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Les séropositifs mal représentés dans District 31, déplorent des organismes

Radio-Canada

La Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le SIDA (COCQ-SIDA) dénonce le traitement des personnes séropositives dans l'émission District 31, qualifiant les derniers épisodes d'« insulte à la lutte menée depuis tant d'années ».

Dans une missive de quatre pages acheminée à Radio-Canada télé et Aetios productions, l’organisme déplore que les personnes séropositives ont été présentées comme un danger pour la santé publique. La façon dont la criminalisation et la non-divulgation de la séropositivité ont été traitées dans les épisodes diffusés les 6 et 10 décembre dernier a choqué la Coalition.

District 31 a propagé de l’information préjudiciable et erronée sur le VIH et le droit entourant ses enjeux, soutient la COCQ-SIDA dans sa lettre dont Radio-Canada Estrie a obtenu copie.

Une intrigue présentée récemment dans l’émission présente une femme se sachant porteuse du VIH et qui ne fait pas part de son état à ses partenaires sexuels. Un passage où elle est qualifiée de tueuse en série par un autre personnage offusque particulièrement l’Arche de l’Estrie, un organisme communautaire de soutien aux personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Deux femmes, assises à une table, en entrevue avec Radio-Canada. Valérie Samson, intervenante à l’Arche de l’Estrie et Isabelle Bouchard, directrice de l’Arche de l’Estrie. Photo : Radio-Canada

Selon l’organisme, plusieurs nuances devraient être apportées afin d'éviter que les personnes séropositives soient identifiées comme un risque pour la population. Toute non-divulgation n'est pas automatiquement criminelle, nuance la COCQ-SIDA.

On ne parle pas du port du condom, du traitement, de la charge virale, ça aurait été de l’information très pertinente à diffuser, explique Valérie Samson, intervenante pour l’organisme estrien.

C’est que la personne qui est porteuse est automatiquement considérée comme criminelle. En fait, on ne fait pas la différence si la relation sexuelle a été protégée ou pas. Ce n’est mentionné qu’une seule fois sur six ou sept interventions, explique de son côté Isabelle Bouchard, directrice de l’Arche de l’Estrie.

Jean-Guillaume Blanchette, avocat criminaliste, abonde dans le même sens que les représentantes de l'Arche de l'Estrie.

« J'ai lu certains passages de l'émission [...] et effectivement il y a des choses qui sont un peu erronées en droit, relativement à l'obligation de divulger sa séropositivité », note Me Blanchette.

Lui aussi considère que le contenu manque de nuances concernant la criminalisation des rapports sexuels des personnes ayant le VIH/SIDA, notamment concernant la charge virale et le risque de transmission.

Une oeuvre de fiction

L’auteur de District 31, Luc Dionne, soutient s’être inspiré d’histoires vraies et de jugements de tribunaux pour ficeler son intrigue et a tenu à rappeler qu’il s’agit d’une oeuvre de fiction.

Pour ce qui est du diffuseur public, le premier directeur relations publiques et promotion à Radio-Canada, Marc Pichette, réitère que l'auteur s'est basé sur une jurisprudence large et complexe. Il déclare aussi qu' « on ne peut pas exiger d’une émission dramatique, et encore moins de personnages de fiction, d’aborder de tels sujets en explorant toutes leurs nuances. »

Il y a manifestement matière à débat, mais celui-ci trouvera mieux sa place dans une émission d’information.

Marc Pichette, premier directeur relations publiques et promotion à Radio-Canada

Le producteur Aetios productions n'a pas voulu commenter davantage l'affaire, transférant plutôt le dossier à l'auteur Luc Dionne et à Radio-Canada.

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