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Formation des camionneurs : une veuve continue de solliciter Marc Garneau

Un camion, arrêté sur le bord d'une route, les portes ouvertes et entouré d'autres véhicules.

La veuve d'un camionneur promet de ne pas cesser son combat tant qu'il n'y aura pas de changements.

Photo : GRC

Radio-Canada

Pattie Fair-Babij, dont le mari est mort l'an dernier au volant de son poids lourd, continue son combat pour que la formation des camionneurs relève désormais de la responsabilité du gouvernement fédéral. Elle entend remettre une pétition au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

« Les gens ont peur de conduire sur nos autoroutes. C’est assez fondamental. Allons-nous en discuter pendant des années ou allons-nous faire quelque chose », demande la femme originaire de la Colombie-Britannique.

Son mari, Stephen Babij, est mort en mars 2017. Treize mois plus tard, sa veuve a lancé un cri du cœur après la tragédie des Broncos de Humboldt en Saskatchewan. Elle implore maintenant Ottawa de s’occuper de la formation des conducteurs plutôt que de laisser cela entre les mains des provinces.

Une coiffeuse a besoin de plus de formation que quelqu’un qui conduit un semi-remorque à travers le Canada.

Pattie Fair-Babij

Sa pétition a recueilli plus de 1200 signatures. Pattie Fair-Babij prévoit la donner au ministre Garneau.

Son combat est loin d’être fini, promet-elle : « Le changement est une évidence. Je n’arrêterai pas tant que les changements n’auront pas été apportés. »

« Chaque province réagit - ou ne réagit pas - de manière différente, et ça n’a aucun bon sens. Ces camions voyagent à travers le Canada. C’est donc une question fédérale, pas provinciale », poursuit-elle.

Invité par CBC à réagir aux propos de Pattie Fair-Babij, Marc Garneau n’était pas disponible pour une entrevue. Un responsable de son bureau a toutefois mentionné par courriel que le ministre allait rencontrer ses homologues provinciaux à ce sujet en janvier.

Le responsable a ajouté qu’il était « en faveur de la formation obligatoire », mais qu'il ne pouvait pas dire si le fédéral allait assumer cette responsabilité.

« Ça n’a aucun sens », dit un professeur

Le professeur de génie civil de l’Université du Manitoba, Ahmed Shalaby, déplore que le Canada ait des règles strictes pour les voyages en avion, en train et en bateau, mais que, « pour une raison quelconque », il laisse le soin aux provinces de gérer tout ce qui a trait aux semi-remorques et aux autres poids lourds.

« Ça n’a aucun sens », affirme celui qui estime que les gouvernements provinciaux devraient accepter de se retirer immédiatement au profit du fédéral.

Selon Ahmed Shalaby, les États-Unis et l’Europe ont une longueur d’avance sur le Canada. « Nous avons des conditions dangereuses sur la route aujourd’hui. Il s’agit de problèmes très graves. Un camionneur qui prend le volant sans la formation dont il a besoin est fondamentalement un danger pour tout le monde. »

Un homme assis près d'une fenêtre.

Stephen Babij est décédé en mars 2017.

Photo : Pattie Fair-Babij

Quant à Alexander Crizzle, professeur à l’Université de la Saskatchewan, il a récemment mené une étude auprès de 250 camionneurs de longue distance dans laquelle il leur a posé des questions sur la nutrition, le stress, le sommeil, la charge de travail et la sécurité routière.

Celui qui est également employé par l’École de santé publique de l’Université de Regina a déclaré que les camionneurs désirent eux-mêmes que la formation nationale soit obligatoire.

Avec environ 300 000 camionneurs de longue distance travaillant aujourd’hui au Canada, une formation adéquate pourrait sauver de nombreuses vies.

Alexander Crizzle

Saskatchewan

Société