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Cinq plaintes contre Gilbert Rozon ne mèneront pas à des accusations criminelles

Les explications de Pascal Robidas

Les plaintes d'au moins cinq femmes qui ont accusé Gilbert Rozon, fondateur du Festival Juste pour rire, dans la foulée du mouvement #MoiAussi ne mèneront pas à des accusations criminelles, selon les informations obtenues par Radio-Canada, mardi.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) rencontrait mardi des femmes qui ont porté plainte contre l'ex-magnat de l'humour. Dans au moins cinq dossiers, les preuves seraient insuffisantes.

Les rencontres, qui se déroulent depuis lundi en compagnie d'enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), visent à informer ces femmes du statut de leurs plaintes déposées il y a 15 mois contre l'homme de 64 ans.

« Par respect pour les personnes impliquées dans le processus de rencontre, lequel se poursuivra au-delà de la journée de mardi, le DPCP ne communiquera les informations publiques qu'au terme de ce processus », a déclaré par courriel le porte-parole du DPCP, Jean Pascal Boucher, mardi matin.

Les enquêtes sont terminées depuis le mois de mai, mais les procureurs doivent maintenant se prononcer sur la pertinence de déposer des accusations au regard de la preuve amassée.

Des dossiers complexes

Une trentaine de plaintes auraient été déposées contre M. Rozon, mais certaines n’ont pu être traitées par le SPVM, puisque les faits reprochés se sont déroulés à Paris.

Or, le service de police montréalais n’a aucune compétence pour intervenir en France.

Autre difficulté dans ce dossier : dans plusieurs cas, les événements se seraient produits il y a de nombreuses années. L’absence de « matériel direct », comme des analyses sanguines ou des prélèvements médicaux, est un autre élément qui complexifie le travail du DPCP, selon Guy Ryan, ex-inspecteur du SPVM.

De plus, le recours collectif entrepris au civil complique également les choses pour les procureurs, puisque les victimes alléguées pourraient avoir communiqué entre elles avant un éventuel procès criminel. M. Ryan expliquait à Radio-Canada, en mai dernier, qu’une telle supposition pourrait être considérée comme une « contamination de la preuve » et ainsi en alourdir le fardeau.

En octobre 2017, le quotidien Le Devoir et la chaîne de radio 98,5 publiaient les témoignages de neuf femmes qui racontaient avoir été harcelées ou agressées par Gilbert Rozon. Certaines présumées victimes ont par la suite porté plainte au SPVM.

« Les Courageuses » réclament 10 millions

En matière civile, une action collective autorisée par la Cour supérieure du Québec le 22 mai dernier se poursuit. Les plaignantes, qui se surnomment « Les Courageuses », réclament 10 millions de dollars à M. Rozon, qu’elles accusent d’avoir abusé d'elles.

Selon le groupe, M. Rozon aurait fait au moins 20 victimes sur une période de 34 ans, de 1982 à 2016, ce que réfute fermement le producteur déchu.

La comédienne Patricia Tulasne, qui est la représentante du groupe des Courageuses, a d'ailleurs confirmé mardi, lors d'un bref entretien téléphonique avec La Presse canadienne, qu'elle rencontrera un procureur plus tard en journée et que les avocats des plaignantes feront ensuite part de leur réaction.

Mme Tulasne, qui est la seule personne identifiée jusqu'ici parmi les Courageuses, ne fera aucun commentaire pour le moment.

Du côté de Gilbert Rozon, la firme de communication qui le représente, Public stratégies et conseils, a fait savoir qu'il n'y aurait pas de commentaire non plus.

Avec des informations de Pascal Robidas

Avec les informations de La Presse canadienne

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