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De plus en plus d'écoles primaires défavorisées en Outaouais

Couloir d'école avec des sacs à dos sur des crochets.
L'indice de milieu socio-économique (IMSE) est calculé à partir de la scolarisation de la mère et de l'activité des parents sur le marché du travail (archives). Photo: Radio-Canada

Le nombre d'écoles primaires défavorisées est en hausse en Outaouais. C'est ce que révèlent des données préliminaires du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur obtenues par Radio-Canada. Cela entraînera d'importants changements dans plusieurs écoles de la région dès la rentrée 2019.

Un texte de Yasmine Mehdi

Dans un document du ministère obtenu par Radio-Canada et corroboré par plusieurs sources, on constate que le nombre d'écoles primaires défavorisées dans les commissions scolaires des Draveurs (CSD), des Portages-de-l'Outaouais (CSPO), au Coeur-des-Vallées (CSCV) et Western Québec est passé de 21 en 2016-2017 à au moins 28 en 2017-2018.

L'indice de milieu socio-économique (IMSE) est calculé à partir de la scolarisation de la mère et de l'activité des parents sur le marché du travail.

Le rang 1 regroupe les écoles accueillant principalement des élèves qui proviennent des milieux les plus favorisés, tandis que le rang 10 regroupe les écoles qui accueillent principalement des élèves provenant des milieux les plus défavorisés, explique le ministère de l'Éducation sur son site Internet.

Les écoles dont l'indice est supérieur ou égal à 8 sont considérées comme étant en milieu défavorisé et bénéficient de ressources additionnelles.

L’IMSE est mis à jour après chaque recensement du gouvernement fédéral. Les données de 2017-2018 sont donc les premières à se baser sur le recensement de 2016.

Des classes modulaires seront nécessaires à la CSPO

La CSPO a vu son nombre d'écoles en milieu défavorisé passer de trois à cinq. L’immeuble Sainte-Marie, de l'École de la Vallée-des-Voyageurs, fait aussi partie du lot, avec un IMSE de 10.

C'est comme si, du jour au lendemain, on avait 115 élèves de trop dans les classes.

Jean-Claude Bouchard, directeur général de la CSPO

Le directeur général de la commission scolaire attribue cela en partie à l'arrivée de nouveaux arrivants, notamment des réfugiés, dans l'est du secteur de Hull. Notre ratio maître-élève vient de changer de façon assez importante, souligne Jean-Claude Bouchard.

Jean-Claude Bouchard en entrevue avec Radio-Canada.Le directeur général de la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais, Jean-Claude Bouchard (archives) Photo : Radio-Canada

Le ministère veut en effet plafonner le nombre d'élèves par classe défavorisée à 20 de la 1re à la 6e année, contrairement aux écoles non défavorisées, qui ont une cible maximale de 26 élèves par classe.

Pour faire face à ce « casse-tête », la CSPO devra prendre les grands moyens. Dès septembre, deux classes modulaires seront installées à l'École Jean-de-Brébeuf et trois à l'École internationale du Mont-Bleu, qui recevra les élèves d'un établissement voisin maintenant jugé défavorisé, l'École du Parc-de-la-Montagne.

La Commission scolaire au Coeur-des-Vallées, qui est passée de 6 à 10 écoles défavorisées, a également demandé au ministère d'installer des classes modulaires dans certains établissements.

Son président, Éric Antoine, se réjouit de recevoir des sommes, mais de l'autre côté, le défi c'est d'embaucher le personnel.

On est en pénurie de main-d'oeuvre en ce moment et c'est la réalité avec laquelle on vit.

Éric Antoine, président de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées

«  On en déshabille un pour en habiller un autre  », déplore un syndicat

Globalement, les données indiquent que davantage d’écoles sont défavorisées en Outaouais. Or, certains établissements ont pu réduire leur IMSE, comme l’École de la Montagne de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées, qui est passé d’un indice de 10 à un indice de 7.

La présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO) s’inquiète pour ces écoles, qui perdront l’aide financière rattachée à leur statut de défavorisation.

Suzanne Tremblay répond aux questions d'un journaliste. La présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay (archives) Photo : Radio-Canada

Plus tu es défavorisé, plus tu vas avoir de l'aide financière, explique Suzanne Tremblay. On peut engager du personnel, des orthopédagogues, des travailleurs sociaux, des techniciennes en éducation spécialisée. Il y a aussi de l'aide alimentaire qui est prévue.

Du jour au lendemain [on] leur dit qu'ils n'auront plus accès à ces ressources, à cet argent... Que de l'aide alimentaire, il n'y en aura plus.

Suzanne Tremblay, présidente du SEO

Le gouvernement se montre flexible

La Fédération autonome de l'enseignement – dont fait partie le SEO – a déjà demandé au ministre de l’Éducation d'instaurer une période transitoire d'une année pour laisser aux écoles la chance de se réorganiser en fonction de leur nouvelle situation financière.

Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, le cabinet du ministre Jean-François Roberge a indiqué que le gouvernement s'engageait à ne pas effectuer de coupures dans les services aux élèves ayant des besoins particuliers.

Jean-François Roberge, documents en main, est debout à l'Assemblée nationale. Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge, à l'Assemblée nationale, le 4 décembre 2018 (archives) Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Son équipe dit étudier différents scénarios, l'objectif final étant bien évidemment que les services soient répartis de la meilleure façon possible pour répondre aux besoins des élèves, a affirmé son porte-parole, Francis Bouchard.

De passage dans la région, lundi, le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, a pour sa part déclaré que le gouvernement avait « beaucoup de pain sur la planche » et qu'il comptait investir pour ajouter des services dans les écoles.

Consultez l'indice par commission scolaire et école

Données exclues :

Les écoles de la Traversée, des Belles-Rives, du Bois-Joli, de la Sablonnière, des Rapides-Deschênes, Village, du Coeur-des-Collines et des Vallées-des-Voyageurs, ainsi que celles de la Commission scolaire des Hauts-Bois de l'Outaouais ont été exclues, puisque les données du ministère de l’Éducation n'avaient pas été compilées de la même façon.

Ottawa-Gatineau

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