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Theresa May en tournée européenne pour sauver le Brexit

La première ministre britannique Theresa May a été accueillie à La Haye, aux Pays-Bas, par son homologue néerlandais, Mark Rutte.

Photo : Reuters / Piroschka Van De Wouw

Radio-Canada

Après avoir annoncé le report du vote sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la première ministre Theresa May a décidé d'aller à la rencontre de ses homologues européens, mardi, afin d'obtenir plus de « garanties » à présenter aux députés britanniques. Mais pour Bruxelles, les dés sont jetés et toute réouverture de l'entente est exclue.

Au lieu d’assister au vote sur l’accord régissant le Brexit, qui était prévu aujourd’hui, Theresa May a plutôt commencé sa tournée à La Haye, aux Pays-Bas, où elle est arrivée tôt dans la matinée pour déjeuner avec le premier ministre Mark Rutte.

Elle s'est ensuite rendu à Berlin, où elle a rencontré la chancelière Angela Merkel, puis à Bruxelles, où elle doit s’entretenir plus tard avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, et avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

selon le secrétaire d'État britannique pour le Brexit, Martin Callanan, la première ministre britannique tentera d'arracher à l'Union européenne des « garanties juridiquement contraignantes supplémentaires » dans l'espoir de convaincre les élus qui siègent au palais de Westminster du bien-fondé du Brexit, ce qui n'est pas chose faite.

La veille, Theresa May a en effet dû reporter à une date indéterminée le vote prévu mardi en Chambre sur l'accord qu'elle a négocié avec Bruxelles, après avoir concédé qu'il y avait de fortes chances qu'il soit rejeté par une « marge importante ».

Ce revers survient à moins de quatre mois de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévue le 29 mars prochain.

La chef du gouvernement britannique souhaite notamment des garanties sur le fait que la clause de sauvegarde (backstop) visant à éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande ne s'appliquera pas indéfiniment.

Pas de renégociation, prévient l'UE

Les deux femme discutent en souriant.

La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May (à gauche) discute avec la chancelière allemande, Angela Merkel, à Berlin.

Photo : Reuters / Fabrizio Bensch

Aux yeux du président de la Commission européenne, une renégociation de l’accord de « divorce » est exclue, mais certains éléments du Brexit peuvent toujours être l’objet de clarifications.

« L’entente que nous avons conclue est la meilleure qui soit. Et la seule », a-t-il déclaré mardi.

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, s'est en revanche montré ouvert en expliquant à la BBC que son pays ne voyait pas d'objection à ce que la clause de sauvegarde soit clarifiée.

Les Allemands, par contre, sont nettement moins disposés à revoir l'entente conclue avec Londres. Selon le porte-parole du parti d'Angela Merkel, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), il n'y a « aucune marge de manoeuvre pour renégocier l'accord ».

Le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth, a lui aussi exclu toute renégociation, quitte à ce que le Royaume-Uni sorte de l'Union sans accord.

« Nous sommes prêts à tout, y compris à un Brexit sans accord », a-t-il prévenu mardi.

Même son de cloche à Paris, où le gouvernement français a souligné qu'il ne revient pas aux membres de l'UE de rendre acceptable aux yeux des députés britanniques l'accord de séparation négocié par leur chef.

Nous sommes très préoccupés par le report du vote. Nous avons fait beaucoup de concessions pour parvenir à cet accord et nous ne sommes pas comptables de la situation politique britannique.

Nathalie Loiseau, ministre française des Affaires européennes

Les dirigeants de l'Union européenne doivent discuter de la situation à un sommet jeudi et vendredi dans l'optique où une sortie du Royaume-Uni sans accord se fait de plus en plus probable.

Bien que le vote sur le Brexit ait été remis à une date indéterminée, Theresa May a précisé qu’il aurait lieu au plus tard le 21 janvier 2019.

Leadership en péril

Une personne debout devant un micro devant d'autres personnes assises.

La première ministre britannique Theresa May parle du Brexit aux élus siégeant aux Communes.

Photo : Reuters

Pendant ce temps, à Londres, les jours de Theresa May à la tête du gouvernement semblent comptés.

Autant dans les rangs de l’opposition travailliste que sur les bancs conservateurs, l’idée de remplacer la première ministre May se fait de plus en plus présente ces jours-ci.

Ce ne sont en effet pas tous les députés conservateurs qui sont derrière leur chef. Plusieurs, qui prônaient une sortie pure et simple de l’UE en ont contre les concessions qu’a faites Mme May à l’union.

L'un d'eux, l'eurosceptique Steve Barker, a estimé mardi qu'il était grand temps que la chef du gouvernement passe la main.

« Si on ne peut pas aller de l'avant avec son accord [...] alors je crains que le seul moyen de changer de politique soit de changer de premier ministre et je crois vraiment qu'il est de son devoir de s'en aller », a déclaré Steve Baker, qui a appelé ses collègues à demander un vote de défiance interne à l’endroit de Theresa May.

Chez les travaillistes, un porte-parole a aussi indiqué que le Labour déposerait une motion de censure au parlement contre Mme May au moment où elle aura « le plus de chances d'être adoptée ».

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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