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50 % des Autochtones en milieu urbain affirment avoir été victimes de racisme dans les services publics

Deux femmes et un homme témoignent lors d'une commission d'enquête.
Le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec a présenté une étude qui avait pour objectif de démystifier les réalités des Autochtones qui vivent en milieu urbain. Photo: Radio-Canada / Mélanie Picard
Radio-Canada

Le Regroupement des centres d'amitié autochtones du Québec (RCAAQ) a livré sa plaidoirie mardi devant la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics. Leurs représentants ont notamment dévoilé les résultats d'une vaste étude qu'ils ont menée pour dresser le portrait des réalités autochtones en milieu urbain. Le président de l'organisme a aussi demandé une juste reconnaissance par le gouvernement de l'importance du travail effectué par les centres.

Un texte de Thomas Deshaies

Le RCAAQ a dévoilé devant la commission Viens les résultats d’une recherche où 1723 Autochtones provenant de 13 villes du Québec ont été amenés à s’exprimer sur leurs réalités en milieu urbain.

Au total, 57 % d’entre eux affirment avoir été victimes de racisme ou de discrimination par des travailleurs des services publics. Aucun des répondants ne considère que les services publics sont adaptés aux réalités et aux cultures des Autochtones, a également précisé devant la commission Viens la coordonnatrice à la recherche pour le RCAAQ, Audrey Pinsonneault.

Un tableau s'intitule « Inadéquation des services avec les cultures autochtones ».Ce tableau est inclus dans le rapport du Regroupement des centres d'amitié autochtone du Québec Photo : gracieuseté

L’existence de racisme et de discrimination à l’égard des Autochtones à l’intérieur du réseau de services publics est indéniable et extrêmement préoccupante.

Audrey Pinsonneault, coordonnatrice à la recherche, RCAAQ

Leur situation économique est aussi inquiétante; en effet 63 % d’entre eux affirment vivre avec un revenu pour le ménage inférieur à 20 000 $ par année, toujours selon Mme Pinsonneault.

Ils sont fortement judiciarisés, puisque 46 % déclarent avoir été en contact avec le système de justice. Mais ceux qui ont vécu une peine de détention de deux ans, c’est très minime, explique Audrey Pinsonneault. On est face à une population qui est très judiciarisée, mais qui n’a pas une problématique de criminalité très grave. C’est donc peut-être une problématique au niveau des services sociaux.

Un appel à une pleine reconnaissance des centres d’amitié

Le président du regroupement, Philippe Meilleur, estime que les centres d’amitié autochtone comblent beaucoup de trous des services publics. C’est ingrat de les laisser combler tous ces trous de services, ce n’est pas nécessairement leur rôle de trouver des solutions lorsqu’il y a des lacunes, déplore-t-il.

Un homme témoigne lors d'une commission d'enquête.Philippe Meilleur, président du Regroupement des Centres d'amitié autochtones du Québec Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Selon M. Meilleur, malgré l’expertise des Centres d’amitié autochtone, ils ne sont pas reconnus à leur juste valeur par le gouvernement du Québec.

Il a plaidé pour une pérennisation du financement. La collaboration avec ce même milieu public est possible et même nécessaire. Sans augmentation et stabilisation, la collaboration demeure sous pression, limitée et non durable, a-t-il conclu.

Philippe Meilleur a aussi recommandé qu’un organisme externe soit mis sur pied par l’Assemblée nationale du Québec afin d’assurer le suivi des recommandations de la commission Viens.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones