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Une crèche contemporaine fait réagir à l'oratoire Saint-Joseph

Le reportage d'Anne-Louise Despatie
La Presse canadienne

Que feraient Joseph et Marie si Jésus était né à l'époque actuelle? Selon une œuvre exposée à l'oratoire Saint-Joseph, ils auraient pris un égoportrait en faisant le signe de la paix.

Cette représentation controversée de la naissance du Christ qui est présentée à l’oratoire Saint-Joseph de Montréal affiche plusieurs caractéristiques de notre ère, allant de la technologie à l’individualisme.

Joseph et Marie posent à côté du petit Jésus pour un égoportrait, peut-être pour signifier aux autres parents que leur fils est extraordinaire parce qu’il est le fils de Dieu.

Près de la crèche, qui est dotée de panneaux solaires, sont placés trois hommes sur des véhicules électriques monoplaces, qui tiennent des boîtes ayant une étrange ressemblance avec celles du géant américain du détail Amazon.

On peut voir aussi l’aubergiste, qui selon l’histoire biblique loue la crèche à Joseph et à sa femme enceinte, qui fixe un écran et porte des écouteurs.

La conservatrice du musée, Chantal Turbide, a reconnu que cette représentation ne plaisait pas à tous.

« Les sentiments sont partagés », a admis Mme Turbide, dont le musée est situé à l’intérieur de l’oratoire sis au haut du mont Royal.

L’œuvre s’est révélée si controversée que le musée a dû installer un avertissement pour calmer les visiteurs mécontents.

Le musée se dit conscient que l’interprétation de cette crèche « soulève des commentaires ». « Loin d’être irrévérencieuse, cette crèche est destinée à nous faire sourire et à reconnaître que l’artiste illustre ici une scène moderne à partir d’un thème séculaire », peut-on lire.

Dans le cadre d’une exposition permanente, l’oratoire Saint-Joseph présente environ 1000 représentations de la crèche originaires d’environ 100 pays, a indiqué Mme Turbide.

Cette crèche « hipster », comme elle l’a baptisée, avait été exposée pour la première fois en 2017.

Adaptation aux différentes cultures

Bien que cette œuvre puisse provoquer – par exemple, on peut voir sur l’épaule nue de Marie une bretelle de soutien-gorge – il est normal que la crèche soit interprétée différemment dans le monde selon les cultures, a souligné Mme Turbide.

Elle a mentionné l’exemple d’une œuvre en Afrique, dans laquelle le boeuf et l’âne habituels sont remplacés par une girafe et un zèbre.

« Celle-ci n’a pas d’âne », mais « elle a une vache qui porte l’étiquette 100 % biologique », a remarqué Mme Turbide.

François Trudel, un visiteur âgé de 74 ans, a beaucoup apprécié l’œuvre. Cette scène démontre bien que Jésus demeure vivant pour l’éternité, selon lui.

Dinara Salaeva, une jeune femme de 27 ans de Toronto, n’était toutefois pas du même avis.

« Je suis agnostique, mais je respecte tout ce qui est lié à la Bible », a-t-elle soutenu. « Alors quand je vois cela, je trouve que ce n’est pas nécessairement pour se moquer, mais peut-être que c’est un peu irrespectueux pour les croyances des autres. »

Grand Montréal

Croyances et religions