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Québec prié de mettre la Ville de Chambly sous tutelle

Le Mouvement citoyen de Chambly et le parti Démocratie Chambly ont cosigné une lettre adressée à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest.
Le Mouvement citoyen de Chambly et le parti Démocratie Chambly ont cosigné une lettre adressée à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest. Photo: Radio-Canada / Olivier Bachand
Radio-Canada

Le Mouvement citoyen de Chambly et le parti Démocratie Chambly, qui forme l'opposition à l'hôtel de ville, ont formulé une demande conjointe pour que le gouvernement du Québec procède à une mise en tutelle de la Ville de Chambly et qu'il autorise une enquête publique élargie.

Un texte de Yannick Donahue

Ces groupes ont exprimé leur demande dans une lettre adressée à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, document qui a été rendu public mardi, lors d’un point de presse.

Le Mouvement citoyen de Chambly et Démocratie Chambly ont décidé de se tourner vers Québec à la suite de la séance du conseil municipal du 4 décembre au cours de laquelle ils s’attendaient à ce que l’administration municipale dirigée par le maire Denis Lavoie prenne « acte des préoccupations de la population ».

Ils déplorent que les requêtes des citoyens soient demeurées sans réponse.

Dans leur lettre, les deux organisations invoquent une série de raisons pour justifier leur démarche : escalade des dépenses juridiques, gestion inadéquate des ressources humaines, tensions au sein de l’appareil municipal, situation d’apparence de conflits d’intérêts et cafouillage dans le dossier de la démolition de la maison Boileau.

Enquête approfondie

Par voie de communiqué, l’équipe de Démocratie Chambly déclare : « Loin d’être rassurés par l’attitude et les réponses fournies par le parti au pouvoir, nous croyons fermement qu’il faut, à Chambly, une intervention rapide, avant que la situation ne coûte encore plus cher à la population ».

Le parti d’opposition estime qu’une enquête plus large que celle demandée par Québec à la Commission municipale, il y a quelques semaines, est nécessaire.

Quant à la démolition de la Maison Boileau, Démocratie Chambly qualifie ce dossier de « désastre ».

« Non seulement, la destruction a été justifiée par un rapport autoproduit par la direction générale, mais les détails expliquant le déroulement de la prise de décision sont troublants et incohérents. Les témoignages d’élus et de fonctionnaires se contredisent et, malgré l’avis juridique produit à la demande de la Ville après les faits, il nous apparaît que plusieurs règles de sécurité de base n’ont pas été respectées », déplore le parti.

Intimidation

De son côté, le Mouvement citoyen de Chambly (MCC) dénonce dans un communiqué les « méthodes d’intimidation et de brimades de la liberté d’expression » de l’administration actuelle.

« Nous avons documenté 28 mises en demeure envoyées par la Ville, son maire ou son administration à des citoyens depuis 2005. Nous sommes persuadés qu’elles sont plus nombreuses », affirme le MCC.

L’organisation accuse l’administration municipale de contrôler l’information et d’intimider pour faire taire.

À la lumière d’une enquête qu’il a menée, le MCC soutient que les employés de la Ville se font maltraiter. « Ils subissent du harcèlement, de l’intimidation, des congédiements injustes, des griefs qui perdurent », est-il écrit dans leur communiqué.

De plus, le MCC s’oppose à la « loi du silence » qui règne dans la municipalité. « Chaque fois que nous posons des questions sur des sujets qui nous intéressent, nous nous heurtons à un mur opaque », décrie-t-il.

Démocratie Chambly croit que les citoyens de Chambly méritent d’avoir l’heure juste. « La population réclame des réponses provenant d’un organisme neutre et impartial, c’est pourquoi nous faisons appel à la ministre et à son gouvernement », explique-t-il.

Il faut suivre les étapes, dit la ministre

Il est trop tôt pour parler d'enquête publique ou de tutelle, a répondu la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest.

« Il y a une gradation d'interventions à faire, dit-elle. Il faut attendre les résultats [de l'enquête demandée à la Commission municipale]. Si les résultats ne sont pas concluants, on va aller vers une enquête publique. Et après ça, il y a la tutelle, mais on n'est pas rendu à la tutelle avec la Ville de Chambly », a-t-elle indiqué.

Elle a également précisé qu'une éventuelle tutelle devrait être validée par le Conseil des ministres.

Grand Montréal

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