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Le temps presse pour sauver le Rockfest

Un homme fait du «bodysurfing» lors du Rockfest à Montebello.
La foule au Rockfest de Montebello Photo: Radio-Canada / Denis Babin

L'avenir du Rockfest à Montebello est en train de se jouer. Les propriétaires du festival, Outaouais Rock, négocient actuellement avec des « hommes d'affaires du domaine du spectacle » qui pourraient investir ou carrément acheter l'événement, soutient Me Jean Lozeau, l'avocat au dossier. Logeant toujours à l'enseigne de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité, Outaouais Rock a cependant jusqu'au 21 décembre pour déposer une proposition à ses créanciers.

Un texte de Valérie Lessard

Le 14e Rockfest aura-t-il lieu, à Montebello ou ailleurs, en juin prochain? Rien n’est encore assuré.

On ne peut pas confirmer [que le Rockfest] va se poursuivre au moment où on se parle, ou de quelle façon il va se poursuivre, parce que les négociations ne sont pas terminées.

Me Jean Lozeau, avocat d'Outaouais Rock

Date butoir : 21 décembre

Outaouais Rock a fait appel à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, le 21 juin dernier.

La dernière extension de délai maximal de six mois pour déposer une proposition aux créanciers a été accordée à la fin du mois de novembre, parce que les négociations se poursuivent avec un groupe d’investisseurs et, ou d’acheteurs sérieux, confirme l'avocat d'Outaouais Rock, Me Jean Lozeau, de la firme montréalaise Groleau Gauthier Plante.

Les noms de ces potentiels acquéreurs ou investisseurs demeurent confidentiels, mais il s’agit d’hommes d’affaires du domaine du spectacle.
Comme le Rockfest s’avère un produit très particulier, reconnaît Me Lozeau, le nombre de personnes intéressées est assez restreint.

Les gens spécialisés intéressés à acheter le festival peuvent se compter sur les doigts d’une main.

Me Jean Lozeau, avocat d'Outaouais Rock

Si Outaouais Rock ne parvient pas à déposer une proposition à ses créanciers le 21 décembre, il devra obtenir l’autorisation de ces derniers pour repousser de nouveau l'échéance lors d'une assemblée des créanciers qui devra être convoquée dans les 21 jours suivant, soit d’ici à la mi-janvier 2019.

À partir du moment que l'événement est sauvé, qu'il va y avoir un investisseur, il va falloir s'asseoir avec le décideur.

Martin Deschênes, maire de Montebello

Rencontre entre le conseil de Montebello et Alex Martel

Parallèlement à ces négociations, une rencontre à huis clos est néanmoins prévue, mardi soir, à Montebello, entre le maire de l’endroit, Martin Deschênes, les membres du conseil municipal et le fondateur du Rockfest, Alex Martel.

Or, selon le Registre des entreprises du Québec, c'est Claude Larivée qui est président et trésorier d'Outaouais Rock depuis 2016. Alex Martel en est le vice-président.

On m'a avisé qu'Alex Martel était actionnaire et faisait partie de l'organisation, mais n'était pas décideur, fait valoir le maire Deschênes.

Alex Martel porte une veste de cuir et un chapeau noir.Alex Martel est le fondateur du Rockfest de Montebello Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

M. Deschênes a cependant accepté de le rencontrer, avec les conseillers, parce que c'est un petit gars de chez nous.

Il a sûrement encore son rêve. Il a sûrement encore ses bonnes idées. Au moment de la rencontre, il va falloir qu'il nous dise s'il parle au nom de l'organisation. Si oui, il va falloir qu'il démontre qu'il est porte-parole des investisseurs.

Martin Deschênes, maire de Montebello

À l'inverse, enchaîne M. Deschênes, s'il vient à leur rencontre à titre personnel, il va falloir déterminer jusqu'à quel point on peut s'entendre sur quelque chose qui ne peut peut-être pas arriver.

Au début du mois de décembre, M. Martel commentait sur les réseaux sociaux qu’il souhaitait que l’événement continue d’avoir lieu dans la Petite-Nation.

Ç'a toujours été mon intention, mais il faut un soutien véritable de la municipalité et des résidents. À suivre!, écrivait-il sur sa page Facebook, il y a une semaine.

À un internaute qui lui demandait si les habitants de Montebello n’en avaient pas assez, il répondait que les gens étaient super contents puisque le festival leur apporte de l'argent qui tombe du ciel chaque année.

Le maire de la Municipalité tient à nuancer. Montebello a fait un profit de 40 000 $, notamment grâce aux espaces de stationnement payants et à l'émission des permis de camping, à la suite du festival de cette année, précise Martin Deschênes.

Ce dernier demeure toutefois ouvert à l'idée de redonner cette somme au Rockfest, mais il n'a pas l'intention de subventionner l'événement autrement.

Ce n'est pas vrai que je vais taxer les citoyens pour donner de l'argent au Rockfest, conclut-il.

Alex Martel n'a pas retourné les appels de Radio-Canada. Il a répondu à la demande d'entrevue formelle par le biais d'un message texte stipulant qu'il n'y a rien à annoncer encore et que le processus suit son cours.

Avec la collaboration de Godefroy Macaire Chabi

Ottawa-Gatineau

Finances publiques