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Le sort de 3 sites d'injection supervisée d'Edmonton en cour fédérale

Un homme s'injecte de l’héroïne.
Le premier centre d'injection supervisée d'Edmonton a ouvert ses portes, en mars, dans les locaux du centre de services communautaires Boyle Street. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le sort de trois centres d'injection supervisée implantés ce printemps à Edmonton est devant la cour fédérale lundi : l'Association de commerçants du quartier chinois demande à un juge d'annuler la décision de Santé Canada d'ouvrir ces centres dans ce secteur de la ville.

Les plaignants s’interrogent sur la pertinence d’avoir permis l’installation d’autant de centres d’injection supervisée (CIS) dans un espace qu’ils jugent restreint.

« Notre principale objection est qu’il y a trois centres d’injection supervisée [répartis] sur six pâtés de maisons », a fait savoir Holly Mah, une des membres de l’Association de commerçants du quartier chinois d'Edmonton.

« Quelle communauté peut supporter un tel fardeau? »

Holly Mah, commerçante

En outre, Edward Molstad, l’avocat de l’Association a plaidé que ses clients n’avaient pas été adéquatement consultés avant que Santé Canada n’accorde une exemption pour l’usage de drogues dans ces trois centres.

Il a affirmé que le ministère fédéral de la Santé n’a organisé une rencontre avec l’association de commerçants que pour les mettre face au fait accompli, en octobre 2017.

Son confrère James Elford, qui représente le Procureur général du Canada, a justifié que ladite association n’avait pas été incluse dans la phase de consultation, car ses intérêts sont économiques.

« C’est injuste », a maintenu Holly Mah. La commerçante déplore que cette concentration de CIS attire plus de toxicomanes et de trafiquants dans le quartier chinois, ce qui nuit, selon elle, à l’image du secteur.

Me Molstad a par ailleurs souligné que la majorité des morts par surdose de fentanyl avaient eu lieu à l’extérieur du centre-ville d’Edmonton, s'interrogeant, de la sorte, sur le choix d’implanter trois CIS en plein coeur de la métropole.

Préserver les droits des toxicomanes

Des intervenants de première ligne, eux, défendent la présence de ces centres dans le quartier chinois où il y a une forte demande pour le service d’injection supervisée.

« Depuis l’ouverture des centres, nous avons enregistré plus de 23 000 visites, nous avons sauvé 270 personnes de surdoses et avons référé près de 7000  [toxicomanes dans les trois CIS] », soutient Marliss Taylor, gestionnaire du programme Streetworks au centre de services communautaires Boyle Street.

En cour fédérale lundi, c’est la Coalition canadienne des politiques sur les drogues qui a défendu l’existence des trois CIS devant le juge. Pour elle, cette contestation judiciaire dépasse les frontières d’Edmonton.

« C’est la première fois que la cour se penche sur [...] le processus d’accréditation des CIS, il pourrait y avoir un précédent qui modifierait [partout au pays] la façon de traiter les [demandes d’exemption] », craint Caitlin Shane, avocate de la Coalition.

Il y a un grand risque que la vie, les libertés et la sécurité des personnes toxicomanes soient compromises, alors que nous traversons une crise des opioïdes.

Caitlin Shane, avocate

L’Association de commerçants du quartier chinois s’est dite sensible à cette réalité. « Nous avons demandé le maintien d’un CIS dans le quartier », a précisé Mme Mah qui espère que les deux autres centres ferment leurs portes ou soient relocalisés prochainement.

Alberta

Santé