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500 $ pour une cigarette : les théâtres du Québec appelés à se mobiliser pour modifier la loi

La pièce Conversations avec mon pénis est présenté au théâtre Premier Acte. Une femme déguisée en pénis discute avec un homme.
La cigarette a été fumée lors d'une représentation de la pièce Conversations avec mon pénis, au théâtre Premier Acte. Photo: CathLanglois Photographe

« On tolère de montrer des meurtres, mais on ne tolère pas la fumée d'une fausse cigarette dans un théâtre au Québec. »

Un texte d’Alain Rochefort

Le directeur général du théâtre Premier Acte, à Québec, Marc Gourdeau, appelle les théâtres et festivals du Québec à s’unir pour réclamer une modification de la loi en vigueur, qui prévoit une amende d'environ 500 $ pour la consommation de « tout produit qui ressemble à une cigarette et qui dégage de la fumée dans un lieu public ».

Ce constat d’infraction, Premier Acte le recevra vraisemblablement dans les prochains jours. À la suite d’une plainte - probablement d'un spectateur -, deux inspectrices se sont présentées à la représentation de la pièce Conversations avec mon pénis le 3 décembre dernier au théâtre de Québec.

Après avoir constaté la consommation d’une « fausse » cigarette par un comédien, les inspectrices sont intervenues auprès du théâtre, qui recevra une amende, comme le rapporte le quotidien Le Soleil.

« Seul Premier Acte a été mis à l’amende. Les inspectrices ont fait preuve d’indulgence envers le comédien. Je ne leur en veux pas. Elles ont fait leur travail à la suite d’une plainte », explique Marc Gourdeau.

« Une fausse cigarette »

Pour le directeur général, ce n’est pas l’application de la loi qui pose problème, mais bien son libellé, c’est-à-dire les termes dans lesquels elle est rédigée.

« Une cigarette de théâtre, c’est de la sauge, donc c’est totalement inoffensif, déplore-t-il. On met ça dans notre sauce à spaghetti. Ça dégage de la fumée. »

À moins d’avis contraire, fumer n’est pas encore illégal. Si c’était une vraie cigarette, on comprendrait, mais là.

Marc Gourdeau, directeur général de Premier Acte

Payer une amende « absurde »

Premier Acte a l’intention de s’acquitter de l’amende, malgré « son absurdité ».

« On tire à blanc dans certaines pièces de théâtre. On fait semblant de tuer des gens, ça, c’est toléré, mais d’utiliser un artifice qui est une cigarette totalement inoffensive, ça, ce n’est pas toléré. Ça pose un peu problème », ajoute Marc Gourdeau.

Cet événement n’est pas sans rappeler ce qui s’est produit l’année dernière au Trident, également mis à l'amende pour une cigarette fumée sur scène. Et Marc Gourdeau est d’avis que d’autres contraventions du genre seront remises ailleurs.

« Pour l’instant, c’est arrivé uniquement à Québec, mais à un moment donné, ça va arriver à Montréal aussi, ça va arriver aussi dans les grands festivals de théâtre qui accueillent des spectacles étrangers, où la consommation de cigarette sera peut-être plus grande, selon l’histoire qu’on raconte. »

Marc Gourdeau espère que des collègues se joindront à lui pour qu’il y ait un amendement « qui reflète le bon sens ».

L’utilisation de la cigarette a par ailleurs été retirée des représentations de Conversations avec mon pénis pour éviter des frais supplémentaires. La pièce était à l'affiche du théâtre Premier Acte du 27 novembre au 7 décembre.

Société