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Comment se porte l’industrie canadienne du fromage après un an de libre-échange avec l’Europe?

Des fromages québécois et européens.
Des fromages québécois et européens Photo: Radio-Canada / Daniel Thibeault
Radio-Canada

Maintenant que l'accord économique avec l'Union européenne a un an, l'industrie fromagère canadienne se heurte à une nouvelle concurrence. Mais les consommateurs, eux, profitent de meilleurs prix sur les fromages importés et d'une offre plus diversifiée. Où se situe le juste équilibre?

Un texte d’Alain Roy, de L’épicerie

Avec la ratification de cet accord économique, les importations de fromages européens pourraient à terme représenter à elles seules 4 % du marché canadien. Cela pourrait se traduire par des pertes éventuelles de revenus de plus de 1,5 % pour les producteurs locaux, avant même que le Partenariat transpacifique et l’accord économique avec les États-Unis et le Mexique n’entrent en vigueur.

Si l’industrie fromagère ne peut pas encore mesurer avec précision l’impact de cette nouvelle réalité, les consommateurs ont peut-être déjà remarqué de nouvelles variétés de fromages, de l’emmental, du gouda ou du brie importés. Et si ce n’est pas de nouvelles variétés, ce sont des approvisionnements plus réguliers qui ont permis d’éviter les ruptures de stocks tout au long de l’année.

On voit des fromages disposés sur une table. Certains arborent un drapeau québécois, un autre un drapeau français et un autre un drapeau espagnol.Une sélection de fromages québécois et européens Photo : Radio-Canada

Et bonne nouvelle pour les consommateurs, « non seulement le prix de détail des fromages ne devrait pas augmenter, mais en plus, il pourrait même baisser dans certaines catégories », selon Charles Langlois, PDG du Conseil des industriels laitiers du Québec.

L'importance de se distinguer

Dans l’industrie fromagère, ce sont surtout les grandes et les moyennes entreprises qui subissent la pression de la nouvelle concurrence. « Pour une fromagerie de volume moyen comme Bergeron par exemple, qui se spécialise dans d’excellents goudas, rivaliser avec des goudas d’origine vendus à plus bas prix la met dans une situation précaire, précise M. Langlois. Bergeron doit donc renforcer sa marque, développer des produits qui se distinguent, que le consommateur va reconnaître et demander. »

On voit une meule de fromage Bergeron.Le Bergeron classique Photo : Radio-Canada

Pour les plus petites fromageries, celles qui fabriquent les produits fins très nichés et distinctifs, l’augmentation des importations ne devrait pas entrer en concurrence directe avec elles. « On est dans un secteur très pointu et à petit volume », explique Suzanne Dufresne, copropriétaire de la Fromagerie au gré des champs.

« On est quelques-uns à faire des fromages au lait cru, fermiers, bios, voire uniques. Alors, même si de très bons fromages fins sont importés dans la même catégorie, l’important est de continuer à se distinguer et ne pas s’asseoir sur ses lauriers. Ce sont surtout les fromages industriels importés d’Europe qui vont exercer une pression sur les fromageries industrielles canadiennes, parce qu’ils coûtent moins cher au détail », nuance-t-elle.

Gros plan sur le fromage.La Bête-à-Séguin, de la Fromagerie de l'Île-aux-Grues Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Qu’ils proviennent de petites, de moyennes ou de grandes fromageries, les fromages européens se vendent généralement moins cher au détail que les fromages canadiens, entre autres parce que le lait qui sert à leur fabrication coûte moins cher que le lait d’ici.

Baisser les coûts de production des fromages canadiens pour les vendre au même prix que les fromages européens ne pourrait donc se faire sans compromettre leur qualité. « On ne veut pas avoir des fromages de moins bonne qualité parce qu’on veut avoir des prix concurrentiels », explique Stéphane Bergeron, directeur de la mise en marché et de l’approvisionnement chez IGA/Sobeys. « Les consommateurs aiment les fromages d’ici pour leur qualité, leur goût et leur saveur uniques, ajoute-t-il, et on ne veut pas que ça change. »

Le reportage de Caroline Gagnon et Johane Despins est diffusé à l’émission L’épicerie, mercredi, à 19 h 30, à ICI Radio-Canada Télé.

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