avant sa disparition. À 18 h 44, le 6 juillet 2011, le cellulaire de Richard Oland a reçu un message texte de sa maîtresse. Le message texte a été reçu à partir d’une tour cellulaire qui se trouve à Rothesay, loin du bureau où la victime a été retrouvée morte, mais près de l'endroit où Dennis Oland a dit qu’il se trouvait à ce moment-là. Ces informations découlent du premier procès en 2015, et n’ont pas été dévoilées mercredi.

Dennis Oland a dit à la police qu’il a quitté le bureau de son père vers 18 h 30, le soir du meurtre, et qu’il s’est ensuite rendu au quai Renforth, près de la tour cellulaire en question et de sa résidence, afin de voir si ses enfants s’y trouvaient.

L’heure et le lieu de la réception de ce dernier message sont des éléments importants. Si le cellulaire est lié au meurtre et qu’il a disparu peu après 18 h 44, cela pose problème aux avocats de Dennis Oland qui basent une partie de leur argumentaire sur un témoin qui dit avoir entendu du bruit dans le bureau de Richard Oland, au centre-ville, entre 19 h 30 et 20 h.

Des tests pour en apprendre plus

La Couronne a longuement questionné le policier sur les tests qu’il a menés en mars 2012 pour comprendre le fonctionnement des tours cellulaires de la région.

Stephen Davidson a expliqué qu’il s’est procuré un téléphone similaire à celui de Richard Oland et qu’il a fait des tests pour voir quelle tour cellulaire allait renvoyer les appels, selon ses déplacements.

Le policier Stephen Davidson, de l'Unité des crimes majeurs, a mené la première partie de l'interrogatoire de Dennis Oland.Le policier Stephen Davidson, de l'Unité des crimes majeurs, a mené la première partie de l'interrogatoire de Dennis Oland. Photo : Radio-Canada

Il s’est rendu au bureau de Richard Oland, dans le centre-ville de Saint-Jean, sur la route entre Saint-Jean et Rothesay, ainsi que dans les alentours de la résidence de Dennis Oland et du quai Renforth. En tout, il a fait 59 appels. Une liste des appels a été déposée en preuve.

Stephen Davidson a également fait des tests afin de voir combien de temps il faut pour faire la route entre le bureau de Richard Oland et la résidence de Dennis Oland, en passant par le quai. Le policier a pris différentes routes, à différents moments de la journée, et affirme qu’il faut compter entre 11 et 16 minutes.

Rappelons que Dennis Oland dit avoir quitté le bureau de son père vers 18 h 30, et que le dernier message texte a été enregistré à 18 h 44, près du quai.

Des recherches dans la maison de Dennis Oland

Stephen Davidson a également expliqué avoir mené une perquisition dans la résidence de l’accusé, une semaine après la découverte du corps. Il cherchait un veston brun et un veston bleu, ainsi que des appareils électroniques.

Il a aussi mené des recherches dans le garage de la propriété. En raison des conclusions de l’autopsie, nous cherchions un instrument qui ressemble à un marteau et qui a un bout tranchant, a-t-il expliqué. L’arme du crime n’a jamais été retrouvée.

La défense croit que la perquisition de la résidence et les analyses médico-légales du veston ne sont pas valides, même si la Cour d'appel du Nouveau-Brunswick a déterminé que tout a été fait selon les règles. Cet enjeu pourrait éventuellement se rendre en Cour suprême du Canada, si Dennis Oland était reconnu coupable à l’issue de ce nouveau procès.

La défense devrait mener le contre-interrogatoire de Stephen Davidson jeudi.

Dennis Oland était un suspect dès le départ, dit Davidson

Stephen Davidson, de l'Unité des crimes majeurs, a mené une partie de l'interrogatoire de Dennis Oland quand celui-ci a fait sa déposition au poste de police à la suite du meurtre de son père. Lorsque Dennis Oland a quitté les lieux ce soir-là, après un interrogatoire de près de cinq heures, il était le principal et seul suspect dans cette affaire.

La façon dont l'interrogatoire s’est déroulé avec Dennis Oland, nous avons déterminé qu’il pouvait être un suspect. Nous n’avions pas d’arme du crime ou d’autre suspect en tête, a expliqué Stephen Davidson mardi.

Dennis Oland lors de l'interrogatoire de la police, le 7 juillet 2011, mené par le sergent Stephen Davidson. Dennis Oland lors de l'interrogatoire de la police, le 7 juillet 2011, mené par le sergent Stephen Davidson. Photo : Radio-Canada

La défense fonde une partie de son argumentaire sur le fait que la Force policière de Saint-Jean n’a eu qu’un seul suspect dès le début de l’enquête. Selon les avocats de Dennis Oland, les policiers pourraient avoir négligé certaines pistes et ainsi manqué des éléments clés relativement à l’enquête pour meurtre.

Stephen Davidson s’est rendu à la résidence des Oland le lendemain du meurtre, le 7 juillet 2011. Il a annoncé à la famille que Richard Oland était mort dans des conditions suspectes. Il cherchait aussi à obtenir des informations supplémentaires sur son style de vie.

Il se souvient que les membres de la famille étaient attentifs, pas très émotifs. La femme de Dennis Oland était la seule qui a semblé être bouleversée, de ce que j’ai vu, a-t-il dit.

Il a ensuite demandé aux membres de la famille de se rendre au poste de police afin de faire leur déposition. Dennis Oland a répondu qu’il irait plus tard, car il devait d’abord annoncer l’affreuse nouvelle à ses enfants.

Richard Oland, a été trouvé sans vie le matin du 7 juillet 2011 dans son bureau du centre-ville de Saint-Jean. L'homme d'affaires de 69 ans, ancien dirigeant de la brasserie Moosehead, a été battu à mort.

Son fils, Dennis Oland, a été inculpé de meurtre au deuxième degré en 2013. Il a été condamné en 2015, mais le verdict du jury a été annulé en appel en 2016, et un nouveau procès a été ordonné.

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