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Commission Viens : manque de ressources en justice dans l'Est-du-Québec

Deux femmes et un homme témoignent lors d'une commission d'enquête.
Des juges de la Cour du Québec déplorent l’absence d’actions concrètes du gouvernement pour pallier les problématiques qui concernent le système de justice et les Autochtones. Photo: Radio-Canada / Mélanie Picard

Le juge coordonnateur de l'Est-du-Québec, Richard Côté, a déploré le manque de ressources en justice dans la région à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, lundi à Val-d'Or.

Un texte de Laurence Royer

Dans l’Est-du-Québec, la justice est concentrée dans les grands centres, a expliqué Richard Côté pendant son témoignage. Toutefois, la cour itinérante se rend quelques fois par années dans les communautés autochtones éloignées, comme celle de Kawawachikamach, près de Schefferville sur la Côte-Nord.

Selon lui, à Kawawachikamach, environ 75 % des crimes, parfois graves, ne sont jamais résolus. C’est que les victimes refusent de témoigner parce qu’elles ont l’impression d’être laissées à elles-mêmes, explique-t-il. Les dossiers sont donc abandonnés en raison du manque de preuves.

Richard Côté croit que cette situation montre à quel point le système de justice actuel n’est pas adapté aux communautés autochtones de l’Est-du-Québec.On va là, on défait nos valises, on rend quelques décisions, on s’en va, explique-t-il. Je pense que nous ne répondons pas à leurs besoins. Je crois que nous avons implanté le système de justice sur des valeurs qui n’appartiennent pas à ces communautés-là.

Il soutient aussi qu’une partie des procédures se font à distance, ce qui nuit au développement d’un lien de confiance entre les Autochtones et les travailleurs de la justice.

Comment voulez-vous qu’un délinquant de Kawawachikamach établisse un lien de confiance avec un agent des services correctionnels qui se trouve à Sept-Îles au bout du téléphone?

Richard Côté, juge coordonnateur pour l'Est-du-Québec

Richard Côté croit qu’un meilleur financement et une formation plus adaptée des employés des comités de justices des communautés autochtones permettraient de leur confier davantage de responsabilités. Cela permettrait d’améliorer la proximité entre les membres des communautés et la justice.

Système trop complexe

Richard Côté a également dénoncé l’inertie des institutions judiciaires comme le ministère de la Justice. Selon lui, en plus du manque que ressources, la complexité des procédures complique la mise en place de nouvelle initiative pour améliorer la justice en milieu autochtone dans l’Est-du-Québec.

Le juge donne l’exemple de la création du centre Kapatakan Gilles Jourdain à Maliotenam, près de Sept-Îles, qui verra le jour près de trois ans plus tard que prévu. Il affirme que « les obstacles de toutes parts » lors des démarches avec les institutions judiciaires ont grandement ralenti la mise sur pied du projet.

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