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Une héroïne de l'écrasement de Fond-du-Lac se confie

Une femme dans un décor hivernale, avec des lunettes et les cheveux clairs, elle parle devant un micro de CBC News
L'agente de bord Jenny Tait a offert une entrevue, près d'un an après l'écrasement d'avion. Photo: Radio-Canada

Près d'un an après l'écrasement d'un avion à Fond-du-Lac, dans le nord de la Saskatchewan, une agente de bord qui a aidé les passagers à évacuer l'avion revient sur l'accident qui causé la mort d'une personne et qui a fait neuf blessés.

Selon son patron, le PDG de l'entreprise West Wind Aviation, Jenny Tait a agi comme une héroïne. « Blessée, elle a quand même réussi à ouvrir la porte et à faire évacuer la majorité des passagers. Elle est restée avec eux jusqu’à ce que les sauveteurs arrivent sur les lieux. Jenny a fait un travail incroyable », d'affirmer Michael Rodyniuk.

Le 13 décembre 2017, un des avions de la compagnie, un ATR 42-320, s’est écrasé peu de temps après le décollage. Lors de l'impact au sol, Jenny Tait a été blessée, notamment à une jambe et à la main. Autour d'elle, il y avait 22 passagers qui devaient sortir de l'appareil, mais une paroi effondrée de l'avion en bloquait les portes de sortie.

L'agente de bord raconte qu'elle a donné de nombreux coups avec sa jambe indemne pour dégager la sortie et permettre aux passagers et à son équipe de se réfugier à l'extérieur, pour s'occuper des personnes blessées.

Ça fait vraiment du bien de savoir que j'ai bien fait mon travail. Si je pouvais retourner en arrière, je ferais exactement la même chose.

Jenny Tait

Un an plus tard, Jenny Tait travaille toujours pour West Wind Aviation et trouve qu'elle est bien entourée, bien qu'elle soit toujours en réadaptation. Elle planifie changer de carrière et effectuer des études à l'Université des Premières Nations du Canada.

Selon Jenny Tait, le travail des agents de bord est primordial dans un avion et elle souligne le fait que ses collègues et elle reçoivent des formations chaque année pour s'assurer d'être en mesure d'aider les passagers en cas de danger.

l'avion écrasé sur les lieux de l'accidentLa scène à Fond-du-Lac après l'écrasement, survenu peu de temps après le décollage. Photo : Bureau de la sécurité des transports du Canada

West Wind Aviation dit avoir « tiré les leçons »

La compagnie aérienne a annoncé la mise en place d'un nouvel appareil servant à dégivrer les avions, puisqu'elle a été critiquée à ce sujet à la suite de l'écrasement.

« Nous avons tiré les leçons de cet évènement. Nous ne serons plus jamais dans une telle situation », a déclaré Michael Rodyniuk, qui est devenu PDG de l’entreprise 10 mois après l’accident.

Un passager de 19 ans, Arson Fern fils, a succombé à ses blessures deux semaines après l'accident. Neuf autres personnes ont également été blessées.

Actuellement, le Bureau de la sécurité des transports (BST) prépare le rapport final au sujet de l'accident, mais il a déjà affirmé que l’avion n’avait pas été dégivré, malgré la présence de glace. Les experts du BST avaient qualifié de « complètement inadéquat » le matériel de dégivrage trouvé à l’aéroport. La responsabilité du dégivrage est du ressort des exploitants aériens, selon le ministère de la Voirie et de l'Infrastructure de la Saskatchewan.

Pendant les cinq mois qui ont suivi l’accident, le ministre des Transports du Canada avait suspendu le certificat d'exploitation aérienne de la compagnie aérienne, en raison d’un grand nombre de « faiblesses dans le système de contrôle opérationnel ».

Michael Rodyniuk soutient que « de nombreuses améliorations ont été apportées », citant notamment une nouvelle formation pour le personnel au sol ainsi que des modifications apportées au programme de sécurité de West Wind Aviation.

Des passagers de l’avion intentent une poursuite contre l’entreprise. Leur avocat, Tony Merchant, espère conclure un règlement à l'amiable avec West Wind dans les deux ou trois prochains mois.

À mon avis, l'entreprise veut être juste et équitable, et nous essayons de négocier une compensation appropriée. Si ce n’est pas possible, nous devrons porter l’affaire devant les tribunaux.

Tony Merchant, avocat

Dans une déclaration déposée devant le tribunal, les passagers ont déclaré qu'ils « [avaient] été laissés à [eux]-mêmes dans le chaos de l’accident ».

Avec les informations de Gabrielle Proulx et Jennifer Quesnel

Saskatchewan

Accidents et catastrophes