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Chasse à l'homme à Strasbourg : la France passe en « urgence attentat »

Security forces secure area where a suspect is sought after a shooting in Strasbourg Photo: Reuters / Christian Hartmann
Radio-Canada

Le marché de Noël de Strasbourg, dans le nord-est de la France, a été le théâtre d'une attaque, mardi, qui a fait au moins 3 morts et 13 blessés. Les autorités, qui sont toujours à la recherche de l'auteur de la fusillade, ont resserré les mesures de sécurité.

Le plus récent bilan de la préfecture du Bas-Rhin, divulgué mercredi matin, fait état de 3 morts et 13 blessés, dont 8 se trouvent dans un état grave.

« La traque de cet individu, au moment où on se parle, se poursuit, [...] cette traque est difficile », a déclaré Laurent Nunez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur, au lendemain des événements sur France Inter.

À la question de savoir s'il avait pu quitter la France, il a répondu : « Ça ne peut être exclu. »

La veille, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a indiqué que le tireur demeurait introuvable après avoir « semé la terreur » dans trois points de la ville à partir de 19 h 50 (heure locale). L'individu en question est entré dans le périmètre du marché de Noël par le pont du Corbeau avant de se diriger vers la rue des Orfèvres et d'y faire « usage d'armes », a indiqué la préfecture du Bas-Rhin.

L'homme recherché est « très défavorablement connu des services de police en France et en Allemagne », a souligné le ministre de l'Intérieur.

La préfecture a fait savoir de son côté que l'assaillant est « fiché S », c'est-à-dire qu'il est considéré comme une menace potentielle à la sûreté de l’État. D'après les informations rapportées par des médias français, il s'agirait d'un homme de 29 ans, natif de Strasbourg.

Selon le représentant syndical Stéphane Morisse, de l'Unité SGP Police, le présumé tireur a été blessé par des soldats qui surveillaient le marché avant de prendre la fuite.

Les policiers s'étaient rendus plus tôt dans la journée au domicile du suspect pour l'arrêter, mais l'individu de 29 ans, qui serait radicalisé, n'y était pas, selon M. Morisse. Les policiers ont cependant trouvé des explosifs sur les lieux, a-t-il ajouté.

La police sécurise la zone, où un suspect est recherché après une fusillade à Strasbourg, France, le 11 décembre 2018La police sécurise la zone, où un suspect est recherché après une fusillade à Strasbourg, France, le 11 décembre 2018 Photo : Reuters / Christian Hartmann

La France en niveau « urgence attentat »

Un important dispositif sécuritaire a été déployé et 350 policiers et gendarmes sont toujours mobilisés sur le terrain pour tenter d'appréhender le suspect. Ils sont appuyés par deux hélicoptères ainsi que les troupes d'intervention du RAID et de la BRI, en plus de la force Sentinelle, appartenant à l'armée française. « Des moyens supplémentaires sont en cours d'acheminement », a expliqué le ministre.

Il a annoncé aussi que le plan Vigipirate a été placé au niveau « urgence attentat ». Cette mesure exceptionnelle prévoit notamment des contrôles renforcés aux frontières et dans l'ensemble des marchés de Noël du pays pour « éviter le risque de mimétisme ».

Même si le suspect demeure en cavale, Christophe Castaner a confirmé la levée des mesures de confinement, qui étaient en vigueur pendant plusieurs heures. Les victimes ont toutes été réorientées vers les centres hospitaliers de Strasbourg, ont indiqué les autorités.

Les écoles, collègues et lycées de Strasbourg seront ouverts mercredi, alors que leur fermeture avait été évoquée auparavant.

Les autorités ont toutefois demandé aux citoyens de rester vigilants et de suivre les consignes de sécurité. La ville est quadrillée par les forces de l'ordre, a avisé la préfecture du Bas-Rhin.

Le préfet a annoncé que « tout rassemblement statique ainsi que toute manifestation étaient interdits jusqu'à nouvel ordre sur l'ensemble du territoire de la commune ».

Enquête pour terrorisme

Le bureau du procureur de la France a annoncé l'ouverture d'une enquête terroriste sur les événements. C'est la section antiterroriste du parquet de Paris qui mène l'opération, qui porte sur des meurtres et des tentatives de meurtre relativement à une organisation terroriste.

La Ville de Strasbourg a annoncé que le marché de Noël sera fermé mercredi et que tous les spectacles prévus dans les équipements culturels seront annulés. Le maire Roland Ries a également décidé de mettre en berne les drapeaux et de proposer un registre de doléances aux citoyens.

« Strasbourg est par excellence une ville symbole de la paix et de la démocratie européennes. Des valeurs que nous défendrons toujours. La Commission se tient aux côtés de la France », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

Zone sécurisée des forces de sécurité où un suspect est recherché après la fusillade à Strasbourg.Quelque 350 policiers et gendarmes sont mobilisés pour tenter d'appréhender le suspect. Photo : Reuters / Christian Hartmann

Les réactions fusent

L’attaque a été condamnée par plusieurs dirigeants à travers la planète.

Dans un message sur son compte Twitter, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a adressé ses condoléances aux familles des victimes de l’attentat. « Nos valeurs et nos traditions ne seront jamais vaincues par des actes aussi lâches », a-t-il ajouté.

Le premier ministre du Québec, François Legault, s'est lui aussi dit « profondément attristé » par cet « acte de terreur ».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé ses pensées à l'égard des victimes du drame.

« Strasbourg est par excellence une ville symbole de la paix et de la démocratie européennes », a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

Theresa May, première ministre britannique, s’est déclarée « choquée et attristée de la terrible attaque à Strasbourg ».

Avec les informations de Reuters, et Associated Press

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