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Très peu de programmes de francisation en milieu de travail au Québec

Si l'on se fie aux chiffres fournis par la Fédération des Chambres de Commerce du Québec, seulement 240 entreprises sur un total de 258 000 se prévalent des programmes de francisation en milieu de travail.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre François Legault a annoncé qu'il entendait réduire le nombre d'immigrants afin de mieux les intégrer, notamment en misant sur la francisation en milieu de travail. Le gouvernement aura toutefois du pain sur la planche, car très peu d'entreprises se prévalent d'une telle formation.

Selon les chiffres fournis par la Fédération des chambres de commerce du Québec, seulement 240 entreprises sur 258 000 offrent ce type de formation, qui permet aux nouveaux arrivants de suivre gratuitement des cours de français dans le cadre de leur emploi.

L’année dernière, la vérificatrice générale du Québec avait d’ailleurs déploré des lacunes importantes dans les programmes de francisation. Les réformes en la matière se font toujours attendre.

Or, les bienfaits de ces programmes ne sont plus à prouver. De l’aveu des participants, les cours de francisation en milieu de travail donnent aux nouveaux arrivants des occasions et une autonomie.

« Avec ce que j'ai appris ici, je peux aller au gouvernement, à l'hôpital, remplir n'importe quel document [sans l'aide de mes enfants] », affirme Joconda Guevarra, qui a suivi des cours de français à Vêtements Peerless.

« Ça prend plusieurs cours […] mais ça fonctionne », souligne de son côté Mario Ayala, directeur de la section locale 106 des Teamsters.

Arrivé ici il y a 30 ans comme réfugié salvadorien, M. Ayala a insisté pour que des cours de français soient donnés dans l'entreprise.

« C'est très important. 95 % des travailleurs ici sont des immigrants. On a de la difficulté à s'exprimer. C’est ce qui me touche le plus parce que, moi, j'ai vécu ce problème-là », note-t-il.

Au Québec, près de 700 000 travailleurs sont nés à l'étranger.

Constan Pienkam, qui contribue au programme de francisation, estime que les cours fournissent les rudiments essentiels « pour être fonctionnel ».

Arrivé du Cameroun il y a 10 ans, il donne des cours de français à une dizaine d'employés de Peerless.

« On leur apprend à être capables de fonctionner dans la société », affirme-t-il.

Mario Ayala, directeur Teamster, local 106, division du vêtement

Mario Ayala, directeur Teamster, local 106, division du vêtement

Photo : Radio-Canada

Ces cours n'auraient jamais eu lieu sans l'engagement des patrons de Vêtements Peerless et de l'aide du ministère de l'Immigration qui les finance, souligne-t-il.

« Ça a toujours fait partie de la culture de l'entreprise, une belle façon d'intégrer le personnel. C'est un lieu de travail et de formation à la fois », explique Louis Arsenault, directeur des ressources humaines pour Vêtements Peerless.

Cela crée un sentiment d'appartenance. Les nouveaux employés sont déjà au courant. C’est un avantage pour recruter de la main-d’œuvre.

Louis Arsenault, directeur des ressources humaines pour Vêtements Peerless

D'après le reportage de Catherine Kovacs

Grand Montréal

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