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Discussions au café avec les « amis » du vice-premier ministre Robert Gauvin

Le Tim Hortons de Shippagan, où le politicien Robert Gauvin va souvent faire son tour les dimanches matin.
Le Tim Hortons de Shippagan, où le politicien Robert Gauvin va souvent faire son tour les dimanches matin. Photo: Radio-Canada / René Landry

Le vice-premier ministre et député progressiste-conservateur de Shippagan-Lamèque-Miscou, Robert Gauvin, a souvent cité l'opinion des clients de la chaîne de cafés Tim Hortons pour appuyer les siennes.

Un texte de René Landry

Pour illustrer qu'à son avis il n'y a pas de tensions linguistiques au Nouveau-Brunswick, Robert Gauvin a fait référence à ses discussions dans les Tim Hortons.

Le politicien appuie son chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, favorable à l'embauche d'ambulanciers unilingues anglophones qui apprendraient le français par la suite. Moi, quand je vais au Tim Hortons les dimanches matin, il n'y a personne qui me parle de ça, a-t-il dit. Le monde dit qu'il faut que les ambulances sortent.

Un groupe d'hommes discutent de politique au Tim Hortons de Shippagan dans la bonne humeur.Un groupe d'hommes discutent de politique dans la bonne humeur au Tim Hortons de Shippagan. Photo : Radio-Canada / René Landry

Au sujet de la collaboration entre le parti hostile au bilinguisme, l'Alliance des gens, et les progressistes-conservateurs, Robert Gauvin a lancé : Il y en a qui disent qu'on a un drôle de mariage, bien c'est moi le curé.

Cette blague et les références à la chaîne de cafés bien connue ont fait dire au juriste Michel Doucet que Robert Gauvin est le curé des Tim Hortons de Shippagan.

Les ouailles

Oh! Ça, c'est une déclaration gratuite, s'exclame Gilles Hébert, qui savoure son café avec ses amis, au Tim Hortons de Shippagan.

Michel Doucet nous passe un message à nous aussi, dit Vincent Robichaud.  On vient ici tous les jours. On serait comme les ouailles de l'évêque; ce n'est pas vrai, ça.

On voit bien que Robert Gauvin semble profiter d'une sorte de lune de miel avec l'électorat de sa circonscription.

Robert Gauvin devant l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.Robert Gauvin devant l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Gilles Hébert, électricien à la retraite, admet qu'il a voté pour le libéral Wilfred Roussel à l'élection provinciale de 2014. Mais il ne tarit pas d'éloges envers le fils de l'ex-député et ministre conservateur de Shippagan-Lamèque-Miscou, Jean Gauvin.

On voit Robert assez régulièrement, assure-t-il. Depuis son élection, tous les samedis ou dimanches, il est ici au Tim Hortons. Il est très, très proche des gens. En ce qui me concerne, il est encore plus proche des gens que son père l'était. Quand il entre ici, au Tim Hortons, il fait le tour et parle à tout le monde, peu importe l'allégeance politique.

Marcel McGraw ajoute son grain de sel. On le voit souvent, dit-il. Il était ici hier. Il est bon, le jeune, il n'y a pas de problème. Il fait ce qu'il peut, il voyage, il essaie. Peut-être qu'un jour on ne le verra plus, mais entre-temps, il est là.

L'humour et les petits secrets

Ces clients du Tim Hortons de Shippagan estiment tellement Robert Gauvin qu'ils sont prêts à pardonner des erreurs de débutant de l'ancien comédien et humoriste et applaudissent son sens de l'humour.

Il a le sens de l'humour, la première qualité d'un politicien ou de n'importe quelle personne, va jusqu'à dire Vincent Robichaud.

Mais ses blagues pourraient-elles lui causer des difficultés? Oh non, répond du tac au tac Vincent Robichaud. Il pense tout ce qu'il dit. Il a l'air de penser ce qu'il dit. S'il n'a pas de malchance, il va faire un grand politicien. Mais le public est dur parfois.

Vincent Robichaud, Gilles Hébert et Marcel McGraw.Vincent Robichaud, Gilles Hébert et Marcel McGraw Photo : Radio-Canada / René Landry

Les électeurs de Shippagan-Lamèque-Miscou aiment cet accès au vice-premier ministre de la province, au Tim Hortons du coin. Il nous dit ce qui se passe à Fredericton, ce que le premier ministre fait, affirme Gilles Hébert. Il nous dit de petits secrets.

Robert m'a l'air à l'aise jusqu'à présent, constate Vincent Robichaud. Il le dit lui-même qu'il aime ça. Peut-être qu'il n'a pas encore été salé.

C'est trop frais pour les critiques

Avec la situation précaire du gouvernement progressiste-conservateur à Fredericton, les clients dans les cafés s'attendent à revoir leur élu régulièrement. C'est vrai que c'est comme si la campagne électorale ne s'est pas terminée, en raison de la situation, analyse Gilles Hébert. Les six prochains mois seront cruciaux.

Plusieurs électeurs de Shippagan-Lamèque-Miscou sont donc fiers de leur député, seul Acadien au sein du gouvernement progressiste-conservateur. C'est comme s'ils détenaient tous, par extension, cette « balance du pouvoir ».

Et pour ce qui est des critiques envers le député de Shippagan-Lamèque-Miscou, peut-être faudra-t-il prendre les pouls dans un autre café pour les entendre. Ce n'est donc pas étonnant que Robert Gauvin parle de ses amis du Tim Hortons.

Non, il n'y a pas de critiques, tranche Marcel McGraw. C'est encore trop frais. Peut-être que ce sera différent dans un an.

Si les électeurs de Shippagan-Lamèque-Miscou peuvent mettre un élu provincial sur un piédestal, ils peuvent aussi s'en lasser, qu'il soit ou non vice-premier ministre. En 1991, la vice-première ministre libérale Aldéa Landry a été défaite, tout comme l'a été le conservateur Paul Robichaud, en 2014, lui aussi vice-premier ministre.

Nouveau-Brunswick

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