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analyse

Entre Trump et les démocrates, les hostilités sont lancées

Les trois politiciens sont assis, en plus du vice-président, devant les journalistes et semblent s'adonner à une joute verbale. Ils gesticulent et ont l'air découragés.
Le président américain Donald Trump rencontre Nancy Pelosi et Chuck Schumer dans le bureau ovale de la Maison-Blanche. Photo: Getty Images / Mark Wilson
Raphaël Bouvier-Auclair

ANALYSE - Les négociations tendues entre le président américain Donald Trump et les leaders démocrates dans le bureau ovale ont donné mardi un avant-goût des relations qui s'annoncent houleuses entre la Maison-Blanche et le Congrès au cours des deux prochaines années.

À Washington, les tractations politiques se font habituellement loin des caméras, derrière des portes closes.

Or, mardi, elles ont eu lieu en direct, devant le public américain. Pendant une quinzaine de minutes, le président Trump et les leaders démocrates au Congrès, Nancy Pelosi et Chuck Schumer, ont discuté vigoureusement devant les caméras à propos du projet de mur à la frontière avec le Mexique.

« Ce n’est pas une mauvaise chose, ça s’appelle de la transparence », a déclaré Donald Trump pendant cette discussion révélatrice de la dynamique politique qui s’installera dans la capitale américaine dès janvier.

Le but de ces négociations : éviter la paralysie partielle du gouvernement. Si le Congrès n’adopte pas un plan budgétaire d’ici le 21 décembre, certains services du gouvernement fédéral ne seront pas offerts, faute de financement.

Pour le président, ce plan doit contenir un élément clé : le financement du mur à la frontière américano-mexicaine, une promesse phare de l’élection présidentielle de 2016.

La Maison-Blanche exige 5 milliards de dollars pour construire ce fameux mur. Une demande qui se heurte à une fin de non-recevoir de la part des démocrates, plutôt favorables à un investissement de 1,3 milliard en sécurité frontalière.

Une voiture de type pick-up roule le long d'une barrière.Patrouille côté américain le long de la frontière avec le Mexique. Photo : La Presse canadienne / Russell Contreras

Or, le président l’a admis, il a besoin d’un coup de main de ses adversaires. Pour passer le cap du Sénat, le plan budgétaire doit obtenir l’appui de 60 sénateurs. Dans la disposition actuelle de la chambre haute, les républicains n’ont que 51 élus.

La confrontation captée par les caméras l’avait laissé présager : les leaders démocrates ont quitté la rencontre sans entente.

Bras de fer en vue

S’il est difficile pour la Maison-Blanche d’adopter un tel plan maintenant, imaginez en janvier.

Pour trois semaines encore, les républicains sont majoritaires dans les deux chambres du Congrès. À partir du 3 janvier, les démocrates reprendront le contrôle de la Chambre des représentants.

Après les élections de mi-mandat, des appels à la collaboration ont été lancés de part et d’autre, notamment dans des dossiers comme le prix des médicaments et les investissements en infrastructures. L’épisode de mardi est un rappel que pour d’autres enjeux cruciaux, comme la sécurité frontalière et l’immigration, le fossé demeure grand.

Surtout qu’à moins de deux ans d’élections présidentielles, des considérations partisanes s’invitent nécessairement dans les discussions.

Les démocrates veulent montrer qu’ils sauront jouer leur rôle d’opposition face au président. « Nous recevons une paralysie de la part de Donald Trump pour Noël », a ainsi lancé Nancy Pelosi, voulant faire porter l’odieux de l’affaire au président.

Donald Trump, lui, s’est dit « fier de paralyser le gouvernement pour la sécurité frontalière. Les citoyens de ce pays ne veulent pas de criminels », a-t-il affirmé, faisant écho à un enjeu très cher à sa base militante.

Au cours des deux dernières années, le président Trump n’a pas réussi à obtenir le financement désiré pour son projet de mur, et ce, même avec un Congrès contrôlé par les républicains.

En 2019, la tâche s’annonce encore plus difficile. Mais désormais, ce sont ses adversaires et non ses alliés que le président pourra blâmer.

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