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Un tribunal interdit la vente de certains iPhone en Chine

Une photo montrant une publicité pour des téléphones de Huawei devant un magasin Apple en Chine.

La tension est vive en Chine, après l'arrestation d'une dirigeante de Huawei au Canada et de sa possible extradition vers les États-Unis.

Photo : Reuters / China Stringer Network

Agence France-Presse

Les magasins Apple en Chine continuaient mardi de commercialiser des iPhone en dépit de l'interdiction de vente prononcée par un tribunal local. Cette injonction survient à l'heure où la marque à la pomme affronte un feu de critiques nationalistes dans le pays dans le sillage de l'affaire Huawei.

Selon le géant américain de semi-conducteurs Qualcomm, le tribunal intermédiaire de Fuzhou a ordonné à quatre filiales chinoises d'Apple de cesser la vente et l'importation de la plupart des modèles d'iPhone. Avec ceux-ci, l'entreprise est accusée par Qualcomm de violer certains de ses brevets.

Toutefois, les magasins Apple contactés par l'Agence France-Presse (AFP) à Pékin, à Shanghai et à Fuzhou lui ont assuré qu'ils continuaient de proposer pour la vente les appareils concernés, confirmant un communiqué de l'entreprise.

Apple a indiqué vouloir utiliser tous les moyens légaux pour se défendre. De leur côté, des employés d'un magasin Apple de Pékin ont précisé n'avoir reçu aucune directive interne au sujet de l'injonction du tribunal.

« Si l'interdiction s'imposait, il n'y aurait plus de produits Apple à moins de 6500 yuans (1260 $ CA) en Chine », indique à l'AFP Wang Xi, analyste du cabinet IDC. De quoi laisser libre cours aux fabricants chinois de téléphones, à commencer par Huawei, souligne ce spécialiste.

Ce revers judiciaire, nouvel épisode dans une longue bataille qui oppose Apple à son compatriote Qualcomm, survient alors que les iPhone sont la cible en Chine d'un vif ressentiment nationaliste après l'arrestation au Canada d'une dirigeante de Huawei, à l'instigation des États-Unis.

Celle-ci, Meng Wanzhou, est soupçonnée de complicité de fraude visant à contourner les sanctions américaines contre l'Iran. Pékin a violemment dénoncé un traitement « inhumain », à l'unisson d'une vaste campagne d'indignation des médias officiels chinois.

Cette situation, par contrecoup, alimente une vague de réactions nationalistes très hostiles à Apple sur la populaire plateforme de microblogues chinoise Weibo : « Et si la Chine fermait ses portes à Apple, de la même manière que les États-Unis proscrivent Huawei? » se demande un internaute.

Plusieurs entreprises technologiques chinoises ont emboîté le pas : Chengdu RYD Information Technology, firme techno du sud-ouest, a promis à ses employés des « récompenses » s'ils achetaient des appareils Huawei, selon une notice interne divulguée en ligne et confirmée par l'entreprise sur son compte officiel de messagerie WeChat.

De même, la Chambre de commerce de Nanchong à Shanghai a confirmé offrir des subventions à ses employés désireux d'acquérir un téléphone Huawei et qu'au contraire, les employés et dirigeants utilisant des produits Apple risquaient de « perdre leur poste ».

Longtemps très populaire en Chine, Apple a dégringolé au cinquième rang des vendeurs de téléphones sur ce marché stratégique, dépassé par l'essor fulgurant des fabricants locaux – Huawei, Xiaomi et les nouveaux venus Oppo et Vivo – selon le cabinet IDC.

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