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Des débris dérangent à Saint-Eugène

Un tas de débris enneigé.
Des débris de construction et de démolition s'accumulent depuis plusieurs mois sur un terrain situé dans le Canton de Hawkesbury-Est. Photo: Radio-Canada / Denis Babin
Radio-Canada

L'accumulation de débris de construction et de démolition sur un terrain situé au sud du village de Saint-Eugène, dans le canton de Hawkesbury-Est, suscite beaucoup de questions depuis quelques mois.

Un texte de Denis Babin

Le sujet a tout récemment rebondi devant le conseil municipal à la suite d’une plainte d’un citoyen, Jacques Tranchemontagne.

Mon inquiétude, c’est que c’est tout près de chez moi. […] Est-ce qu’il y a du [sol] contaminé? S’il y a du [sol] contaminé, ce n’est pas bon pour les puits [d’eau potable], ce n’est pas bon pour personne, lance l'ancien conseiller municipal qui a travaillé toute sa vie dans le secteur de la construction.

Un homme sur le terrain d'une ferme, l'hiver.Jacques Tranchemontagne s'est plaint, au conseil municipal, de l'amoncellement de débris. Photo : Radio-Canada / Denis Babin

Le terrain en question est exploité par François Charlebois, un camionneur de Sainte-Anne-de-Prescott, depuis environ six mois. En septembre dernier, il a dévoilé ses intentions au conseil, soit de mettre en oeuvre un projet de recyclage de déchets de construction et de démolition.

On va créer de 12 à 15 emplois minimum. On attend 40 000 tonnes [par année]. [Ce sont] six camions par jour qui vont venir livrer. On veut recycler à peu près de 95 à 98 % [des matières] comme du bois, du plastique, le métal, indique M. Charlebois.

Celui-ci indique vouloir offrir un service clé en main, allant de la récupération des déchets à leur transformation en nouveaux produits.

Le bois, on veut [en] faire du paillis. […] On peut faire de la litière pour les animaux. Le plastique, on a une grosse demande pour mettre dans l’asphalte. […] Les métaux, on va [les] envoyer aux récupérateurs de scrap.

François Charlebois

Le promoteur est catégorique : le site ne traitera pas de sols contaminés.

Aucune terre contaminée. Aucune pierre, sable ou ciment. Ce sont juste des matériaux secs. [Le ministère de l'Environnement] est venu faire son inspection [le mois dernier]. On a des choses […] à respecter, précise-t-il.

La charrue avant les bœufs

Selon François Charlebois, le projet va nécessiter un investissement de 1,2 M$ provenant essentiellement d’intérêts privés. Cette mise de fonds doit notamment permettre de faire l'acquisition du terrain et de modifier les bâtisses qui s’y trouvent.

La nouvelle compagnie, FCB Products, prévoit officiellement ouvrir ses portes ce printemps, lorsque les autorisations nécessaires du ministère de l’Environnement de l’Ontario et du Canton de Hawkesbury-Est auront été obtenues.

Or, la démarche du promoteur soulève plusieurs interrogations, affirme Jacques Tranchemontagne.

La municipalité aurait dû, avant que le « stock » rentre là, […] faire des démarches pour que [les promoteurs] s’installent, qu’ils [mettent] des convoyeurs. […] Le projet aurait dû être mis sur pied avant que le « stock » se mette à rentrer. [Les élus] ne se sont pas pris de la bonne manière. […] Ils ont mis la charrue en avant des bœufs, pense l’homme de 69 ans.

La municipalité devant un fait accompli

Si François Charlebois dit ne pas avoir cru bon d’avertir le conseil municipal avant d’entamer ses activités l’été dernier, c’est parce qu’il était convaincu que le zonage initial du terrain convenait à un tel usage.

Lorsqu’on a loué le terrain, on a vu que c’était un zonage industriel. […]. À force d’avancer, le monde a commencé à jaser. Il a fallu aller à la municipalité pour s'assurer que nous étions conformes, ajoute le promoteur.

Finalement, à la suite de plaintes de citoyens, la municipalité a forcé la compagnie FCB Products à mettre fin au déchargement de déchets sur la propriété afin de lui permettre de se conformer.

[Les déchets ont] été mis là sans la connaissance du conseil. Aussitôt qu’on a [su] que c’était là, on l’a arrêté. On a averti [M. Charlebois] de ne plus emmener [de déchets]. […] Ce n’est définitivement pas décidé, ce qui va arriver. Il faut voir le [plan d’implantation du projet], tient à préciser le maire de Hawkesbury-Est, Robert Kirby.

Tout ce que souhaite Jacques Tranchemontagne, c’est que les contribuables de Hawkesbury-Est ne se retrouvent pas devant une mauvaise surprise.

Si le projet va de l’avant, bien les tas [de déchets] vont baisser. Ils vont les nettoyer. Mais si le projet ne va pas de l’avant, qui va être responsable de sortir le matériel de là? Qui va payer pour ça? […] Les contribuables? S’il y a du [sol] contaminé, tout le monde sait que le prix est très élevé pour nettoyer, conclut M. Tranchemontagne.

Le ministère de l'Environnement de l'Ontario n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

Ottawa-Gatineau

Politique municipale