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Le déclin de Daech n’a pas entraîné de retour massif des combattants

Des soldats armés et vêtus de noir défilent dans une rue avec un drapeau noir.
Des soldats du groupe armé État islamique dans les rues de Raqqa, en Syrie Photo: Radio-Canada

« L'effritement progressif » du groupe armé État islamique ne s'est pas traduit par un retour massif des combattants au Canada, indique le ministère fédéral de la Sécurité publique dans son rapport annuel sur la menace terroriste. Le gouvernement ne s'attend pas à ce que la situation change au pays au cours des prochaines années.

« Il n’y a eu aucune augmentation ou changement significatif récent dans les activités des voyageurs à haut risque », a souligné le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, qui a présenté les grandes lignes du rapport aux médias mardi.

Pourtant, « il y a un an, dans la foulée de la défaite de Daech sur le champ de bataille et la chute de Raqqa en 2017, l’afflux soudain dans certaines régions du monde de voyageurs terroristes engagés dans des activités pernicieuses en Syrie, en Irak et en Turquie avait fait l’objet de nombreuses spéculations », a-t-il rappelé.

Dans son rapport, le ministère « ne s’attend pas » à ce que les Canadiens partis combattre à l'étranger reviennent en grand nombre au cours des prochaines années, invoquant les facteurs compliquant le retour des « voyageurs extrémistes canadiens » ou « VEC ».

Ces combattants n’ont souvent pas de documents de voyage valides, craignent une arrestation s’ils reviennent au pays, se font refuser l'embarquement sur des vols à destination du Canada ou s’engagent de façon continue envers Daech, sans oublier que certains ont été capturés ou sont morts, explique le rapport.

Le ministère estime qu’il reste à l’étranger environ 190 combattants ayant des liens avec le Canada, un nombre qui demeure stable.

Près de 60 personnes sont revenues au pays.

Le terrorisme sunnite, menace numéro un

Le ministère indique que le niveau national de la menace terroriste demeure « modéré », inchangé depuis octobre 2014. Cela « signifie qu'un attentat terroriste violent pourrait survenir », souligne le rapport.

« Il n’y a aucun enjeu ou aucun facteur qui justifie une révision du niveau de menace, selon les informations dont disposent le Canada et ses agences de sécurité et du renseignement », a expliqué le ministre Goodale, précisant que le niveau de menace faisait l’objet d’un suivi régulier.

« La principale menace terroriste pour le Canada continue de découler de personnes ou de groupes qui sont inspirés par l'idéologie et des groupes terroristes islamistes sunnites violents, tels que Daech et Al-Qaïda », précise le document.

Un « faible nombre » de Canadiens – moins que par le passé – continuent de vouloir se rendre à l'étranger pour appuyer des groupes comme Daech ou Al-Qaïda.

Les extrémismes chiite et sikh demeurent « préoccupants », ajoute le rapport. Même si les attentats reliés à ces mouvements au Canada ont été « extrêmement limités », certains Canadiens y contribuent en finançant des groupes extrémistes.

Le ministère se dit par ailleurs « préoccupé par les menaces que posent les personnes qui nourrissent des points de vue des extrémistes de droite », citant en exemple l'attaque au camion-bélier qui avait fait 10 morts et 14 blessés à Toronto plus tôt cette année.

L'attaque à la fourgonnette d'avril 2018 à Toronto nous rappelle que les actes violents stimulés par des points de vue extrémistes ne sont pas exclusivement reliés à une idéologie religieuse.

Extrait du rapport public de 2018 sur la menace terroriste pour le Canada

Le ministère de la Sécurité publique et de la Protection civile note en outre que le groupe armé État islamique « revendique faussement de plus en plus la responsabilité d'actes violents », y compris au Canada.

« Les personnes qui se réclament de groupes terroristes ou qui en sont inspirées emploient des tactiques simples et peu onéreuses (comme foncer dans une foule avec un véhicule) pour commettre des actes violents qui infligent des pertes massives et suscitent de la publicité et des réactions importantes », relève-t-on.

Le rapport rappelle aussi que les médias sociaux demeurent « un outil clé pour les personnes qui, au Canada et à l'étranger, souhaitent communiquer avec d'autres auteurs d'actes terroristes et violents ».

Aucune nouvelle poursuite en 2018

Certaines poursuites reliées à des accusations de terrorisme sont toujours en cours, mais aucune nouvelle poursuite n’a été déposée en 2018.

Le rapport invoque la difficulté à « recueillir les éléments de preuve nécessaires, surtout à l'étranger ».

« Les délais inhérents aux accusations pour terrorisme risquent parfois de compromettre des poursuites qui sont viables par ailleurs, étant donné qu'il faut poursuivre les accusés dans un délai raisonnable », notent les fonctionnaires, invoquant l’arrêt Jordan de la Cour suprême du Canada, qui établissait de nouveaux délais maximums pour obtenir un jugement.

Depuis 2013, 12 personnes ont été accusées d'infractions liées à des voyages à des fins terroristes, et 3 ont été condamnées.

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