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Arrêt de production temporaire à Cap-Chat et Biencourt pour le Groupe Lebel

Travailleurs dans une scierie.
Travailleurs à la scierie de Cap-Chat Photo: Radio-Canada / Lisa-Marie Bélanger

L'entreprise de sciage Groupe Lebel annonce un arrêt de production dans les usines de Cap-Chat, en Gaspésie, et de Biencourt, dans le Témiscouata. Il s'agit d'une fermeture temporaire, assure le président-directeur général de l'entreprise, Frédéric Lebel.

Frédéric Lebel explique cette décision par la chute rapide et prononcée des marchés du bois, tant canadien qu’américain, depuis la mi-août. Même si le marché s’est amélioré un peu depuis les dernières semaines, on n’a pas d’indication que les prix vont revenir à des niveaux plus viables pour nous, explique-t-il. Donc, on a dû regarder comment faire pour réduire la production, et l’usine de Cap-Chat est arrivée en premier parce qu’elle est la plus éloignée.

Il espère pouvoir reprendre les activités en mai. L’arrêt de production touche 20 employés à Cap-Chat et 29 à Biencourt.

La scierie du Groupe Lebel à Cap-Chat.La scierie du Groupe Lebel à Cap-Chat Photo : Radio-Canada

Les coûts de production sont assez élevés à Cap-Chat, malgré tout le travail qu’on a fait au cours des dernières années pour l’amener là où elle devrait être.

Frédéric Lebel, président-directeur général du Groupe Lebel

Quant à l’usine de Biencourt, M. Lebel dit qu'elle est assez vieille, ce qui justifie sa fermeture, selon lui. Il mentionne aussi que son entreprise n’est pas la seule au Canada à annoncer des fermetures. Il y a aussi de nos concurrents de l’Ouest canadien, précise-t-il.

Avec la nouvelle machine, la classification se fait de façon automatique.À l'usine de Squatec, le Groupe Lebel a récemment automatisé ses équipements. Photo : Radio-Canada

Les élus songent déjà à trouver d'autres débouchés pour l'usine d'ici la réouverture prévue au printemps.

La mairesse de Cap-Chat, Marie Graton, a déjà amorcé des discussions. Moi, ce que je voudrais bien, c'est m'organiser pour que la biomasse qui est accumulée là-bas ait une deuxième vie, et on travaille les projets en ce sens-là, mais on en est au tout début.

Le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, aimerait aussi trouver des solutions pour assurer la rentabiliter l’usine de Cap-Chat et éviter sa fermeture lors des moments difficiles. Je ne pense pas qu’on puisse la rentabiliser à long terme en ayant uniquement des activités de sciage, dit-il.

Il faut voir ce qu’on pourrait faire avec les écorces et avec les copeaux, par exemple, comment on peut donner une valeur ajoutée à cette usine-là. C’est ça qu’il faut faire.

Allen Cormier, préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie
Au volant d'un véhicule lourd.Clovis St-Pierre, travailleur à l'usine du Groupe Lebel à Cap-Chat Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Des travailleurs de Cap-Chat, Clovis Saint-Pierre et Daniel Lamarre, ont été surpris de cette annonce faite à quelques jours de Noël. D'autant plus que l'investissement de 1 million de dollars, il y a trois ans, devait assurer la rentabilité de l'usine.

Ça surprend, parce qu’on parlait même un bout de temps d’ouvrir un nouveau quart de travail, disent-ils. Ils espèrent que l’usine rouvrira au printemps.

Mille personnes travaillent pour le Groupe Lebel.

Baisse du pouvoir d'achat chez les Américains

Luc Bouthillier est professeur de politique forestière à l'Université Laval.Luc Bouthillier est professeur de politique forestière à l'Université Laval. Photo : Radio-Canada / Regis Desrosiers

Le professeur en foresterie à l’Université Laval, Luc Bouthillier, confirme qu’il y a une diminution importante du prix du bois. Selon lui, le ralentissement est généralisé au pays.

Le pouvoir d’achat des Américains diminue, explique-t-il. Les taux d’intérêt ont augmenté et les Américains ont moins les moyens de s’acheter des maisons.

Luc Bouthillier croit que des changements importants devraient être effectués pour maintenir le marché québécois. Plutôt que de n’exporter que des planches, il faudrait offrir des produits plus transformés, des maisons usinées par exemple, propose-t-il.

Selon le professeur, il faudrait être devin pour savoir combien de temps cette baisse des prix du bois va durer. Il ajoute que le conflit du bois d’œuvre n’aide pas non plus.

D'après les informations de Jean-François Deschênes

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie forestière