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Un portrait plus clair de la tuberculose au Manitoba grâce aux données

Doigt qui pointe un point particulier d'une radiographie des poumons
On recense environ 1600 cas de tuberculose chaque année au Canada. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Dans une province où les taux de tuberculose active sont les plus élevés au Canada, des chercheurs manitobains estiment que davantage de données sur les patients et un meilleur suivi de cette maladie potentiellement mortelle pourraient aider à enrayer la propagation.

Des chercheurs de l’Université du Manitoba se sont associés avec des Premières Nations pour analyser tous les cas de tuberculose rapportés au Manitoba entre 1999 et 2014.

Leur étude (en anglais), intitulée Exploration du traitement, de la gestion et de la prévention de la tuberculose dans les données administratives sur la santé du Manitoba (Nouvelle fenêtre), a examiné les données des patients provenant du registre provincial de la tuberculose et du référentiel de données de recherche sur la population du Manitoba.

« Les données nous en disent long sur les personnes atteintes de tuberculose au Manitoba et sur les services de santé que ces personnes reçoivent. Cependant, il y a encore matière à amélioration », a déclaré dans un communiqué l'auteure principale, Lisa Lix, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les méthodes de qualité des données de santé électroniques à l'Université du Manitoba.

« Pour la première fois de son histoire, le registre de la tuberculose provincial a été validé », ajoute Pierre Plourde, coauteur de l’étude, directeur médical des services intégrés de lutte contre la tuberculose et médecin hygiéniste de l’Office régional de la santé de Winnipeg.

Deux des principales conclusions de l’étude sont que le Manitoba doit mieux identifier et diagnostiquer rapidement la tuberculose, et que des fonds supplémentaires sont nécessaires pour la recherche et le renforcement des technologies de surveillance de la maladie dans la province.

La recherche a également montré des taux plus élevés de tuberculose dans les communautés du Nord et les membres des Premières Nations.

Tuberculose « dormante » problématique

La tuberculose active est une maladie pulmonaire contagieuse provenant d'une bactérie infectieuse qui peut se transmettre lorsqu'une personne tousse ou éternue.

Il y a aussi la tuberculose « dormante », ou latente. Les personnes qui vivent avec cette forme de maladie ne se sentent pas nécessairement malades et ne sont pas contagieuses, mais la maladie peut évoluer, faute de traitement, en une infection pouvant entraîner la mort.

L’étude a permis de démontrer que « ceux qui sont traités pour la tuberculose latente, seulement 60 à 70 % vont au bout de leur traitement. Ce n’est pas suffisant », insiste Pierre Plourde. Or, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme qu’il faut que plus de 80 % des patients atteints de la maladie latente, dans une région donnée, terminent le traitement pour arrêter efficacement la propagation. L’OMS a appelé les juridictions du monde entier à éliminer la tuberculose d’ici 2035.

Aller au bout du traitement

La recherche a également montré que les membres des Premières Nations chez lesquels une tuberculose latente avait été diagnostiquée avaient moins de chances de terminer le traitement que la population en général, et que le fossé s’est élargi en fonction de la durée prescrite du traitement.

« On va pouvoir maintenant vérifier si on peut améliorer [le nombre de personnes allant au bout de leur traitement] » explique Pierre Plourde.

Bases de données essentielles

Selon Lisa Lix, l'étude montre que des bases de données complètes sur les patients sont des outils de surveillance « essentiels » qui contribueront à éclairer les stratégies locales de soins de santé et à mettre fin à la tuberculose.

« Nous pouvons utiliser plus efficacement les données dont nous disposons pour identifier les patients atteints de tuberculose active et latente au Manitoba, et déterminer comment ils utilisent le système de santé », a-t-elle déclaré.

« Cela réduira le risque d'oublis ou de retard du diagnostic de la tuberculose, et permettra de prendre en charge rapidement les patients atteints de tuberculose », conclut-elle.

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