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Le gaz et le pétrole canadien sont de plus en plus polluants, selon un rapport

Une cheminée crache de l'épaisse fumée.
L'industrie du gaz et du pétrole produit plus du quart des émission de gaz à effet de serre au pays, selon Environnement Canada. Photo: Associated Press / Darryl Dyck
Radio-Canada

L'industrie pétrolière canadienne émet aujourd'hui plus de gaz à effet de serre (GES) pour chaque baril produit qu'en 1990, selon un nouveau rapport publié par des groupes environnementaux. Sa croissance éloigne le Canada de ses engagements climatiques déjà trop modestes, indique le document.

Le Canada vit dans un monde parallèle s’il croit pouvoir atteindre ses cibles de réduction de GES sans ralentir sa production de pétrole et de gaz naturel. C’est essentiellement le message de Stand.Earth et Environmental Defence.

Les deux organismes à vocation environnementale ont profité des négociations environnementales des Nations unies qui se déroulent présentement en Pologne pour sonner l’alarme.

L'industrie pétrolière et gazière est la plus grosse émettrice de GES au pays. C'est aussi celle qui grandit le plus rapidement.

Selon le rapport, les GES émis pour la production d’un baril de pétrole canadien n’ont pas diminué durant les 28 dernières années. Elles ont plutôt augmenté de près de 10 %.

« Si le gouvernement fédéral et les provinces n’ont pas le courage de se tenir debout devant les lobbys, les Canadiens n’auront pas l’avenir climatique sécuritaire qu’ils méritent », affirme Dale Marshall, gestionnaire du programme climatique national du groupe Environmental Defence.

Lors de l'Accord de Paris, le Canada s'était engagé à réduire ses émissions de GES de 30 % d’ici 2030. Cet accord avait pour but d’essayer de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Or, les estimations récentes prévoient que cette température sera atteinte dès 2030.

« C’est simplement injuste qu’on permette une augmentation aussi importante des émissions du secteur pétrolier et gazier pendant que les autres secteurs et les citoyens canadiens font tout le travail », estime Dave Marshall.

Selon le rapport publié aujourd’hui, les cibles du Canada devraient être deux fois plus ambitieuses qu’elles le sont présentement. Si le pays continue dans la même voie, il n’atteindra même pas ses cibles actuelles.

« Le monde remarque la contradiction entre le désir du Canada d’être un champion du climat et ses investissements continus dans les combustibles fossiles », affirme Catherine Abreu, directrice générale de Réseau action climat Canada.

L’Association canadienne des producteurs pétroliers a qualifié le rapport d’« effort ciblé par un groupe d’intérêt qui s’intéresse seulement à [son] industrie ».

« Nous avons été très actifs et environnementalement responsables », a rétorqué le directeur du climat, Patrick McDonald.

À l’occasion des discussions en Pologne, la ministre canadienne de l’Environnement, Catherine McKenna, a affirmé qu'elle était prête à prendre des engagements climatiques plus ambitieux lorsque ceux de Paris arriveront à échéance, en 2020.

Alberta

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