•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une compensation carbone comme cadeau de Noël, ça vous dit?

Un montage photo montre un gros avion de ligne commercial en vol et un arbre dans un champ près d'une centrale au charbon du fournisseur d'électricité Uniper à Hanau.

Certains programmes de compensation favorisent des actions locales, comme la plantation d'arbres, alors que d'autres interviennent ailleurs dans le monde.

Photo : Reuters / Kai Pfaffenbach/Darren Whiteside

Radio-Canada

Finies, les bébelles à Noël! Que diriez-vous plutôt de recevoir une compensation carbone, c'est-à-dire un certificat qui atteste que vos propres émissions de gaz à effet de serre seront annulées? C'est le choix qu'ont fait cette année des Québécois pressés d'agir pour le bien de la planète.

Un texte de Dominic Brassard de l'émission Le 15-18

« C'est de dire tout simplement aux gens, regardez, on peut faire autre chose que de juste acheter des cadeaux inutiles », explique Lorraine, une Montréalaise préoccupée par l'environnement. Elle offrira donc à ses proches une compensation carbone pour diminuer l'empreinte environnementale de la famille.

Ce choix est le résultat d'une longue réflexion de sa part. Signataire du Pacte pour la transition, cette citoyenne a découvert le programme Carbone Boréal, affilié à l'Université du Québec à Chicoutimi, qui offre aux individus et aux entreprises de compenser, en tout ou en partie, leurs émissions de gaz à effet de serre par la plantation d'arbres.

« Je me suis aperçue qu'ils faisaient des certificats-cadeaux, raconte Lorraine. Moi, j'avais un petit budget, mais j'ai pu acheter cinq arbres », dit-elle.

Une compensation carbone, c'est aussi ce qu'offrira Caroline à ses parents qui s'apprêtent à prendre l'avion.

« C'est venu d'une discussion d'un souper de famille, explique-t-elle. [Mes parents] étaient conscients des impacts environnementaux de leurs voyages », dit Caroline. L'idée lui est donc venue d'en faire un cadeau : « On va compenser, on va acheter les crédits carbone qui sont calculés en fonction du nombre d'heures de vol. »

Pour Caroline, l'idée n'est pas de culpabiliser ses parents, mais plutôt de poser un geste pour la planète, tout simplement.

Une tendance?

Ce genre de cadeau, « ça va être de plus en plus tendance », croit l'ingénieure forestière chez Compensation CO2 Québec, Manon Ayotte. À son avis, les gens « ont de plus en plus une conscience environnementale », ce qui se traduit notamment par des changements dans leurs choix de consommation.

Pour Manon Ayotte, « la compensation va devenir de plus en plus populaire, et par le fait même, le choix d'offrir ça en cadeau à nos proches ».

C'est aussi l'avis de Guillaume Nadeau, directeur des communications chez Écotierra, une entreprise qui offre également des services de compensation carbone.

Pour lui, un tel cadeau peut effectivement surprendre, mais il a le mérite de provoquer des discussions. « Les parents vont l'ouvrir, peut-être qu'ils ne connaissent pas ça. C'est le moment de démystifier un peu c'est quoi la compensation carbone. Donc oui, ça peut être perçu grano aujourd'hui, mais je pense qu'on devrait dire que c'est un cadeau qui est innovant. »

À la fois simple et complexe

Offrir une compensation carbone en cadeau gagne peut-être en popularité, n'empêche, il ne faut pas se précipiter sur le premier programme trouvé.

Pour la directrice des programmes éducatifs chez Équiterre, Colleen Thorpe, il faut « se méfier » puisque certaines initiatives sont frauduleuses. Pour elle, il est donc essentiel d'effectuer des recherches avant d'acheter quelque compensation que ce soit.

De plus, certains programmes de compensation favorisent des actions locales, comme la plantation d'arbres, alors que d'autres interviennent ailleurs dans le monde.

Malgré tout, pour Colleen Thorpe, l'idée, c'est « d'allumer la bougie de la personne à qui on offre le crédit. Et ça va mener à d'autres actions », croit-elle.

Grand Montréal

Pollution