•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les parlementaires disent au revoir à l'édifice de la Chambre des communes

Le reportage de Fannie Olivier
Radio-Canada

La fin de la session parlementaire à Ottawa marque un tournant important. Les députés quitteront jeudi l'auguste édifice du Centre pour au moins les 10 prochaines années, le temps que le cœur de la démocratie canadienne fasse peau neuve lors de travaux majeurs de réfection. Un moment solennel et nostalgique pour plusieurs.

Un texte de Mathieu Gohier

L'attachement des parlementaires à l'égard de l'édifice du Centre est évident. L'endroit est bien sûr chargé d'histoire, mais il est aussi devenu pour plusieurs un deuxième chez-soi.

Doyen des Communes, le bloquiste Louis Plamondon évoque avec émotion ses plus beaux souvenirs rattachés à l'édifice du Centre.

« Ça fait 35 ans que je suis ici, je me rends compte que le temps a passé vite et j'ai eu la chance de vivre des moments que peu de gens ont vécus au Canada. Connaître de grands personnages, assister à de grands discours, de grands débats », relate-t-il.

Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel l'admet sans détour, il s'ennuiera de l'édifice du Centre.

Depuis quelque temps, je sors de la période de questions et je vais faire un petit tour, voir les salles de réunion et ça me provoque beaucoup de mélancolie. C'est un endroit qu'on apprend à aimer, qui est beau, c'est une oeuvre d'art ce parlement.

Louis Plamondon, député du Bloc québécois
Le doyen de la Chambre des communes Louis Plamondon est profondément attaché à l'édifice du Centre. Le doyen de la Chambre des communes Louis Plamondon est profondément attaché à l'édifice du Centre. Photo : Radio-Canada

Les rénovations ont beau être prévues depuis longtemps, le président de la Chambre ne peut s'empêcher de toujours ressentir un pincement au cœur lorsqu'il évoque le déménagement de son superbe bureau lambrissé de boiseries.

« C'est un moment un peu triste, parce que c'est un endroit très spécial, c'est un bureau avec de l'histoire et des histoires », raconte Geoff Regan.

Le mot « histoire » est sur toutes lèvres lorsqu'on évoque ce déménagement qui n'a rien d'ordinaire. Des centaines de meubles patrimoniaux, de toiles et d'autres gravures seront minutieusement conservés durant le long chantier de rénovation. Des objets d'une grande valeur qui témoignent de l'histoire du pays.

Des choses qui nous rappellent des sacrifices des guerres mondiales, de nos militaires, des sacrifices aussi des gens du Canada pour bâtir ce pays, pour bâtir cette démocratie. Ces aspects doivent être gardés.

Geoff Regan, président de la Chambre des communes
Geoff Regan est assis dans son bureau, vêtu de son costume officiel de président.Le président de la Chambre des communes Geoff Regan, dans son bureau de l'édifice du Centre Photo : Radio-Canada

Pas l'unique lieu de démocratie pour Justin Trudeau

Tous les chefs de parti ont pris la parole mercredi en Chambre pour souligner le déménagement des Communes. Si Justin Trudeau admet que ce changement se fait avec une dose de nostalgie, il estime que l'édifice du Centre ou la Chambre des communes temporaire ne sont pas les réels berceaux de la démocratie canadienne.

« La démocratie ne réside pas ici, elle réside dans les actions de tous les Canadiens, y compris de leurs députés, qui œuvrent chaque jour pour un Canada meilleur, pour bâtir un monde meilleur », soutient le premier ministre.

Justin Trudeau a également tenu à rappeler la mémoire des députés Arnold Chan, Gord Brown et Mauril Bélanger, tous trois décédés au cours du présent mandat.

Pour sa part, le chef de l'opposition Andew Scheer a noté la riche histoire qui réside entre les murs de l'édifice du Centre.

« Derrière ces murs, nos prédécesseurs et nos ancêtres ont tracé le destin d'une nation », a-t-il déclaré.

Un défi logistique

Certains bureaux ont déjà été vidés, mais le déménagement des pénates de la Chambre des communes vers l'édifice de l'Ouest, tout juste adjacent, commence dès la fin des travaux, rappelle Geoff Regan.

« Pour les leaders, les whips, le premier ministre, le leader de l'opposition officielle, pour moi le président, etc., on devait attendre au dernier moment », souligne-t-il.

Un ballet bien orchestré suivra ensuite pour acheminer tous les meubles essentiels au bon fonctionnement des Communes, explique Dominic Lessard, le directeur adjoint des services numériques et des biens immobiliers de la Chambre.

« Premièrement, il faut qu'on déménage les pupitres et les meubles patrimoniaux de l'édifice du Centre vers l'édifice de l'Ouest. On planifie prendre au moins une semaine pour faire ces déménagements », explique-t-il.

Les pupitres de la Chambre des communes seront déménagés dans l'édifice de l'Ouest. Les pupitres de la Chambre des communes seront déménagés dans l'édifice de l'Ouest. Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Il s'agit d'un compte à rebours pour l'équipe responsable de la logistique puisque les députés siégeront dans la nouvelle Chambre dès la reprise des travaux le 28 janvier.

« Le plus gros défi, c'est vraiment le temps. Il nous reste à peu près six semaines avant que la Chambre siège. Il y a encore de la planification à faire, tous les bureaux des députés, il faut qu'ils emballent leurs affaires personnelles et il faut qu'on prépare tous nos services de manutention », ajoute Dominic Lessard.

La grande pièce est recouverte d'un toit de verre. L'un des murs intérieurs est fait de briques.La nouvelle Chambre des communes provisoire est située dans l'ancienne cour intérieure de l'édifice de l'Ouest, sur la colline du Parlement. Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Rendez-vous dans 10 ans

Ce n'est qu'après ce déménagement que l'immense chantier de réfection pourra s'amorcer. Retrait de l'amiante des murs, changement des tuyaux, remplacement du système électrique ou encore consolidation de la structure, tout sera rénové de fond en comble dans l'édifice du Centre pendant au moins 10 ans. Il s'agit du point culminant d'une série de travaux dans les bâtiments de la colline du Parlement.

Si plusieurs élus admettent qu'ils ne reviendront jamais dans l'édifice du Centre, Louis Plamondon, 75 ans, aimerait bien y retourner et pas n'importe comment.

« C'est ce que je souhaiterais le plus, j'aimerais ça voir le nouveau parlement à titre de député. »

Tous les élus sont réunis, debout, au centre de la Chambre des communes.Les élus ont pris une dernière photo de famille dans l'édifice du Centre mercredi, à Ottawa. Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Avec la collaboration de Fannie Olivier

Politique fédérale

Politique